"L'Olympia, du rêve à la scène" : un doc derrière le rideau de la salle la plus mythique de Paris
À l’occasion de ses 130 ans, la célèbre salle de concert du boulevard des Capucines est à l’affiche d’un documentaire où plusieurs générations d’artistes viennent raconter pourquoi l’Olympia est à ce point à part.
Un accomplissement dans une carrière
C’est une salle qui fait ressentir le poids de son histoire avant même d’y entrer. Les lettres rouges lumineuses qui s’affichent sur la façade de l’Olympia font toujours leur petit effet auprès du public, et que dire pour les artistes qui ont la chance de s’y produire ?
Comme le racontent tant d’artistes (Pierre de Maere, Jamel Debbouze…) dans ce documentaire, jouer sur la scène de l’Olympia est un accomplissement dans une carrière, parce que l’on rejoint une liste interminable de grands noms (Barbara, Brel, Piaf…) ayant contribué depuis des décennies à la légende du lieu.
Très en verve et installée dans l'ancienne salle de billard classée aux monuments historiques, Juliette Armanet évoque un rituel voire un baptême, et explique qu’elle aime arriver à pied pour voir de loin les lettres et les savourer au maximum, comme si elle prenait Paris le temps d’un soir.
Grands habitués de l’Olympia, Antoine de Caunes et Philippe Manœuvre racontent eux le choc qu’a représenté le premier concert français des Beatles dans cette salle, à l’époque où la Beatlemania n’a pas encore envahi le pays.
Jean-Louis Aubert – qui y a fait la première partie du Television en remplacement de Blondie avec Téléphone en 1977 – explique lui comment dans sa jeunesse, il resquillait pour entrer par les toits, poursuivi par la police…

Une proximité particulière
Après Mai 68, on apprend même que des milliers de jeunes étudiants se pressaient pour y entrer gratuitement. On peut les comprendre : comme le rappelle Antoine de Caunes, la salle est réputée pour la proximité qu’elle permet entre les artistes et le public. On s’y sent comme dans un petit cabaret, alors que des milliers de personnes sont présentes. Juliette Armanet la compare à théâtre à l’américaine de Broadway.
Celui qui y a présenté les César en 2022 met aussi en évidence l’acoustique unique de l’Olympia – on vous conseille de faire un jour l’expérience d’y entrer alors qu’un concert a déjà commencé, frissons garantis. Les frissons sont aussi au rendez-vous pour les artistes avant de monter sur scène : Juliette Armanet et Benjamin Biolay racontent à quel point la pression ressentie peut être tétanisante – et enivrante – avant un premier Olympia.
Heureusement, les artistes peuvent aussi se réconforter après chaque concert au Marilyn, le célèbre bar backstage de la salle – inaccessible pour le public –, qui porte le nom de celle qui a longtemps été sa tenancière, avec sa gouaille si particulière.

Une salle sauvée de la destruction
Lui aussi très familier de l’Olympia – il en a été le photographe attitré et y a installé son labo photo sous la scène pendant trois décennies –, Patrick Ullmann raconte aussi comment le maître de lieux, Bruno Coquatrix – dont le nom est éternellement associé à la salle – cajolait les artistes à leur sortie de scène et maîtrisait surtout l’art du rideau, c’est-à-dire qu'il savait exactement combien de temps attendre avant de renvoyer les artistes sur scène pour le rappel, ce qui garantissait les acclamations du public et des critiques dithyrambiques de la presse à tous les coups.
Patrick Ullmann est aussi assez âgé pour se souvenir de ce moment critique où la salle a failli disparaître mais a finalement été reconstruite quasiment à l’identique en préservant évidemment la façade. Et aujourd’hui, à l’heure où les concerts dans les stades et les arénas géantes sans proximité avec les artistes se multiplient, l’Olympia conserve plus que jamais son cachet et son attrait pour le public. Comme le dit un des témoins du film, on n’y joue pas pour l’argent. C’est autre chose qui se joue à l’Olympia, quelque chose de l’ordre du mystère, de la magie et du rêve.

L'Olympia, du rêve à la scène, une Création Documentaire disponible sur CANAL+.
