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Paris et Monaco regardent vers le haut

Posté par Pierre Ménès le 27 septembre 2020

Avant, la « purge du week-end » avait souvent lieu le dimanche, à 15h. Avec les nouveaux droits, je pense que ce titre honorifique va passer à 13h. En même temps, quand tu choisis de diffuser Bordeaux, tu cumules les handicaps puisque les Girondins avaient fait 0-0 lors de leurs deux premiers matchs à domicile. Le troisième n’a pas dérogé à la règle. Mais quand on voit la prestation des joueurs de Gasset, comment pouvait-il en être autrement ? Et encore, ils ont eu de la réussite car Nice a frappé trois fois les montants même si, en dépit de cette malchance avérée, on n’a pas vu grand chose non plus côté azuréen. En fait, on a vu deux équipes incapables de changer de rythme, deux équipes qui trottinent, deux équipes qui ne prennent pas de risques dans la profondeur, qui ne prennent pas de risques dans le dribble, pas de risques dans la passe. Eh bien, quand tu ne prends aucun risque, il est logique que ça se termine avec un 0-0. Mais quel triste match…

La salve des rencontres de 15h a été plus prolifique en buts et plus agréable à regarder. Lens aurait mérité de l’emporter à Nîmes. Les Sang et Or ont ouvert le score une nouvelle fois par Ganago, décidément le hit de cette fin d’été et de ce début d’automne. Bien servi par Kakuta, l’attaquant camerounais a inscrit son quatrième but. La première partie du match a été très nettement en faveur des Lensois, qui dominaient sur sujet. Et puis, au courage, les Gardois sont bien revenus dans le match et ont égalisé en fin de partie par Ferhat. Un match nul globalement logique. 

Brest peut vraiment se mordre les doigts d’avoir perdu à Angers car la première mi-temps des Bretons était remarquable. La patte Dall’Oglio qu’on avait déjà connue à Dijon opère tout aussi bien dans le Finistère avec une équipe qui pratique l’un des jeux les plus agréables du championnat jusqu’ici. Brest a mené deux fois au score mais s’est ensuite montré trop fragile derrière et Angers, qui a eu le mérite de ne pas lâcher, est parvenu à l’emporter en fin de match. Un match très sympa à suivre.

La double peine existe encore

Monaco a battu Strasbourg plus facilement que ne l’indique le score. La très bonne première demi-heure monégasque a été récompensée par l’ouverture du score de Ben Yedder, avant un petit coup de pompe d’un quart d’heure pendant lequel Strasbourg a enfin réussi à aligner deux passes consécutives. Mais c’est pourtant à ce moment-là que l’ASM a doublé la mise, par Aguilar. La reprise a été un peu chaotique, un manque d’attention de la charnière monégasque a permis à Chahiri de réduire le score avant les deux événements marquants de ce deuxième acte : le second carton jaune de Tchouaméni que d’aucuns jugeront sévère, mais pas moi. Et le carton rouge direct de Disasi pour une faute sur Ajorque. 

Alors à ceux qui disent que la double peine n’existe plus : si, elle existe encore, en cas de violence où d’antijeu avéré. En l’espèce, il est évident qu’Ajorque allait marquer dans le but vide donc il y avait évidemment penalty et rouge. Peut-être que Disasi aurait mieux fait de laisser l’attaquant strasbourgeois marquer plutôt que de laisser son équipe à neuf contre onze. Maintenant, malgré vingt minutes en double infériorité numérique, les joueurs de Kovac n’ont pas été plus inquiétés que ça. 

Cette équipe alsacienne est tout de même très inquiétante. Il y a trop de joueurs qui sont nettement en-dessous de leur niveau de l’année dernière et il va falloir corriger ça très vite si le Racing veut éviter de vivre une saison plus que pénible. Quant à Monaco, malgré pas mal de contrariétés, c’est quand même une équipe qui montre des progrès. Elle est jeune et manque parfois de concentration, ce qui est normal. Mais la bonne nouvelle, c’est que Ben Yedder a mis un doublé. Si l’international français commence à marquer, c’est bon signe pour l’ASM.

Et puis les Dijonnais, que certains pensaient déjà moribonds, ont fait un bon match, ont mené deux fois au score et se sont fait rejoindre en fin de match sur un penalty que je juge personnellement comme « très généreux », pour rester poli. Les Bourguignons ont montré qu’ils n’étaient pas encore tout à fait morts même si, dans leur situation, ne prendre qu’un point à domicile n’est pas une bonne opération. 

Feu de paille et bouillie offensive

À 17h, on eu droit à un Lorient-Lyon assez pathétique, avec des Merlus qui ont clairement joué le 0-0 pendant tout le match et un OL qui enchaîne les bouillies offensives journée après journée. Cette fois, Depay était sur le banc et je ne comprends pas cette tactique de Garcia de continuer à jouer avec trois axiaux quand il n’y a qu’un seul attaquent en face, à savoir Grbic qui en plus est sorti blessé assez rapidement. Il y a aussi des méformes au milieu, avec par exemple Guimaraes qui est l’ombre du joueur qu’il était à son arrivée à Lyon… Ce n’est pas possible de se créer aussi peu d’occases pendant 75 minutes quand tu t’appelles Lyon et que tu joues chez un promu. 

Bien servi par Hamel, Wissa a même ouvert le score pour Lorient d’une frappe surpuissante sous la barre et sur un exploit individuel de Dubois, l’OL a sauvé un match nul qui est évidemment très insuffisant par rapport aux ambitions lyonnaises. Je pense qu’il est maintenant important pour l’OL que ce mercato se termine. Que les joueurs qui vont rester sachent qu’ils sont là pour encore une saison et qu’ils commencent à se concentrer sur leur football. Parce que ce n’est clairement pas le cas de Dembélé et de Depay. Je serais moins sévère avec Aouar, qui a fait ce qu’il pouvait dans un match de très mauvaise qualité. 

Et puis en soirée, le PSG s’est tranquillement imposé à Reims grâce à deux doublés : de passes décisives pour Mbappé et de buts pour Icardi. L’Argentin qui a mis fin à une longue période de disette. Maintenant, cela va être intéressant de voir ce qu’il va faire dans les semaines qui viennent. Est-ce qu’il est lancé et va marquer des buts en rafale, ce que j’ai tendance à croire, ou sera-ce juste un feu de paille, comme on dit à Lyon (ho, ho, ho) ? Évidemment, dès que Paris est au complet, c’est une autre chanson. Il faut être d’une mauvaise foi crasse pour imaginer le contraire. 

Ce que j’ai aimé, c’est que Reims n’a pas eu le coup de pompe physique qu’on pouvait craindre vu la domination écrasante des Parisiens en première période et le nombre d’occases qu’ils se sont crées. Rajkovic a dû sortir quelques jolis arrêts pour empêcher son équipe de sombrer dans une première mi-temps que Neymar a achevée avec une action individuelle où il dribble cinq joueurs avant de tirer sans angle juste à côté du poteau. Neymar qui a fait un grand match et un grand match utile. Maintenant il faudrait qu’il se remette à marquer des buts. Mais bon, il est évident que le PSG entame son lent et inexorable retour vers le sommet du classement. Quant à Reims, malgré la défaite le club champenois peut capitaliser sur ce match et garder l’espoir de prendre des points très vite.

Pierrot