"Guy, à la poursuite de la 4e étoile", le doc dans la cuisine intérieure de Guy Savoy
Vainqueur pour la sixième année consécutive du titre de meilleur restaurant du monde, le célèbre chef français nous fait entrer dans les coulisses de sa réussite et de sa vie avec ce documentaire intime... qui donne aussi très faim.
Entre simplicité et sophistication
Habitué à servir toutes les stars de la planète, Guy Savoy semble ne pas courir après les soirées mondaines. C’est l’un des principaux enseignements de ce film, où celui qui est mal à l’aise à l’idée de se faire appeler chef, nous ouvre la porte de son petit bout de paradis personnel, un chalet perdu au milieu de nulle part en Suisse, où il déguste des fondues avec quelques amis auprès d’un bon feu de cheminée.
Guy Savoy le dit lui-même, il aime les plaisirs simples, une caractéristique que l’on retrouve dans sa cuisine selon les personnalités interrogées dans le documentaire comme l’acteur Christophe Lambert. Evidemment, la sophistication n’est jamais loin : Guy Savoy a gravi les échelons jusqu’à obtenir en 2002 la très convoitée troisième étoile du Guide Michelin, perdue il y a quelques mois à la surprise générale.

De la Suisse à Vegas
Pas de quoi empêcher de dormir cet homme d’expérience qui sait relativiser et fend surtout l’armure lorsqu’il doit évoquer le suicide de son ami Bernard Loiseau, mort en 2003. Quelques années plus tard (en 2006), Guy Savoy a ouvert un restaurant au Caesars Palace de Las Vegas, où le documentaire nous emmène pendant de longues minutes.
Cette seule déclinaison internationale de son établissement parisien semble lui tenir beaucoup à cœur : Guy Savoy affirme être surtout guidé par ses liens émotionnels, ce qui explique pourquoi il n’est plus présent à Singapour ou Dubaï.
Avec son quotidien trépidant, il préfère ne pas se disperser et avoue ouvertement éviter de voyager aux quatre coins du monde pour des raisons professionnelles, même s’il dit son admiration pour les chefs français qui se font les ambassadeurs de la gastronomie de notre pays. Sa passion pour cette dernière est née au contact du petit restaurant de sa mère il y a six décennies.

Un enfant qui adore la soupe
C’est là qu’il a commencé à forger son identité de cuisinier bosseur qui émeut parfois ses convives d’aujourd’hui – il évite le mot client – en les ramenant en enfance avec sa fameuse soupe d’artichauts à la truffe noire.
Une cuisine émouvante saluée dans le film par l’actrice oscarisée Michelle Yeoh, son mari Jean Todt, le sélectionneur de l’équipe de France de rugby Fabien Galthié et même le chef britannique Gordon Ramsay, qui a travaillé avec Guy Savoy à ses débuts. Certains se demandent dans le documentaire si Guy Savoy est un chef rock’n’roll.
Lui-même botte à moitié en touche, mais on comprend à son regard que malgré la rigueur de son métier, il a conservé son âme d’enfant, capable de s’émerveiller éternellement devant la beauté de la nature qui l’entoure et qu’il préfère arpenter à pied qu’en vélo pour avoir le temps de l’observer.
Cette recherche permanente de la simplicité et de l’authenticité est-elle le secret de se réussite ? Après avoir visionné ce film, on pourrait bien le penser.
Guy, à la poursuite de la 4e étoile, une Création Documentaire CANAL+ Docs, disponible avec CANAL+.
