Ringside : un combat, deux destins. Quand la boxe façonne l'adolescence.
Ce documentaire raconte comment deux gamins surdoués de Chicago se lancent dans une carrière de boxeurs. Et les coups qu’ils prennent pour réussir à prendre leur vie en main.
Un film au plus près de ses personnages
Il y a des documentaires qu’on n’oublie pas, qui restent gravés dans la mémoire. Pour celui-ci, les raisons sont nombreuses. Tout d’abord, on découvre effaré que des gamins de douze ans font déjà de la boxe depuis des années et ne font pas semblant, se frappant véritablement de toutes leurs forces. Ensuite parce que les deux destins sont hors du commun, et enfin parce que le film d'André Hörmann qui les a suivis pendant neuf ans dure 1h30 et qu’il est rempli à ras bord de scènes fortes.

Objectif : Jeux Olympiques
En 2010, Kenny Sims Jr. et Destyne Butler Jr., sont deux jeunes boxeurs âgés de 12 ans habitant le quartier de Southside à Chicago. C’est-à-dire l’envers de la ville cool à l’architecture parfaite qui fait depuis quelques années de la concurrence à la grande New York. Les deux gamins partagent une particularité : ils ont la chance d’être repérés pour leur talent sur le ring. Non seulement, ils se battent bien, ils remportent de multiples ceintures chez les juniors mais pendant le combat, ils ne lâchent rien. Très vite, le bouche à oreilles fonctionne, ces deux graines de champions qui s’entraînent depuis qu’ils ont six ans semblent avoir le « full package » : le physique, la technique et le mental. La rumeur leur promet un bel avenir et les médias vont vite les présenter comme de futurs champions, accumulant les reportages sur eux dans les journaux télévisés. Bien sûr, les deux amis se voient eux aussi déjà briller aux Jeux olympiques de Londres quand ils auront 17 ans.
Seulement, les deux rivaux prennent rapidement des chemins différents. Tandis que Kenny intègre le monde de la boxe professionnelle, Destyne n’évite pas l’appel de la rue. Il participe à un cambriolage avec une bande de délinquants, se fait prendre et se retrouve en prison. Mais contrairement aux apparences, dans leur parcours, rien n’est écrit à l’avance et Kenneth doit à son tour déchanter puisqu’il va rater les qualifications pour les Jeux Olympiques. De son côté, Destyne s'accroche pour supporter le système carcéral, déterminé à remonter sur le ring. Dans ce doc, on découvre l'énorme pression qui s’exerce sur eux, celle incarnée par le coach, celle de la famille, la nécessité aussi de réussir dans un milieu hostile. « Je savais, raconte le père de Kenny, que si je le brisais en le poussant à bout à l’entrainement, personne ne pourrait le briser sur le ring ». Sans même parler du film lui-même, qui interroge les deux protagonistes tout au long de leur adolescence, surtout lorsqu’ils sont au plus bas. On voit notamment Destyne participer à un impressionnant boot camp pour prisonniers.

Une leçon de vie
Sans raconter l’issue de l’éprouvant combat de la fin du documentaire et la suite du destin des deux protagonistes devenus adultes, la leçon pour le spectateur est claire. Tout le monde ne naît pas avec la même chance et certains individus doivent se battre, au sens propre comme figuré, dix fois plus que d’autres pour survivre ou trouver une place dans la société. Après avoir regardé ce film, on ne peut plus regarder la boxe de la même manière.
Ringside : un combat, deux destins, disponible sur Canal + Docs



