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Le grand soir de Lyon

Posté par Pierre Ménès le 15 août 2020

Bien honnêtement, je ne croyais pas du tout au succès lyonnais. Je pensais qu’après une saison où le club n’avait remporté que la League Cup, City allait vraiment mettre le paquet pour retrouver le Bayern en demi-finale. Mais très rapidement, le jeu mancunien n’a eu aucune cohérence, avec un De Bruyne placé beaucoup trop haut à mon sens. Et puis, en voyant le banc de touche des Citizens, il y avait de quoi se demander à quoi jouait Guardiola. Laisser les deux Silva et Mahrez sur le banc dans un match que le vice-champion d’Angleterre allait forcément dominer, notamment dans la possession, est un choix que je ne m’explique pas. Je n’ai d’ailleurs rien compris à la compo de départ et aux changements en cours de match du technicien espagnol.

Tout comme la Juve au tour précédent, City s’est montré extraordinairement décevant. Et pour que ce soit à ce point-là, il est évident que les Lyonnais y sont pour quelque chose. Ils sont très bien organisés sur le plan défensif, ils ont un gardien qui fait les arrêts qu’il faut et un milieu qui travaille bien et beaucoup. Dans un rôle très obscur, Guimaraes a coupé beaucoup de lignes de passes tout en étant très bon au pressing. Quant à Aouar, il a été étincelant, dans ses prises de balles, ses dribbles et ses ouvertures. Quand il est à ce niveau, c’est un joueur digne du dernier carré de la Ligue des Champions.

Lyon a ouvert le score grâce à Cornet qui avait bien suivi une ouverture vers Toko-Ekambi. Cornet qui serait probablement Ballon d’Or s’il jouait tous ses matchs face à City - c’était son quatrième but en trois rencontres face aux Citizens ! - et qui, au-delà de son but, a eu un rendement défensif et une activité énormes sur son côté gauche. La fin de la première période a été très difficile pour l’OL et pouvait laisser craindre une seconde mi-temps très compliquée. Sauf que Guardiola a répugné à faire entrer d’autres joueurs offensifs que Mahrez - je reste stupéfait que Bernardo Silva n’ait pas joué une minute de ce match. Les Mancuniens sont pourtant parvenus à égaliser sur une excellente ouverture de Mahrez pour Sterling dont le centre en retrait a été parfaitement repris par De Bruyne.

Un coach bidon qui vient de sortir la Juve et City

Là, on se disait que cela allait être dur pour Lyon mais Dembélé, qui avait remplacé Depay trois minutes plus tôt, a inscrit le second but lyonnais en remportant son face-à-face avec Ederson. Pour moi, Toko-Ekambi fait action de jeu en laissant passer le ballon entre ses jambes. Mais bon, de toute façon la VAR n’inverse jamais les décisions des arbitres. Tant mieux pour l’OL. L’autre tournant survient cinq minutes plus tard avec cet incroyable raté de Sterling, qui a trouvé le moyen de tirer au-dessus du but vide. Dans la foulée, sur une frappe d’Aouar et une faute de main d’Ederson, Dembélé réussissait le doublé.

Cette Ligue des Champions, ce « Final 8 » me comble de plaisir. Alors OK, il n’y a pas de public. Mais on a vu des surprises, des matchs à suspense, des buts… Il y a de tout et franchement, il faut arrêter de nous parler de compétition au rabais parce que la plupart des gros calibres se sont fait sortir. On voit du beau foot, des joueurs impliqués et une intensité dignes de la Ligue des Champions. Et puis bon, on a deux clubs en demi-finale de LDC, une première dans l’histoire, alors on ne va quand même pas faire la gueule. C’est un merveilleux résultat pour le foot français. 

Alors évidemment, la demi-finale de l’OL face au monstre de Bavière sera compliquée. Mais on peut aussi se dire que le Bayern ne va pas en mettre huit à tous les matchs. Et puis un mot sur Rudi Garcia pour clore ce post. J’ai hâte de voir la réaction des supporters lyonnais qui dézinguent en permanence leur coach sur Twitter. Parce que leur entraîneur bidon, celui qu’ils déguisent régulièrement en clown, vient de sortir la Juve et Manchester City et d’emmener Lyon à ce stade de la compétition pour la deuxième fois de son histoire, dix ans après la première. Pas mal pour un mec qui avait la réputation de ne jamais gagner un gros match…

Pierrot