Marseille frappe fort

Posté par Pierre Ménès le 11 Novembre 2019

Le premier match de ce sympathique dimanche a opposé Rennes à Amiens avec une victoire qui me semble un peu flatteuse pour des Bretons qui ont quand même été vraiment secoués par la qualité de jeu picarde en première période. Ce sont d’ailleurs les joueurs d’Elsner qui ont ouvert le score par Guirassy, avant qu’Hunou n’égalise sur un but de raccroc assez chanceux. Un Hunou que Rennes voulait envoyer à Angers l’été dernier mais qui rend bien des services grâce à son sens du but. En seconde période, le jeu amiénois s’est un peu liquéfié et les Bretons, qui avaient vraiment besoin de cette victoire, ont fait la décision avec un joli but en talonnade de Niang, bien servi par un Raphinha qui a enfin montré de belles choses et transformé ensuite un penalty très généreux. 

Il y avait deux matchs à 17h, avec un très spectaculaire Nantes-Sainté, qui s’est soldé par la quatrième défaite consécutive des Canaris, face à des Stéphanois qui étaient pourtant rentrés d’Ukraine à 6h du matin vendredi et qui évoluaient avec une équipe très remaniée. Mais Puel peut s’appuyer sur des joueurs déterminés, notamment un Bouanga en feu et auteur d’un doublé. Les Canaris avaient ouvert le score par Blas et ont mené 2-1 après le but de Louza. Mais voilà, quand Nantes marque deux buts dans un match, c’est la défense qui flanche et les hommes de Gourcuff rentrent assez logiquement dans le rang, compte tenu de leur qualité de jeu et de la profondeur de l’effectif. Sainté se rapproche du haut du classement dans ce championnat où deux victoires consécutives t’emmènent directement sur le podium.

Et puis sans faire de bruit, Montpellier a poursuivi son petit bonhomme de chemin face à Toulouse. Laborde a enfin retrouvé le chemin des filets, magnifiquement servi par Delort, Le Tallec a marqué le second de la tête avant que Savanier n’ouvre son compteur avec le MHSC avec un but tout en symbole marqué à la 74e minute, celle où le peuple pailladin rend hommage à Loulou Nicollin, ce qui a valu une belle émotion de son fils Laurent sur le banc. Je pense que les Héraultais finiront bien classés dans ce championnat parce que c’est une équipe qui allie assez bien le sérieux derrière et au milieu et la créativité avec ses joueurs offensifs. 

Enfin en soirée, à l’issue d’un match très réussi, l’OM se retrouve dauphin du PSG à l’issue de sa victoire 2-1 face à l’autre Olympique. Après le Classico totalement raté, Villas-Boas avait donné rendez-vous à tout le monde après ces deux matchs consécutifs à domicile face à Lille et Lyon. A l’arrivée, ils ont remporté les deux sur le même score, celui d’hier de façon plus brillante que face aux Nordistes. La première période des Marseillais a été parfaite, avec un schéma tactique en 4-1-4-1 où Payet bénéficiait de plus de liberté que dans le 4-4-3.

Entre le sublime et le lamentable

Payet qui avait lâché des déclarations osées dans la semaine, qui ne m’avait d’ailleurs pas beaucoup plu. Je pensais que c’était se mettre une pression supplémentaire inutile sur les épaules. Mais il faut croire que Dimitri avait prémédité son coup et pensait qu’il aurait besoin de ce surplus d’adrénaline. Il a magnifiquement transformé le penalty consécutif à la main de Thiago Mendes, après six minutes d’atermoiements, de VAR, d’altercation Benedetto-Dubois, de laser dans les yeux de Lopes… Six minutes d’attente avant de réussir un péno aussi important, dans le contexte bouillant de ce match, c’est fort.

Son second but l’est encore plus. Il est au départ de l’action puisque c’est lui qui tacle Traoré et récupère le ballon, avant de transmettre à Lopez d’un exter’ pied droit et d’être à la réception de la passe du petit milieu de terrain pour finir avec un tir croisé dans le petit filet de Lopes. L’OM menait très logiquement à la pause mais des événements survenus en début de seconde période ont compliqué la tache des Olympiens. Il y a eu d’abord eu cette interruption de presque quatre minutes, la pelouse étant envahie par une épaisse brume venant des fumigènes craqués dans les virages. Ceux qui me disent que c’est le folklore, que c’est festif, j’aimerais bien qu’ils m’expliquent en quoi c’est festif de devoir interrompre un match à cause d’un brouillard digne de Londres en plein hiver.

Et puis dans la foulée, Alvaro qui aurait déjà dû être exclu un quart d’heure plus tôt pour un scandaleux coup de coude sur Aouar, l’a finalement été pour une faute en tant que dernier défenseur sur Dembélé, lui qui avait déjà laissé l’attaquant lyonnais réduire le score quelques instant plus tôt en baissant la tête sur un centre qu’il pouvait dégager. Mais même à dix contre onze, l’OM a gardé ce côté compact, cette détermination, cette agressivité… Avec en symbole Payet, qui est allé au bout de lui-même en finissant avec des crampes. Jusqu’ici, Villas-Boas a presque tout bon avec cette équipe. On le sait, il n’a pas un effectif dingue tant qualitativement que quantitativement. Mais il obtient des résultats. Lui croit dur comme fer à une place sur le podium et, pour l’instant, tout cela lui donne raison. 

Un petit mot pour finir sur l’ambiance, qui a alterné entre le sublime et le lamentable. Sublime, c’était ce superbe tifo. On nous en avait beaucoup parlé pendant la semaine, on ne nous avait pas menti. Et le lamentable, c’est le laser dans les yeux de Lopes, les fumigènes qui interrompent le match, les boulettes de papier jetées sur les tireurs de corner lyonnais… Et le pompon avec le caillassage du bus de l’OL. On ne me fera pas croire que, même à Marseille, il n’y a pas moyen d’avoir un parcours sécurisé pour rejoindre le Vélodrome. Il y a donc eu, au pire des complicités et au mieux, de la mauvaise volonté ou de l’incompétence…

Pierrot