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Ecosexualité : et si vous faisiez l'amour à la nature ?

Avoir des rapports érotiques et amoureux avec la nature : cela pourrait paraître comme le délire d'hippies attardés, et pourtant, l'écosexualité remet profondément en question notre relation à l'environnement. Nous décryptons pour vous cette vision sexy de l'écologie.

Au delà d'un simple blague dadaïste

Et si pour respecter la nature, nous entrions réellement en communion avec elle ? C'est en somme l'idée-force du « Manifeste écosexuel » rédigé en 2008 par les artistes Annie Sprinkle (une ancienne star et grande dame du porno) et Beth Stephens, texte considéré comme la pierre angulaire de ce mouvement. On y retrouve la volonté de transformer la Terre Mère en Terre Amante, bousculant ainsi les rapports de hiérarchie et de domination car la Terre Mère, c'est celle qui est exploitée par l'homme patriarcal en général. En en faisant leur amante, les écosexuels entrent à contrario dans un puissant rapport de partenariat . Extrait du Manifeste : « Nous sommes écosexuels, la Terre est notre amante. Férocement amoureux d’elle, nous sommes en permanence reconnaissants de cette relation. Pour créer une union plus mutuelle et durable avec notre amante, nous collaborons avec la nature. Nous traitons la Terre avec respect et sensualité. Que nous soyons LGBTQI+, hétérosexuels, asexués ou autres, notre principale motivation et identité est l’écosexualité.» Aussi, sur le site sexecology.org, on peut trouver des vidéos de cérémonies de mariage avec un arbre, un lac ou une montagne. Un guide pour faire l'amour à la planète de 25 façons différentes est également mis à disposition, comme par exemple la masser avec ses pieds, la sentir, la goûter, faire circuler les énergies avec elle, le tout selon un nombre précis de fétiches (aquaphilie, terraphilie, pyrophilie, aérophilie...).

Une tendance bientôt mainstream ?

Entre la performance artistique, la revendication politique et l'élan hédoniste, l'écosexualité aurait entre 12 et 15 000 membres revendiqués dans le monde, et rencontre un certain succès chez la Gen Z et la communauté LGBTQI+. Dans le film WATER MAKE US WET (2019), Annie Sprinkle soutient d'ailleurs l'aspect émancipateur de cette pratique : « Le sexe négatif est alimenté par les tabous, les blocages et les névroses, qui créent des frustrations et des tensions. Le but de l’écosexualité est de se libérer de ça. L'endorphine, la chimie du plaisir, tout ça, cela rend le corps heureux et fort. Si tout le monde sur Terre était écosexuel, il n’y aurait plus de problèmes écologiques, politiques et économiques ! L’écosexualité est un amour de soi radical, et s’aimer, c’est aimer la Terre. Nous ne faisons qu’un avec elle, lui faire l’amour c’est comme se masturber. ». Une vision du monde qui fait son bonhomme de chemin, et qui commence à s'infuser dans les sphères « hypées », puisque en 2020, le créateur écossais Christopher Kane a placé sa collection printemps-été 2020 sous le signe de l'écosexualité. En attentant des films porno 100% écosexuels, peut-être est-ce là une solution efficace pour re-sensibiliser le genre humain à la nature ? En tout cas, cela reste toujours plus attractif qu'un discours d'écologie politique.

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