Une répétition mouvementée

Posté par Pierre Ménès le 15 Février 2020

L’une des premières constatations de cette 25e journée, c’est que Monaco revient. En signant une troisième victoire consécutive, cette fois contre Montpellier, les Monégasques se retrouvent provisoirement à trois points du podium. C’est probablement le match le plus abouti de l’ère Moreno. D’abord parce que le score de 1-0 est très flatteur pour des Héraultais en grosse difficulté tout au long de la partie. Et puis défensivement, on a vu de gros progrès, à l’image de Glik qui a fait un bon match et de Fofana, qui apporte de la constance, de la puissance et de l’activité au milieu de terrain de l’ASM. Attention, cette fois Monaco est peut-être vraiment lancé.

On savait que Neymar et Mbappé ne seraient pas là et on se doutait un peu que la rencontre à Amiens serait une sorte de « match de préparation » pour le PSG. Mais on ne pouvait pas se douter que Tuchel pousserait le bouchon aussi loin, avec une compo de départ assez hallucinante où on retrouvait notamment Herrera au poste d’arrière droit et l’improbable association entre Icardi et Cavani devant. Le PSG qui s’est retrouvé mené 3-0 après 40 minutes de jeu, avec un but de Guirassy, une frappe exceptionnelle de Kakuta et un tir légèrement dévié de Diabaté. 

Alors comme tout le monde ne va parler que de Dortmund dans les heures qui viennent, j’ai envie de dire que le plus inquiétant dans ce match à la Licorne, c’est le rendement de Thiago Silva. Le Brésilien est loin d’être extraordinaire depuis son retour de blessure et a montré de gros retards à l’allumage. La réduction du score de Herrera sur corner, juste avant la mi-temps, a laissé poindre la possibilité d’une remontée parisienne. On se doutait bien que cela n’allait pas être possible pour les Amiénois de continuer à exercer un pressing aussi intense. C’est ce qui s’est passé, avec un surprenant doublé de Kouassi, auteur de deux têtes gagnantes sur corner. 

Paris a même réussi à prendre l’avantage par Icardi, qui a une énième fois poussé la balle au fond d’un but vide sur un centre de Bernat. À côté de ça, l’Argentin n’a pas rassuré mais que dire de la prestation de Cavani ? Mis à part une tête merveilleusement repoussée par Gurtner, le Matador a quasiment tout raté dans ce match et notamment une balle de 5-3 - et de 200e but sous le maillot parisien pour lui - dans les arrêts de jeu qui était pourtant dans ses cordes mais qu’il a expédiée à côté. Vingt secondes plus tard, les Parisiens pas bien en place encaissaient le but de l’égalisation signé Guirassy.

Toulouse, game over

Alors bon, je me doute bien que cette contre-performance parisienne va alimenter les chroniques d’ici à mardi - ça et la présence/absence de Neymar. Moi, j’ai du mal à juger une équipe qui commence sans sept titulaires et qui fait tourner à la mi-temps. Maintenant, je pense que Tuchel n’a pas fait tout ce qu’il fallait pour mettre l’ensemble du groupe en confiance. Parce que, quitte à mettre les titulaires au frigo, il aurait fallu le faire aussi avec Navas. Parce que là, le gardien costaricien a encaissé quatre buts. Et ce n’est jamais bon pour la confiance d’un gardien. 

Et puis en soirée, on a eu droit à des matchs pas tous bien passionnants. A l’image d’un Nîmes-Angers longtemps très fermé et qui a basculé sur deux événements consécutifs : l’expulsion tout à fait justifiée de Ninga pour un pied sur le front de Ferhat, sorti inanimé et remplacé par Koné qui a marqué du genou le but de la victoire une minute plus tard. Un succès qui permet aux Crocos de sortir de la zone rouge, une zone qui pourrait bien concerner les Angevins, qui en sont à 2 points en 6 matchs et 4 défaites consécutives. Le SCO marque toujours aussi peu et n’a plus sa solidité défensive. C’est assez inquiétant et on ne sait pas la portée de l’influence de ce qui se passe en coulisse. 

A part ça, on a assisté à un match sympatoche entre Bordeaux et Dijon, dans un stade effroyablement vide. Un match qui a confirmé l’immense talent de Chouiar, le jeune espoir dijonnais, auteur de deux buts empreints de précision et de sang-froid. Comme à l’époque de Dall’Oglio, je prends beaucoup de plaisir à voir jouer le DFCO cette saison, beaucoup plus que pour certaines équipes pourtant bien mieux classées. 

Enfin, Toulouse a probablement fait sonner le glas de son futur en Ligue 1 après un match assez symbolique de la saison des Toulousains, qui ont réussi à finir le match à neuf et à rater un penalty qui aurait permis une égalisation. Comme on dit, la messe est dite. Maintenant, j’ai beaucoup de mal à comprendre voir à admettre l’attitude des Niçois, qui menaient au score et jouaient en supériorité numérique, qui n’ont fait que reculer et ont presque donné de l’espoir aux Toulousains. Cette équipe du Gym doit vraiment montrer autre chose. Même si les Azuréens ont gagné 2-0, c’est plus qu’insuffisant, c’est presque grave. 

Pierrot