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Ocean One K : un doc sur "le robot des abysses" qui pourrait changer l’archéologie sous-marine

Innovation technologique spectaculaire, ce robot humanoïde est capable de descendre à plusieurs centaines de mètres de profondeur et de manipuler des vestiges. Une petite révolution qui permet aux archéologues de rêver, et dont les premiers pas ont été filmés pour un documentaire.

Un drôle d’engin

Tout le monde le sait depuis le tragique accident du sous-marin Titan : l’humanité n’est pas censée descendre très profondément dans les océans. Explorer les fonds marins est le travail des robots, mais jusqu’à présent, ces derniers ne pouvaient pas remplacer les archéologues sous-marins, car pour y prétendre, il faut pouvoir toucher et ramener des objets des sites fouillés afin de les étudier.

Mais cela sera sans doute bientôt possible grâce à un robot conçu à la prestigieuse faculté américaine de Stanford : le Ocean One K, dont la dernière lettre est une référence à la profondeur maximale que ce drôle d’engin peut atteindre : 1000 mètres.

Pourquoi drôle d’engin ? Parce que ce robot est humanoïde : il possède deux caméras à la place des yeux, et surtout des bras et des mains qui sont actionnés à distance par un archéologue muni de lunettes 3D et de commandes haptiques, ce qui permet de ressentir ce que le robot touche. Alimenté par une sorte de cordon ombilical relié à un bateau, Ocean One K possède de surcroît une autonomie illimitée.

Des essais périlleux en mer

Mais avant un test grandeur nature, tout cela relève de la théorie, et ce documentaire permet justement de suivre les périlleux essais réalisés en 2022 dans des conditions réelles en mer méditerranée, plusieurs années après une première version réussie et des tests en piscine.

On embarque donc dans ce film à bord d’un tout nouveau navire high tech, l’Alfred Merlin, où plusieurs dizaines de personnes – dont le robotiste de Stanford Oussama Khatib – s’affairent pour faire fonctionner Ocean One K à des profondeurs de plus en plus importantes au fil des jours.

L’équipe commence ainsi par explorer un avion de la Seconde Guerre mondiale à 38 mètres de profondeur, avant de passer à un sous-marin (le Protée), puis à un navire datant de l’époque romaine, avant de terminer par l’épave d’un paquebot italien, le Francesco Crispi, gisant à plus de 500 mètres sous l’eau. Le documentaire se termine même par un petit événement supplémentaire, puisque le robot parvient à atteindre 852 mètres de profondeur presque en toute détente.

Des possibilités inexplorées… pour une durée limitée

Bien sûr, le film rappelle qu’il s’agit encore d’un prototype, et Ocean One K nécessite d’être accompagné par un à deux robots supplémentaires, qui rendent sa tâche possible. Mais lorsqu’on le voit remonter à la surface des objets fragiles qui ont près de 2000 ans, on comprend les possibilités qui s’ouvrent aux archéologues sous-marins.

La voix-off rappelle qu’on estime à environ 3 millions le nombre d’épaves qui tapissent les océans, et nombre d’entre elles se trouvent dans les abysses uniquement accessibles aux robots. Or, le temps presse : comme l’explique l’un des intervenants, si le bois se conserve plutôt bien sous l’eau, ce n’est pas le cas de l’acier, qui est vite rongé par la corrosion, ce qui menace tout simplement la survie sous-marine des navires récents au-delà de deux siècles.

Alors, Ocean One K va-t-il pouvoir se rendre sur l’épave du Titanic avant qu’elle ne disparaisse pour toujours ? Pour l’instant, le robot est encore loin de pouvoir atteindre 3800 mètres de profondeur, mais quand on voit dans le documentaire les progrès déjà réalisés depuis sa mission de 2016, on se dit que ce n’est pas impossible.

Ocean One K : le robot des abysses, une Création Documentaire PLANÈTE+, disponible avec CANAL+.