JANET JACKSON, le documentaire qui réhabilite la meilleure des Jackson

Posté par Marc Larcher le 11 avril 2022
Comment s’extraire de la pauvreté et de la violence

Il fallait bien une série documentaire de quatre épisodes pour raconter la vie hallucinante de Janet Jackson, artiste aux 180 millions d’albums vendus et aux cinq Grammy Awards. Tout d’abord, le premier épisode prend soin de s’attarder sur ce que signifie de grandir dans la famille Jackson quand on est la neuvième et dernière enfant de la fratrie. Vivre à onze dans une maison de 62 m2 dans la ville de Gary, Indiana, une des plus pauvres et violentes des Etats-Unis. Heureusement, leur mère a repéré leur talent pour la musique et Joe, le père, un dur à cuir qui travaille dans une aciérie, a décidé de l’exploiter pour s’en sortir. A quelques centaines de kilomètres trônent les fameux studios de la Motown qui ne sont pas encore le centre de gravité de l’industrie de la musique. Face à leur première édition, Berry Gordy, le patron du label, a, lui aussi, repéré le filon. Janet va donc grandir à l’ombre du groupe le plus célèbre depuis les Beatles avant de monter sur scène dès l’âge de 7 ans.

Une prise de contrôle de sa destinée

Le père, manager voulant tout contrôler, décide, comme elle l’explique, tout de leur vie. Janet veut aller à l’université, il l’oblige à chanter. Seule solution : le mariage pour échapper à l’emprise paternelle et aux coups. Manque de pot, son jeune mari, James DeBarge, se drogue et la presse people l'accuse de cacher le fruit de leur union. Elle poursuit une carrière d’actrice notamment dans la série « Fame » sur une école de danse de New York. Elle sera la première de la famille à ne pas se laisser dominer par le père et à lancer comme elle l’entend sa carrière de chanteuse solo. L’album s’intitulera et ce n’est pas un hasard : « Control » et fera le tour du monde.

Au fil des épisodes, on découvre que cette lutte entre son expression personnelle et les pressions familiales, industrielles, publicitaires ne va finalement jamais cesser. Sans compter la pression qu’elle exerce sur elle-même pour tenter de rivaliser voire de dépasser ses frères, et le premier d’entre-eux, Michael, plus grande star de la musique du XXe siècle. Le documentaire fourmille d’anecdotes comme celle de David Bowie débarquant dans la maison californienne de la famille et proposant de la drogue à la fratrie, celle de Paula Abdul, sa chorégraphe ruinant le tapis de sa chambre blanche à force de rire, ou les premiers signes chez elle de l’empowerment, terme féministe à la mode trente-cinq ans plus tard.

L’ombre immense du frère Michael

Son succès, découvre-t-on, va aller crescendo, 6 millions d’albums pour « Control », puis plus encore pour « Rythm Nation » et « Janet », et même un premier rôle au cinéma dans « Poetic Justice » aux côtés de… Tupac. De la même manière, elle se fabrique peu à peu une image de plus en plus sexy. Pour autant, sur toutes les images d’archives, la chanteuse reste timide, discrète comme si elle était consciente que tout cet édifice pouvait s’écrouler à tout moment. Comme lors du scandale du Super-Bowl avec Justin Timberlake. D’autant plus que l’ombre de son grand frère, ne cessera jamais de la couvrir jusque dans les propres scandales auxquels il est mêlé. Au final, malgré les témoignages d’une bonne moitié du show-biz américain, il lui reste encore une part de mystère et cela la rend encore plus précieuse.

JANET JACKSON, une série documentaire disponible sur CANAL+ Docs