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Lyon surprend Paris

Posté par Pierre Ménès le 13 décembre 2020

Ce dimanche de Ligue 1 a commencé à 13 heures avec un match opposant deux équipes malades, Nice et Rennes. Le Gym a prouvé qu’il était le plus atteint. Sur une énième relance hasardeuse d’un défenseur niçois, contrée par Truffert, ce dernier a servi Niang qui a marqué le but de la victoire. Le reste du match a été facilement maîtrisé par les Bretons face à une équipe azuréenne qui montre les mêmes manques : d’enthousiasme, de vitesse, de créativité. On va attendre un peu avant de dire qu’Ursea ne fait pas mieux que Vieira mais pour l’instant, ça en a quand même tous les contours…

Les matchs de 15 heures étaient plutôt mal partis avec une première demi-heure assez sordide sur quasiment tous les terrains, mais cela a fini par s’emballer un peu. Lorient a très facilement battu une formation nîmoise à l’agonie et qui ne peut pas espérer grand chose dans cette Ligue 1 en prenant trois buts par match. Surtout face à une équipe bretonne qui n’avait plus marqué depuis la mi-octobre. À Francis Le-Blé, Brest a continué à se montrer séduisant devant une équipe de Reims extrêmement inquiétante au niveau de son comportement général, avec un manque de rigueur qui ne ressemble pas à l’équipe de Guion. 

Le premier but a été marqué d’une très jolie frappe par Honorat avant que les Rémois n’égalisent assez miraculeusement sur un corner direct de Zeneli assez somptueux (reste à connaître la vitesse du vent à Brest à ce moment-là). Avant cela, les Finistériens avaient raté le but du KO par Mounié qui avait vu son penalty - totalement cadeau alors que que l’arbitre a consulté la VAR pendant deux minutes - arrêté par Rajkovic. Mais l’attaquant brestois s’est bien rattrapé en reprenant un tir de Faivre repoussé par Rajkovic. Les deux équipes poursuivent donc leur série respective.

Nantes, haine et scandale

Metz a failli réussir le hold-up à la Meinau avec deux buts en trois frappes (dont deux penalties). Les Lorrains ont ouvert le score sur un penalty sévère pour une main de Simakan, Kawashima a repoussé un autre penalty - moins sévère celui-là - pour une main du même Simakan. Finalement, Simakan - qui a donc fait le match à lui tout seul - a égalisé de la tête sur un corner de Liénard, avant que Nguette ne trompe Kawashima d’une jolie frappe enroulée des vingt mètres à la conclusion d’un raid solitaire. Et c’est Thomasson, après une série de dribbles et un petit ballon piqué devant Oukidja, qui a offert l’égalisation aux Alsaciens. Un nul qui ne satisfait certainement pas le Racing mais qui lui fait gagner deux places au classement.

Et puis Nantes a fait un match horrible face à Dijon, concédant le nul après avoir le score sur penalty. Mais bon, quand tu es le FC Nantes, tu ne peux pas te contenter d’avoir 30% de possession de balle à domicile face à Dijon. C’est impossible. Paradoxalement, à Nantes ce n’est pas ce qui se passe sur le terrain qui est le plus grave. Car il y a eu de gros incidents en dehors du stade avec des ultras. Ces derniers réclament le départ de Kita dans des proportions de haine démesurées. Et ces mecs s’en sont pris aux voitures du personnel du club, ce qui est absolument inadmissible - j’espère d’ailleurs qu’il y aura des sanctions et des poursuites judiciaires. Que tu ne sois pas content de ton président - qui soit dit en passant injecte son pognon dans le club -, c’est une chose. Que tu agresses des gens qui bossent au club et qui ne sont d’ailleurs pas forcément d’accord avec tout ce que décide Kita, c’est juste scandaleux. 

En fin d’après-midi, Lille a très logiquement battu Bordeaux. Des Girondins qui ont cependant confirmé un léger mieux. Ils étaient bien organisés défensivement, dommage qu’ils aient craqué deux fois. D’abord sur le but de Bamba qui a tout le temps d’enrouler sa petite frappe sans élan sans que personne ne monte sur lui. Puis sur un coup de tête de Fonte où le Portugais arrive lancé au milieu de l’apathie générale. Basic avait réduit le score en reprenant au deuxième poteau un corner de Ben Arfa. Un succès qui offrait au LOSC la première place du classement avant le choc de la soirée au Parc.

Un championnat plus serré que jamais

Un choc qui a donc tourné à l’avantage de Lyon, de façon très méritée car le milieu lyonnais a bouffé celui du PSG. Alors bon, Paris a eu une semaine difficile avec 14 minutes de jeu le mardi, 76 le mercredi et surtout une grosse décharge émotionnelle. J’ai l’impression que pas mal de joueurs étaient émoussés sur le plan physique, à commencer par Verratti et Neymar. Avec en plus l’absence de Marquinhos et celle, au départ de Mbappé, que je ne m’explique pas. Le mec a eu une « alerte tendineuse ». Je ne sais même pas ce que ça veut dire. Tu joues un match importantissime contre Lyon au Parc et tu te prives de Mbappé d’entrée, pour finalement le faire entrer à une demi-heure de la fin. S’il pouvait jouer une demi-heure, il pouvait débuter. D’autant que mercredi, Paris joue Lorient…

Bref, je n’ai compris ni les choix, ni la tactique ni le coaching de Tuchel, qui pour moi a eu tout faux du début à la fin. Cela n’ôte rien à l’excellente première période de l’OL, qui a considérablement gêné le milieu et la défense du PSG avec un pressing intelligent et une utilisation parfaite de la balle. Comme sur le but, avec une interception de la mauvaise passe de Kimpembé par Toko-Ekambi qui, en une touche, envoie Kadewere au duel face à Navas. Évidemment, en deuxième période Lyon a beaucoup reculé et Garcia a fait des choix défensifs mais globalement, l’OL a fait un boulot tactique remarquable. 

En face, Paris n’avait pas d’arguments offensifs. On a eu droit à un mauvais Neymar, un Di Maria inexistant, un Kean qui a fait ce qu’il a pu et un Mbappé qui a trop peu joué. Les faits sont là : c’est la 4e défaite du PSG, qui se retrouve donc 3e du championnat après 14 journées et va devoir cravacher. Reste à connaître l’importance de la blessure de Neymar. S’il y a fracture, ce sera foutu pour la Ligue des Champions. C’est donc une soirée épouvantable pour Paris et une très belle pour Lyon. Et pour le suspense. Le championnat est plus serré que jamais avec Lille, Lyon, Paris et Marseille qui se tiennent en deux points, sachant que l’OM a deux matchs en retard…

Pierrot