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Conseils de pro : comment tourne-t-on une bonne scène de X ?

Nous avons toutes et tous l'habitude de consommer du porno, mais côté réalisation, qu'est-ce qui fait qu'une scène X est réussie ? Pour répondre à cette fascinante question, le très talentueux Cosmo Liveti – dont le prochain film, LA CAMPAGNE NOUS GAGNE passe sur Canal + en juillet –, s'est prêté à l'exercice d'un petit « master class » pornographique.

Bonjour Cosmo. Pour débuter, une question très large : quels sont les premiers bons conseils pour faire une bonne scène de cul ?

Il faut instaurer une ambiance la plus détendue possible, et donner un maximum d'indications à ce que l'on va demander aux performeurs. L'important est qu'il y ait un axe et une direction à la scène pour qu'à la fin, on sente qu'il y a eut du sens et pas seulement un acte sexuel.

Il y a donc tout un travail de script...

Oui et non. Il y a une grosse part d'improvisation pendant la scène car on ne peut pas littéralement diriger les acteurs et actrices pendant l'acte. Cependant, ces scènes ont un sens en général, les performeurs sont « drivés » sur leur personnage, y compris dans la scène de sexe. J'aime bien qu'il y ait une continuité entre les phases de « comédie » et les phases de sexe.

C'est quoi des bons dialogues dans une scène de cul ?

En réalité, ce n'est pas si facile que ça d'écrire des dialogues pour un porno. J'essaye de dégraisser le mammouth au maximum au niveau du contenu et de n'avoir que des répliques qui ont un intérêt par rapport à l'histoire, qui apportent quelque chose. Il y a peu de digressions. C'est un peu comme de la bande dessinée, ce sont des dialogues qui font avancer la narration, qui essayent soit d'être drôles, soit intenses.

 

Quelles sont les positions les plus « vidéogéniques » ?

Logiquement, les meilleures positions sont celles où l'on voit tout. Donc il n'y en a pas tant que ça, c'est pour cela qu'il y en a trois ou quatre qui reviennent en boucle. Le but de l'opération, ça reste de voir la pénétration. Il y a donc la spoon, la levrette, la reverse cow-girl... Moi, j'aime bien les positions acrobatiques comme les positions portées, etc... De toute façon, les positions ne sont pas très importantes, elles sont assez limitées. Ce qui compte, c'est vraiment l'intensité que les actrices et acteurs y mettent.

Est-ce que filmer les visages pendant l'acte est aussi primordial pour toi ?

Complètement. Les visages, les mains, les pieds... Ça permet de contre-balancer avec le gros plan pornographique. On fait l'amour avec tout son corps, les détails visent le tout.

Est-ce qu'il y a des étapes « obligées » pour qu'une scène soit réussie ?

Normalement oui. Le public attend souvent une séquence fellation/cunnilingus/pénétration vaginale/pénétration anale/éjaculation, comme si il y avait un déroulé logique. Moi tout ça, ça m'ennuie, je ne vois pas pourquoi un cunnilingus doit être avant la pénétration, etc... Ceci dit, dans les scènes pornographiques plus modernes et qui durent 45 minutes, il n'y a plus cette notion un peu vieillotte d'étapes scriptées dans le sexe. Je pense que c'est beaucoup plus ouvert.

Techniquement, comment ça se filme ?

La plupart du temps, il y a deux caméras sur trépied. L'une en plan large, l'autre en plan serrée. C'est pratique, je pourrais limite aller boire un café si je me contentais de ça. Le résultat est satisfaisant en général mais un peu plat. C'est pour ça que j'aime bien y additionner des images tournées caméra au poing, plus immersives et subjectives. J'essaye de multiplier les axes pour ne pas avoir deux fois le même plan.

Comment une bonne scène de sexe doit-elle se finir ?

C'est classique mais imparable : par de la jouissance, une exultation. On envoie le signal que quelque chose s'est transmis de bon pour le corps et pour l'âme.

Tu as une scène de cul favorite dans le cinéma, une scène qui t'a inspiré ?

J'ai eu très tôt une fascination pour les films de Tinto Brass, c'est plutôt du cinéma érotique. Je n'ai pas « une » scène en tête, mais dans le X j'aime beaucoup PRETTY PEACHES (1978) d'Alex de Renzy. Je trouve que ce réalisateur américain avait vraiment un don pour rendre les scènes excitantes. Il faut vraiment voir ses films, c'est extraordinaire.

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