Le chant du départ

Posté par Pierre Ménès le 11 Octobre 2019

La Ligue 1 vient donc de battre un nouveau record, avec trois départs d'entraîneurs en huit jours et après seulement neuf journées de championnat. Trois cas très différents entre Sylvinho, Printant et Casanova. Concernant le Brésilien, son bilan parlait contre lui : Lyon est 14e au classement, Lyon jouait beaucoup trop défensif et contre-nature par rapport à l’ADN du club et je pense que la décision de s’en séparer est logique car je ne crois pas que le coach intronisé par Juninho avait pas la capacité - ou la volonté - de modifier son schéma et ses choix de jeu. Et malheureusement, ses choix étaient totalement inadaptés à la « tradition OL » et à l’effectif dont il disposait. 

Le cas de Printant est différent. Il était l’adjoint de Gasset, beaucoup de joueurs étaient très attachés à Gasset, donc également à Printant. Le raccourci était assez commode, les joueurs voulaient que le Montpelliérain prenne la suite… Sauf que cela n’a pas fonctionné. Reste à savoir quelle est sa part de responsabilité dans les mauvais résultats des Verts. Moi tout ce que j’avais noté, c’était la grande pauvreté physique de cette équipe. Evidemment, l'arrivée de Puel l’avant-veille du derby et le résultat face à Lyon modifie un peu l’analyse. Maintenant, on va voir si l’ancien coach de l’OL va pérenniser les choix qu’il a fait pour son premier match sur le banc, comme placer Bouanga piston droit et se passer de Khazri. De toute façon, c’est dans le temps qu’on peut juger si un changement d’entraîneur a porté ses fruits. Ou pas. 

Et puis le dernier en date est donc Casanova, qui a jeté l’éponge au Téfécé. Alors bon, les résultats étaient aussi tristes que le jeu déployé sur le terrain mais ça, j’ai envie de dire qu’on en avait l’habitude à Toulouse. Car ce constat est valable depuis de nombreuses saisons, et sous l’ère d’autres entraîneurs. Il y a bien eu le sauvetage miraculeux avec Dupraz, mais même le Savoyard a été emporté par la mollesse locale la saison suivante. Le fait nouveau, c’est que les réseaux sociaux ont pesé pour beaucoup dans la décision de Casanova. Parce qu’il a été menacé de mort, ce qui est inadmissible.

Je pense être assez bien placé pour jauger la violence des réseaux sociaux même si, à ma connaissance, je n’ai jamais été menacé de mort - en tout cas ce n’est pas remonté jusqu’à moi. Je trouve cela scandaleux et il est assez déprimant de constater que ce club de Toulouse qui finalement, n’intéresse même pas les propres habitants de sa ville, soit tout de même victime d’un environnement aussi néfaste. Quand il n’y a que du négatif autour de toi, tu finis par t’en aller. Tu dis « stop ». 

Et là, ce n’est pas une question de liberté d’expression puisque visiblement, le club a demandé à la police de s’occuper de ces messages. Non, on est loin du droit à la liberté d’expression, on est juste dans le droit à entraîner un club de foot sans avoir peur pour sa vie ou celle de sa famille. Ce n’est que du foot, bordel ! Que les résultats soient aussi médiocres que le jeu proposé, c’est un fait établi. Mais cela ne mérite en aucun cas un tel déferlement de haine aveugle et nauséabonde.

Pierrot