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"Plastic Odyssey" : un doc sur l’épopée du navire qui lutte contre la pollution plastique

Parti en octobre 2022 pour trois ans d’expédition autour des régions les plus polluées du globe, le bateau du projet Plastic Odyssey a été filmé lors de ses premières escales destinées à trouver des solutions concrètes de recyclage du plastique. Cela donne aujourd’hui un documentaire qui incite à limiter au maximum l’utilisation de ce matériau calamiteux pour l’environnement.

Un projet semé d’embûches

19 tonnes. C’est la quantité de déchets plastiques rejetés dans les océans chaque minute, selon le site de Plastic Odyssey. Ce désastre écologique est tel qu’en 2050, il y aura davantage de plastique que de poissons dans l’Océan si rien n’est fait d’ici là. Une perspective apocalyptique qui doit motiver au quotidien Simon, Alex et Bob, les trois têtes pensantes du projet Plastic Odyssey.

Leur idée ? Parcourir la planète avec un bateau laboratoire pour rencontrer les femmes et les hommes qui tentent de lutter à leur échelle contre le fléau de la pollution plastique, et leur apporter des solutions techniques pour le recyclage, grâce aux machines low-tech présentes à bord.

Ce projet ambitieux remonte à plusieurs années, mais il a mis du temps à se concrétiser, car les embûches ont été nombreuses, comme l’explique le début du documentaire. Après avoir racheté un ancien navire océanographique, les trois Français ont en effet réalisé qu’ils avaient été trompés sur la marchandise : non seulement le bateau était bourré d’amiante, mais la coque rouillée nécessitait une rénovation très importante.

Une première escale symbolique

Si l’on ajoute à cela la crise sanitaire, on comprend en voyant le film que le projet aurait très bien pu ne jamais voir le jour, et qu’il a fallu une incroyable persévérance pour surmonter ces obstacles et convaincre des partenaires financiers de s’engager sur un chantier qui avait pris un retard considérable. Mais en octobre dernier, le navire Plastic Odyssey entièrement rénové a enfin pu prendre la mer depuis Marseille pour rejoindre le Liban, première escale de son expédition de trois ans.

Ce pays n’a pas été choisi au hasard : depuis 2015, la ville de Beyrouth fait face à une grave crise des déchets. Sur place, Simon Bernard (le patron de Plastic Odyssey) rencontre donc un entrepreneur qui a développé une appli mobile qui lui permet de collecter les déchets plastiques de ses utilisateurs.

Mais avec ses moyens limités, la tâche est laborieuse. C’est là que les machines de Plastic Odyssey entrent en action : elles sont capables de broyer ces déchets pour qu’ils occupent beaucoup moins de place, et elles peuvent même les laver et les extruder pour créer une pâte utilisable comme matériau recyclé.

Une conclusion à méditer

Au Liban, ce dernier servira à créer des palettes, tandis qu’en Guinée, Mariam Keita ramasse les déchets plastiques pour fabriquer des pavés routiers à l’aide d’une mini-usine qui tient dans un conteneur livré par Plastic Odyssey. Enfin, la troisième escale filmée par le documentaire montre comment le plastique a défiguré les plages de Sénégal, au point de perturber la pêche, activité vitale dans le pays.

À Dakar, on fait ainsi la connaissance de « l’homme plastique », une personnalité sénégalaise qui alerte sur l’utilisation abusive du plastique au Sénégal. Là-bas, les bouteilles d’eau sont par exemple remplacées par des sachets à usage unique qui jonchent ensuite les rues, et l’interdiction des sacs en plastique n’est toujours pas appliquée.

Mais même si toutes les initiatives présentées dans le documentaire sont admirables, sa conclusion rappelle une réalité cruelle : on engendre en 70 minutes (la durée du film) les 1500 tonnes de déchets plastiques que le projet Plastic Odyssey pourrait mettre une année à recycler. En attendant de voir des milliers d'initiatives comparables voir le jour dans le monde entier, on rappellera donc que le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas.

Plastic Odyssey, une Création Documentaire disponible sur CANAL+.