Les Olympiques à l'arraché

Posté par Pierre Ménès le 2 Novembre 2019

Cette 12e journée a commencé vendredi par un coup de tonnerre avec cette défaite inattendue du PSG chez la lanterne rouge dijonnaise. Depuis, les commentaires se sont multipliés et avec un peu de recul, ce qu’on peut dire c’est que Tuchel n’a pas été très inspiré. Qu’il soit privé de certains joueurs - Thiago Silva était malade - et qu’il fasse tourner avant le match de Ligue des Champions, OK. Mais est-ce qu’il avait besoin, en plus, de changer certains joueurs de poste ? Avait-il besoin de mettre Bernat au milieu ? De remettre Marquinhos en défense ? Pourquoi changer, pourquoi tripatouiller ? A chaque fois qu’il fait ça, il a tout faux.

Alors outre cela, évidemment l’équipe a eu, jusqu’à l’heure de jeu, un comportement d’une incroyable suffisance. Les Parisiens avaient pourtant ouvert le score sur un piqué de Mbappé bien servi par Di Maria, alors que Dijon avait déjà cadré cinq frappes. Mais le PSG n’était pas inquiet, était trop sûr de lui et Chouiar a égalisé sur un but invraisemblable - il y a deux Bourguignons pour sept Franciliens - avant que Cadiz ne marque le second but en enrhumant Marquinhos qui a semblé complètement perdu pendant tout le match et en trompant un Navas très peu inspiré. 

Derrière, le PSG s’est enfin secoué mais s’est montré trop maladroit. Mbappé a offert trois passes décisives à Icardi et Di Maria qui ont été incapables de les transformer, a touché deux fois le poteau… Il n’empêche que cela fait désordre. Paris a déjà perdu trois fois en douze journées. Alors je l’ai déjà dit plusieurs fois cette saison, le champion en titre semble avoir compris que cela ne servait à rien de finir champion avec 25 points d’avance et a clairement donné la priorité à la Ligue des Champions cette saison. Mais il y a quand même un standing minimum à assurer.

Les bons choix de Villas-Boas

Maintenant, il faut aussi souligner que le DFCO a fait un vrai match, sans bétonner, en gênant les Parisiens par le jeu. Et c’est une vraie leçon à retenir pour tous les adversaires du PSG. Ceux qui mettent le bus et attendent derrière pendant 90 minutes en espérant gratter un 0-0 finissent toujours par se faire avoir. Ceux qui osent en sont parfois récompensés. On remarquera que les Parisiens ont encaissé sept buts depuis le début de la saison, dont cinq sans Thiago Silva - qu’il serait urgent de prolonger, par ailleurs - et Verratti.

Dans l’après-midi, Marseille a gagné un match très rythmé mais pas très abouti sur le plan technique. L’OM a mené 2-0 en ne cadrant qu’une seule frappe, ce qui est assez prodigieux. Le premier but a été marqué par Sanson après que Soumaoro a percuté Maignan, le second sur un coup de billard à trois bandes et un CSC de Gabriel. Le LOSC est alors sorti de sa léthargie et a vite réduit le score sur une tête de Soumaoro sur corner mais on aurait aimé voir les Nordistes se mettre à jouer avant d’être menés 2-0. Cette équipe très brillante à domicile n’y arrive pas à l’extérieur, pour une raison simple : elle ne met pas les mêmes ingrédients. Pourquoi ? A Galtier de le découvrir. Et d’y remédier.

Côté marseillais, on peut se féliciter des choix de Villas-Boas, qui fait beaucoup avec très peu. C’était une bonne idée de placer Kamara en sentinelle à la place de Strootman. L’OM était plus compact, mieux organisé. Alors c’est sûr, ce n’était pas brillantissime devant. Après des débuts en fanfare, Benedetto traverse le désert et puis bon, Payet à gauche ce n’est définitivement pas ça. Mais à l’arrivée, l’OM qui n’a gagné qu’un seul de ses six derniers matchs se retrouve au pied du podium. De toute façon, je crois qu’il va falloir s’habituer au fait que tout sera possible pour pratiquement tout le monde jusqu’à la fin de ce championnat.

Lyon au caractère

En soirée, Lyon l’a emporté au bout du bout des arrêts de jeu et au caractère à Toulouse. Les Rhodaniens ont pourtant été menés deux fois au score, sur un but de Sanogo et un CSC de Lopes, avant que Dembélé n’égalise à 2-2 et que Depay, d’un tir croisé du gauche à la conclusion d’un raid solitaire, ne donne la victoire à l’OL. Le Néerlandais avait déjà inscrit le premier but lyonnais sur un joli service de Reine-Adélaïde. On ne peut pas dire qu’on ait retrouvé une qualité de jeu phénoménale à Lyon, mais en revanche cette équipe a retrouvé du caractère et son ADN. Celui d’une équipe qui prend des buts mais en marque un de plus que son adversaire. Celui d’une équipe séduisante, agréable à regarder. Et qui signe donc une deuxième victoire consécutive et un joli rapproché au classement. 

L’autre très bon match de la soirée a eu lieu à Saint-Symphorien ou Metz a mené 2-0 face à Montpellier sur deux jolis buts signés Diallo qui a éliminé Rulli avant de marquer dans le but vide et Nguette d’une très belle frappe. Mais les Héraultais sont revenus à hauteur avec deux buts, le premier pour Delort tout en détermination et le second sur une remarquable demi-volée en lucarne de Sambia. Ce nul n’arrange aucune des deux équipes mais aura régalé les spectateurs lorrains. 

Enfin, Amiens et Angers se sont imposés sur le plus petit des scores à domicile. Le SCO grâce à un penalty devant une équipe de Strasbourg qui, comme Lille, n’y arrive toujours pas à l’extérieur, même si j’ai vu du mieux dans le jeu alsacien. Mais ce n’est pas normal, au bout de 12 journées, de ne pas avoir marqué un seul but hors de ses bases. Quant aux Angevins, ils ne sont peut-être pas dans la forme d’il y a quelques semaines mais ils continuent à prendre des points. On pourrait dire à peu près la même chose d’Amiens-Brest, si ce n’est que les Picards ont raté un péno tiré de façon trop dilettante par Guirassy avant qu’Otero ne leur donne la victoire. Mais là aussi, dans le jeu les Bretons se sont montrés séduisants et se sont procurés pas mal d’occases, donnant un match pas désagréable à regarder. Un samedi finalement assez joyeux en termes de jeu…

Pierrot