Et vous, CAM4, c'est votre came ?
Une webcam, une performeuse, un canal de discussion, des shows privés ou publics, une plateforme de diffusion, des tokens... Telle est la grammaire du camming, dont nous allons vous présenter l'un des sites les plus emblématiques : CAM4
L'art du voyeurisme
Avant d'aborder plus en profondeur CAM4, un peu de « background » concernant l'univers du camming nous semble nécessaire. Le camming est bien entendu intimement lié à l'essor d'Internet, et la première camgirl officielle fut l'artiste conceptuelle Jenny Ringley. Ainsi, en 1996 sur son site « JennyWeb », on pouvait mater sa vie quotidienne, mais aussi ses rapports sexuels et ses séances de masturbation. En ce sens, Jenny peut être considérée comme la doyenne des camgirls... En 1998, apparaît un site payant : AmandaCam. Avec en plus (et c'est une révolution pour l'époque), une possibilité d'interagir avec les viewers par la mise en place d'un canal de discussion. Amanda pouvait discuter alors plus de trois heures par jour avec les internautes, et instituait dès lors les codes du camming pour les décennies à venir. Depuis cette époque héroïque, le camming a connu un réel essor, si bien qu'aujourd'hui, il générerait plus de 2 milliards de dollars par an, soit presque la moitié de ce que rapporte la pornographie dans son ensemble. De fait, le camming a littéralement bouleversé l'industrie du X (modèle décentralisé, économie de production, démocratisation des talents, etc...), mettant une forte pression sur la pornographie traditionnelle. Un bouleversement qui a été également amplifié par la crise du COVID, car le camming a connu une croissance explosive essentiellement due aux mesures de confinement. Et Parmi les mastodontes du genre (LiveJasmin, Chaturbate, MyFreeCam), Cam4 n'a eu de cesse de faire preuve d'originalité, nous vous expliquons pourquoi.

Une marque très philanthrope ?
Crée en 2007 aux USA, les responsables de CAM4 ont assez vite pris la décision d'offrir des cours de camming aux cam-girls et cam-boys amateurs par une référence en la matière : Nikki Night. À ce sujet, Nikki décrivait son taf lors d'un entretien pour le site She does the City : « Quand j'arrive au bureau, la première chose que je fais est de commencer à répondre aux e-mails d'artistes quelque soit leur niveau d'expérience. Ils m'écrivent sur n'importe quoi, de la façon d'attirer plus de spectateurs aux choses folles qu'ils voient sur le site. Ensuite, je fais mes séances de coaching personnalisé, et je mets à jour en permanence le programme pour suivre les nouvelles technologies et la manière dont les artistes peuvent les utiliser. » Un coaching qui a porté ses fruits, puisque CAM4 est devenue la troisième plateforme de camming la plus suivie de marché. Une notoriété que le site a su exploiter d'une manière appropriée, en sponsorisant des causes positives comme le soutien à l'association The Amber Rose Slutwalk, qui lutte contre la discrimination des femmes TDS et l'égalité des droits LGBTQ+, en aidant financièrement la New York AIDS Walk ou en parrainant Pinapple Support, une structure qui offre un suivi psychologique aux TDS pour des sommes modiques. Actif aussi dans la culture, CAM4 a participé à la New York Fashion Week en 2016, en collaborant avec le créateur de bijoux Chris Habana, et ayant pour modèles François Sagat et Amanda Lepore. Si toutes ces initiatives peuvent être perçues comme du marketing ou du « brand-washing », il n'en reste pas moins qu'elles participent à une reconnaissance du « sex-positive » dans la société. Sans doute une raison de plus pour aller faire un tour dans ses rooms et mater l'un des nombreux talents (dont des pornstars comme Lylou Glams, Lina Luxa ou Ava Moore) en exhibition !




