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Boulogne-Billancourt : le temps des studios, l’âge d’or des studios de cinéma français

Recréer de toutes pièces la vie, dans une illusion parfaite : c’est ce qu’ont fait, des décennies durant, les techniciens travaillant aux studios de cinéma de Boulogne et de Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.

Le documentaire Boulogne-Billancourt : le temps des studios, de Bernard Louargant, narré par Philippe Torreton, retrace la formidable histoire de ces bâtiments qui ont accompagné l’essor du 7e art.

Avec d’abord les studios de Billancourt, imaginés par Henri Diamant-Berger au sortir de la Première Guerre mondiale sur le modèle hollywoodien, à l’emplacement d’une usine de construction aéronautique.

Puis ceux de Boulogne, qui voient le jour pendant la Seconde Guerre mondiale, à quelques encablures de là. Tous ont connu une histoire mouvementée, faite de rachats successifs, de projets pharaoniques (à commencer par Napoléon d’Abel Gance, 1927), de  révoltes, d’incendies, d’agrandissements…

Dans ce documentaire, étayé par de nombreux témoignages (Danièle Thompson, Françoise Arnoul…) et extraits de films, on se glisse dans les coulisses des tournages, guidés par les artisans du cinéma.

Ainsi, on apprend que Hôtel du Nord (Marcel Carné, 1938) n’a pas été filmé à Paris, mais bien en studio, où le canal Saint-Martin a été entièrement reconstitué pour qu’Arletty prononce sur sa passerelle son fameux « Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d'atmosphère ? ».

Façade de Notre-Dame de Paris (Notre-Dame de Paris, Jean Delannoy, 1956), forêt enchantée avec chênes accrochés à des vérins (Juliette ou la Clé des songes, Marcel Carné, 1951), salle de bal dans laquelle déambulent Catherine Deneuve et Omar Sharif (Mayerling, Terence Young, 1968)…

Ici, tous les rêves des réalisateurs, même les plus fous, sont possibles. Chefs décorateurs, cinéastes ou actrices se souviennent avec délectation de cet âge d’or, où l’on peignait les décors à la main et où l’on croisait à la cantine Burt Lancaster et d’autres vedettes américaines, venues tourner en France.

Avant que la Nouvelle Vague, qui veut rompre avec les codes du passé, les caméras légères, qui permettent de tourner plus facilement à l’extérieur, et l’essor de la télévision, ne viennent signer la fin de cette époque faste. Restent des centaines de films, et la magie intemporelle de leurs illusions.

Boulogne-Billancourt : le temps des studios, Documentaire, 56 minutes, à voir dès maintenant sur CINÉ+.