Classico ? Quel Classico ?

Posté par Pierre Ménès le 27 Octobre 2019

Ce n’est pas si fréquent pour être noté, on a eu droit à un dimanche spectaculaire, qui a démarré par un très bon Rennes-Toulouse, avec des Bretons qui n’avaient pas gagné depuis 11 matchs toutes compétitions confondues et qui étaient visiblement aussi motivés que tendus. Ils ont pourtant cru s’être mis à l’abri très vite puisqu’ils menaient déjà 2-0 au bout de six minutes de jeu, grâce à des buts signés Niang et Hunou. La joie hyper démonstrative et très collective des Rennais avec leur coach traduisait à la fois une énorme solidarité et un profond mal-être. 

Le match s’est ensuite équilibré tout en restant très agréable. Il faut quand même reconnaître que Kombouaré a changé le visage de cette équipe toulousaine. Avec une formation articulée en 4-4-2 avec quatre vrais joueurs offensifs, le Téfécé est revenu au score grâce à une reprise de Dossevi au deuxième poteau et un joli coup-franc de Gradel. On pensait alors que Toulouse avait fait le plus dur mais Stéphan a fait rentrer le jeune Gboho qui a conclu un mouvement collectif entre Raphinha et Siebatcheu d’un petit tir à ras de terre dans le petit filet. Voilà une victoire qui va faire du bien à cette équipe bretonne qui, de toute évidence, a grand besoin de confiance pour retrouver un niveau de jeu conforme aux ambitions du club.

Le deuxième match de l’après-midi a été très étrange. Déjà parce que les deux kops de Geoffroy-Gyichard étaient vides suites aux fumis allumés et aux banderoles injurieuses pendant le derby. Alors moi je veux bien qu’on me dise tout ce qu’on veut, que les supporters sont brimés, interdits de déplacements etc… Mais à un moment donné, il faudrait aussi qu’ils se rendent compte que leurs actions vont à l’encontre de l’intérêt de leur club et de leur équipe. Car qui était puni avec ces tribunes vides ? Les supporters bien sûr, mais surtout l’équipe qui n’a pas bénéficié du soutien habituel de son public.

A la mi-temps, les Verts menaient 1-0 grâce à un but de Khazri bien servi par Bouanga mais honnêtement, c’était un miracle vu leur première période poussive et sans idée. Côté amiénois, on a encore vu ce jeu proposé par Elsner, porté sur l’attaque, la prise de risque et la vitesse. Les Picards ont renversé le match en quelques minutes avec un but de Mendoza sur lequel je ne suis pas certain que le Colombien ne fasse pas main et un second signé Akolo, qui a d’abord buté sur Ruffier avant de le lober. Les Stéphanois ont sauvé les meubles sur un rush de Bouanga conclu par un CFC de Dibassy. C’est un bon point pour une équipe d’Amiens qui n’est payée au classement de sa belle qualité de jeu.

Plus vraiment un Classico…

Et puis en soirée, on a eu droit à notre fameux Classico. Villas-Boas avait un peu annoncé la couleur dans ses déclarations mais il a choisi une stratégie un peu étrange, qui a animé le debrief du CFC, consistant à aller chercher très haut les Parisiens. Cela a pas trop mal marché en début de match. Benedetto a raté une occasion de se mettre en position de frappe et Germain n’a pas cadré sa reprise sur un centre en retrait de Payet. Les Marseillais se sont-ils alors dit qu’ils avaient choisi la bonne formule ? Toujours est-il que, lorsque tu évolues aussi haut sur le terrain face au PSG, dont la sortie et la remontée de balle sont un modèle du genre, tu t’exposes. 

Et cela va tellement vite devant côté parisien, que l’OM s’est fait éclater dans tous les sens, encaissant quatre buts en 35 minutes. Un doublé d’Icardi, un autre de Mbappé servi deux fois par l’intenable Di Maria. A la mi-temps, la messe était dite et le second acte a malheureusement ressemblé à un match amical sans intérêt. AVB a stoppé sa tactique suicidaire pour mettre en place un 4-4-2 avec deux lignes plus compactes. Et le PSG n’a pas non plus cherché à accélérer, ce qui a d’ailleurs fortement déplu à Tuchel. 

Maintenant voilà, l’écart est tellement abyssal aujourd’hui entre les deux équipes - ce qui redisons-le est tout à fait normal vu la différence de budget et d’effectif - qu’on ne peut plus vraiment parler de Classico. Pour l’OM, les deux prochains matchs de Ligue 1, au Vélodrome face à Lille puis Lyon, sont beaucoup plus importants. Car ces matchs-là, ils peuvent les gagner. Ce seront les vrais juges de paix de cet OM 2019-2020, en espérant que les Phocéens n’aient pas pris un trop gros coup sur la tête hier soir…

Pierrot