ANDY IRONS : surf, drogue et rock n’roll

Posté par Marc Larcher le 5 mai 2022
Pendant une heure trente, le film documentaire raconte l’histoire extraordinaire de deux frères surfeurs parmi les meilleurs du monde dont Andy, concurrent principal de Kelly Slater, bipolaire, psychotique, décédé prématurément d’overdose.
La recherche de la vague parfaite

« Vous savez ce que c’est le 'baiser de Dieu' ? C’est un peu l’effet que ça fait. Pendant dix, cinq, quatre ou trois secondes, tu as l’impression que Dieu t’embrasse… Après, tu recherches ça toute ta vie... ». C’est comme ça que le personnage central de ce documentaire décrit d’entrée la sensation exceptionnelle qu’il ressent en surfant sur quelques-unes des plus grosses vagues du monde. Et en regardant les images de sa silhouette filant sur des montagnes d’eau, on ne peut que se rendre à l’évidence, ça doit être exactement ça… Sauf que quelques minutes plus tard, l’athlète en question fond en larmes, il explique que sans cette quête, sa vie n’aurait pas de sens et l’on comprend alors que c’est le surf qui le maintient en vie.

L’amour-haine de deux frères

Le surfeur qui parle face à la caméra n’est pas Andy Irons justement mais son grand frère Bruce qui va nous raconter l’histoire de son frère les larmes aux yeux. Anticonformiste, sauvage, à cheval entre le bien et le mal, champion du monde, le meilleur... Les qualificatifs vont se succéder pour tenter de définir cette personnalité morte trop tôt. Habilement, le documentaire prend son temps et des pincettes pour raconter l’homme avant de s’attarder sur le drame qui va immortaliser sa légende. On découvre tout d’abord l’île d’Hawaï où il est né, la petite maison familiale, ses parents sportifs et hippies, la première planche et la première vague prise en 1986 à l’âge de huit ans. Très vite, les frères, beaux comme des dieux, montrent toute l’étendue de leur talent et les sponsors et l’argent ne tardent pas à arriver. Seulement, ils sont en concurrence permanente, violents l’un envers l’autre. De plus, Andy souffre de problèmes psychologiques, il ne se contrôle pas, un trouble aggravé par le divorce des parents, qui le voit être suivi par un éducateur. Alors qu’il est dyslexique, on le croit idiot. Seule la mer l’apaise. A 17 ans, Andy, devenu professionnel, touche 120 000 dollars par an, fait le tour du monde avec son frère et multiplie les fêtes. Au vu de leur intensité, un de leurs camarades de l’époque témoigne : « On a eu de la chance de survivre ». Kelly Slater, la star mondiale du surf et son futur principal concurrent sur le circuit mondial, témoigne aussi : « Les fêtes, c’est de la kryptonite pour les surfers ». « Moi, je n’aurais jamais supporté la pression » raconte aujourd’hui son petit frère. Bipolaire, le grand frère commence à délirer, il devient paranoïaque, psychotique, il craque régulièrement tout en surfant parfaitement en compétition.

Un doc qui se regarde avec les larmes aux yeux

En peu de temps, ils deviennent néanmoins des rocks stars du genre. Le reste de l’année, ils forment avec leurs copains le Wolf Pack, un groupe de surfeurs de la fin des années 90 déterminé à se faire respecter et à éloigner les touristes des meilleures vagues à Hawaï. Avec le recul, Bruce explique ce qui le sépare de son frère : « Andy voulait être le meilleur, il voulait arriver par tous les moyens, moi je voulais juste le suivre et le battre ». Au final, on a rarement vu un documentaire sportif aussi poignant car le film insiste bien plus sur la personnalité des protagonistes que sur leurs exploits sportifs qui pourtant « ont redéfini ce qu’il était possible de faire ». Andy sera triple champion du monde après avoir échappé à une mort par overdose puis de replonger. La dope et les vagues, jusqu’à la fin il n’aura cessé de les surfer jusqu’à la dernière.

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