"Génération dorée", le doc sur les espoirs du XV de France
Championne du monde des moins de 20 ans en 2018 et 2019, la France possède un vivier de jeunes talents exceptionnels en rugby. Mais la transition vers une carrière professionnelle et l’équipe nationale élite est loin d’être toujours évidente, comme le montre ce documentaire où apparaissent notamment Romain Ntamack, Arthur Vincent et Cameron Woki.
La hantise des blessures
En 2018, l’équipe de France de rugby à XV des moins de 20 ans réussissait l’exploit de remporter pour la première fois de son histoire le championnat du monde junior face à l’Angleterre. L’année suivante, elle remettait ça en battant l’Australie sur le fil (24 à 23).
Au total, environ cinquante joueurs ont eu le bonheur de soulever au moins un des deux trophées avec les Bleuets entre 2018 et 2019. Mais combien ont gravi les échelons jusqu’à atteindre le Graal, soit une sélection avec le XV de France entraîné par Fabien Galthié ? Selon ce documentaire du journaliste de CANAL+ Bertrand Guillemin, ils sont quatorze à avoir connu ce bonheur jusqu’à présent.
Et deux ont été sélectionnés parmi la liste des 33 Bleus pour la Coupe du monde organisée en France : Arthur Vincent et Cameron Woki. Un soulagement pour les deux joueurs, car comme on le voit dans le documentaire, ils ont dû cravacher tous les deux avec de graves blessures.
Contraint de vivre une saison blanche pour se remettre de sa rupture des ligaments croisés, Arthur Vincent a rejoint le stade de préparation de l’équipe de France de justesse, et on peut voir de près sa rééducation, comme celle de Cameron Woki, frustré par sa fracture du scaphoïde et plus généralement sa première saison au Racing 92 après son départ de Bordeaux Bègles.

Beaucoup d’appelés mais peu d’élus
On le comprend vite devant ce film, les graves blessures sont la hantise des joueurs et de leurs proches dans le rugby d’aujourd’hui, parce qu’elles sont très fréquentes. On voit par exemple les parents de Julien Delbouis forcément dans tous leurs états, quand ils assistent depuis les tribunes à un choc à la tête subi par leur fils, pas épargné par les blessures dans sa carrière. Malgré sa motivation et sa détermination, le centre du Stade français ne fait pas partie de la liste de Fabien Galthié.
Et on n’épilogue pas sur le cas très médiatisé de la star Romain Ntamack, interviewée dans le documentaire avant son forfait pour la Coupe du monde en raison d’une rupture d'un ligament croisé du genou gauche.
Parfois, la malchance frappe aussi loin des terrains de rugby. En 2019, Antonin Berruyer a ainsi été victime d’un accident vasculaire cérébral dans sa chambre, au centre de formation du FC Grenoble. Il lui a fallu plus de deux ans avant de rejouer au rugby en match officiel, mais sa patience et son travail ont été récompensés : il vient de jouer la finale de Pro D2 avec son club contre Oyonnax.

Des reconversions anticipées
Mais tous les Bleuets champions du monde en 2018 et 2019 n’ont pas eu la même envie. Maxime Marty explique ainsi son choix d’arrêter sa carrière cette année à seulement 25 ans pour réaliser son objectif de suivre des études de kiné. Après être passé par Bayonne et le Stade toulousain, il a terminé son parcours à Carcassonne. Il raconte avoir fait le tour de la question dans le rugby professionnel, et avoir envie de voir d’autres choses.
Un choix courageux qui est aussi celui fait par Loïc Hocquet, qui a décidé de devenir diagnostiqueur immobilier après avoir quitté le club d’Agen. Il continue aujourd’hui à jouer au rugby, mais à un échelon inférieur et seulement pour le plaisir, à l’Avenir valencien en Nationale 2. On le comprend dans le film, si beaucoup de champions du monde de 2018 et 2019 sont devenus joueurs professionnels, cette carrière peut être ingrate et ne pas forcément donner satisfaction.
Retenons donc cette leçon : il y a heureusement une vie après le sport de haut niveau, mais il vaut mieux s’en préoccuper assez tôt.

Génération dorée, un documentaire disponible sur CANAL+.
