Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Lille et Lyon suivent le rythme

Posté par Pierre Ménès le 24 janvier 2021

Le Bordeaux-Angers qui a ouvert ce dimanche a été plutôt sympathique - je n’aurais pourtant pas misé un centime d’euro dessus - avec un excellent début de rencontre des Girondins, qui ont cueilli à froid les Angevins avec deux buts de Hwang dans le premier quart d’heure, le premier suite à un cafouillage et le second où il enrhume Traoré avant de placer le ballon sous le ventre de Bernardoni. Mais le décidément excellent Fulgini - un des joueurs que je suis toutes les semaines avec intérêt et plaisir - a redonné espoir au SCO avec un sublime coup-franc inscrit peu avant le repos. 

Et de fait, les hommes de Moulin ont nettement dominé la seconde période mais Costil et la défense bordelaise ont tenu, avec des choix tactiques de Gasset uniquement défensifs. À l’arrivée, cela fait quand même trois victoires de suite pour les Girondins qui jouent de mieux en mieux. Chapeau à Gasset qui est encore une fois en train de faire du super boulot avec une équipe aux moyens humains, sportifs et financiers assez limités. Avec le même nombre de points que l’OM (mais un match en plus), Bordeaux s’est très bien replacé dans ce championnat. 

Les trois matchs de 15 heures n’ont, comme souvent, pas soulevé l’enthousiasme des foules. Nantes n’a pas réussi à offrir un cadeau d’anniversaire à Raymond Domenech. Mais comment voulez-vous qu’une équipe aussi faible marque des buts ? Ce n’est pas un entraîneur qu’il faudrait, c’est un exorciste. Leya Iseka a ouvert la marque d’un joli lob avant que Boulaya - l’autre joueur qui me fait plaisir chaque week-end - ne double la mise d’une frappe à l’entrée de la surface, alors qu’il était épuisé quelques secondes avant et qu’il a eu des crampes juste après. Metz poursuit son excellent parcours. Quant aux Canaris, ils devront lutter jusqu’au bout et espérer qu’il y aura plus faible qu’eux. 

Dijon et Strasbourg se sont quittés sur un match nul sur lequel il n’y a pas grand chose à dire, à part qu’il n’était pas folichon. Les Alsaciens ont ouvert le score sur un but à l’extrême limite du hors-jeu par Ajorque avant que Dijon n’égalise par Coulibaly sur un centre en retrait. Cela fait 10 points en 4 matchs pour Strasbourg et un point de plus dans l’escarcelle des Bourguignons, alors je ne suis pas certain que ce résultat mécontente vraiment les deux camps. Enfin, Reims a battu une équipe de Brest décevante dans le jeu - une fois n’est pas coutume - dans une rencontre où le seul truc intéressant a été ce but gag inscrit par Mbuku, qui a pris la frappe non cadrée de Chavalerin dans la tête et l’a involontairement propulsé dans le but. C’était d’ailleurs assez rigolo de le voir se frotter le crâne après le but parce que je pense qu’il a vraiment morflé. Cela fait trois points de plus pour Reims mais rien de bien nouveau dans le jeu…

Derby-boucherie

Et puis le choc de ce dimanche avait lieu à Rennes, où Lille l’a emporté grâce à un but de David sur lequel Salin n’est pas sensationnel, ni sur sa sortie aérienne, ni sur sa reprise d’appuis. Les Bretons ont eu une possession de balle importante - la moindre des choses avec un milieu Nzonzi-Camavinga-Grenier - mais en alignant une attaque comprenant Doku - qui a des qualités individuelles mais a trop souvent le nez dans le guidon et, à l’heure où j’écris ces lignes, a clairement a été surpayé -, Terrier qui est toujours aussi pâle et Truffert qui est un défenseur, c’était impossible de marquer face à une défense du niveau de celle de Lille. Le LOSC n’a pourtant pas fait un match ébouriffant, on sentait que les joueurs de Galtier se méfiaient de Rennes. Mais les Nordistes suivent le rythme du PSG et, alors qu’ils ne sont pas dans une période faste, continuent à engranger des points, ce qui est bon signe pour leur fin de championnat. 

Et puis en soirée, je m’attendais à une boucherie et je n’ai pas été déçu. D’abord parce qu’il y a un écart abyssal entre Lyon et Saint-Etienne et parce que les Verts sont décimés par le Covid. Il y a néanmoins un truc que je ne comprends pas : pourquoi le banc de touche de Sainté était-il plus alléchant que l’équipe alignée sur le terrain ? Il faudra que Puel m’explique mais vu le nombre de choses qu’il aurait à expliquer depuis le début de la saison… Bref, le match a été à sens unique du début à la fin. Kadewere a ouvert le score trop rapidement, les deux têtes de Marcelo sur deux bons coups-francs de Dubois ont été marquées comme à la parade, plus le CSC de Bouanga, la transversale de De Sciglio… La coupe était pleine. 

Alors je sais bien que c’est un derby et que les plus fanatiques des supporters lyonnais vont en faire des caisses mais très franchement, cette équipe de Saint-Etienne ne pouvait en aucun cas rivaliser avec l’armada lyonnaises. Même au complet, le résultat aurait sans doute été le même. Finalement, c’est lors de soirées comme celle-ci, lors d’un derby qui est censé être l’un des matchs les plus chauds de la saison, qu’on se rend compte de ce qu’est cette saison si spéciale. Un stade à huis clos, une équipe décimée par la Covid… Ce match symbolise tous les maux dont souffre le football depuis près d’un an. Au fond, c’est très triste…

Pierrot