Paris cartonne, Monaco déconne

Posté par Pierre Ménès le 1 Février 2020

Cette 22e journée de notre belle Ligue 1 a démarré vendredi avec un match invraisemblable à Rennes. Pas en première mi-temps, pendant laquelle il ne s’est presque rien passé, mais pendant la seconde où Nantes a mené deux fois au score de façon assez chanceuse puisque sur le premier but, Camavinga dégage sur Da Silva qui marque contre son camp et sur le second, Camavinga encore lui essaie de contrer Simon qui marque quand même. Pour tout dire, les Canaris étaient mieux organisés que les Rennais, qui semblaient émoussés après leurs 120 minutes en Coupe mercredi à Angers.

Mais cette saison, il y a quelque chose dans l’air qui semble indiquer que c’est la bonne pour les Bretons. Il faut reconnaître aux hommes de Stéphan une certaine combativité et la capacité à ne jamais lâcher. Ils ont ainsi réussi à faire basculer le match dans les arrêts de jeu en égalisant sur un plat du pied de Bourigeaud - sur lequel, je suis désolé, Niang ne fait pas action de jeu puisqu’il n’est pas dans le champ de vision de Lafont -, puis grâce à un but de Raphinha qui a bien repris un tir en pivot du même Niang. But validé à juste titre par la VAR. 

Alors depuis le match j’entends et je lis énormément de supporters nantais râler sur les sept minutes d’arrêt de jeu. Sauf que : trois minutes d’arrêts de jeu pour les fumigènes des supporters nantais, trois minutes pour les six changement effectués, plus une bagarre et l’utilisation de la VAR, les six minutes elles sont là. Avec une nouvelle utilisation de la VAR dans les arrêts de jeu, les sept minutes sont largement justifiées et il n’y a donc pas matière à crier au scandale.

Samedi après-midi, le PSG a atomisé Montpellier. Je ne suis pas certain que les déclarations de Delort et de Le Tallec - particulièrement stupides au demeurant - aient rendu service aux Héraultais, qui ont trouvé face à eux un Neymar surmotivé. Pourtant, la méthode dure a été employée sur le Brésilien, qui a subi neuf fautes dans le match, égalant ainsi le record d’il y a deux ans, déjà face à Montpellier. Les esprits chagrins diront que les Parisiens ont encore bénéficié de cartons rouges adressés à leurs adversaires. Mais bon, je suis désolé : Bertaud qui fait main devant Mbappé en dehors de la surface, ça vaut rouge. La main de Chotard dans le visage de Neymar et sa semelle sur le tibia de Kimpembé, ça vaut rouge aussi.

Le suicide monégasque

Le reste du temps, le PSG a déroulé avec beaucoup de concentration. Auteur d’un but et d’une passe décisive et bon dans le jeu, Sarabia pourrait être l’invité surprise du match face à Dortmund, et doit en tout cas donner des maux de tête à Tuchel. Mbappé a marqué aussi avant de faire la tronche en sortant, l’échange qu’il a eu avec son coach semblant peu cordial. Que le prodige français ne soit pas content de son sort, c’est son droit. Disons qu’il pourrait éviter d’exhiber ce mal-être aux yeux de tous, surtout quand son équipe mène 5-0. Mais voilà, c’est terrible en France : Paris a gagné 5-0 et on parle du carton jaune et de la colère de Neymar, de la sortie de Mbappé. Ah, et évidemment, de l’anniversaire du Brésilien. Qui soit dit en passant doit être le premier footballeur de l’histoire à fêter son anniversaire un dimanche soir, à deux jours d’un match. 

Enfin samedi soir, on a eu droit à un match ahurissant à Nîmes, où Monaco a très rapidement ouvert le score sur un joli but sans angle de Ben Yedder. Les Crocos ont égalisé par Miguel et on peut discuter de l’intervention de Roux. J’avoue que je n’ai pas bien vu sur le coup et comme on n’a jamais revu le but… Maintenant, même en prenant un but litigieux, ça ne justifie pas de se suicider en deux minutes, avec deux rouges consécutifs, d’abord pour ce très vilain geste de Bakayoko sur la cheville de Philippoteaux puis sur un pétage de plomb en règle signé Gelson Martins qui est allé bousculer l’arbitre. Lui, je pense qu’il va prendre cher en commission. Evidemment, à neuf contre onze, la situation est devenue plus que compliquée pour l’ASM, qui a craqué sur une frappe splendide de Philipotteaux et un but de près de Martinez. Cela ne s’arrange pas pour Monaco et j’ai du mal à voir comment cela pourrait s’améliorer… 

De son côté, Lille a bien réagi à Strasbourg après une première période très compliquée, pendant laquelle les Alsaciens se sont montrés assez brillants, ouvrant le score par Thomasson sur une énorme faute de Renato Sanches. Et puis Galtier a fait les changements qu’il fallait en faisant notamment entrer Ikoné qui s’est montré décisif en déposant le corner sur la tête de Gabriel, avant que l’inévitable Osimhen ne donne la victoire aux Dogues en transformant un penalty obtenu pour une main de Carole. Cette victoire remet le LOSC à l’endroit après trois défaites consécutives et une piteuse élimination en Coupe. 

Dijon continue à surprendre avec une nette victoire sur Brest. Entre deux mal classés qui jouent bien, c’est le club bourguignon qui a le mieux négocié ce match avec trois buts et une opération maintien en bonne voie. Et puis, Reims est allé battre une équipe d’Angers qui avait pourtant ouvert le score par Alioui en début de match, mais qui s’est liquéfiée après le repos. Les 120 minutes en Coupe face à Rennes ont pesé lourd, avec trois buts sur coups de pied arrêtés et un quatrième sur l’engagement du troisième. Cela fait neuf pions encaissés en deux matchs à domicile pour le SCO, cela fait beaucoup. Enfin, je n’attendais rien d’Amiens-Toulouse et j’avoue ne pas avoir été déçu. 

On se retrouve demain soir.

Pierrot