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Le strip-tease ou l'inévitable montée du désir

« Déshabillez-moi, oui mais pas tout de suite, pas trop vite » chantait langoureusement Juliette Gréco, et ce titre pourrait tout à fait faire office d'hymne officiel du strip-tease. Mais où et comment a été inventé cette activité lubrique qui consiste à enlever une à une ses sapes sur de la musique ? Nous vous donnons quelques infos qui vous rendront incollables sur la question.

Pas de problème à l'allumage

Non, la Bible n'a rien d'un livre érotique, et pourtant, l'une des premières évocations écrites d'un strip-tease y figure : c'est celui bien connu de la diabolique Salomé, qui pour avoir les faveurs du roi Hérode, lui fait une « danse de sept voiles » de toute beauté. Sa prestation a d'ailleurs tellement bien marché qu'elle fit perdre la tête au pauvre Jean le Baptiste... Pratique ancestrale (le fait de se dévêtir en dansant était synonyme de rite de fertilité chez les Grecs anciens et la Rome antique), le strip-tease « moderne » – comme spectacle –, semble s'être développé en France, à la fin du 19e siècle. Et oui, encore une invention érotique dont notre beau pays peut se targuer. Sous le nom d'effeuillage, c'est au Moulin Rouge et aux Folies Bergères qu'apparaissent des tableaux vivants où des danseuses ôtent doucement leurs vêtements pour créer une atmosphère sensuelle. Pour l'anecdote, le premier strip-tease complet aurait été produit au cabaret Le Concert Lisbonne en 1894 par une certaine Blanche Cavelli. Deux hommes d'affaires, les frères Minsky s'emparent alors du concept et l'adaptent aux USA. L'effeuillage s'anglicise et s'appelle dès lors le « strip-tease », qui signifie à la fois « se déshabiller » et « allumer ».

Une pratique protéiforme

L'art du strip-tease conquiert alors le monde avec des stars comme Gypsie Rose Lee, Lili St-Cyr, Carol Dodda ou Rita Renoir, qui enflamment jusqu'après la Seconde guerre mondiale les planches des clubs de Paris, Las Vegas, New York et Los Angeles. Fait important dans ce milieu : la création dans les années 50 du Crazy Horse par Alain Bernardin. Au Crazy, les shows deviennent de plus en plus sexy, exigeants, travaillés et acquièrent leurs lettres de noblesse auprès du grand public. Dans les années 80/90, le féminisme s'empare de cette forme d'expression corporelle pour la détourner et la subvertir avec le new burlesque, qui milite pour une grande représentation des corps féminins. Des artistes comme Dita Van Teese, Gentry de Paris ou Miss Glitter Painkiller par exemple occupent dans ce courant le devant de la scène. Popularisé et « mainstreamisé », le strip-tease n'est ainsi plus cette pratique sulfureuse des bas-fonds, et se transforme en objet « pop-culturel ». Des films comme SHOWGIRLS (1995), CALENDAR GIRLS (2003), THE FULL MONTY (1997) – qui traitent des chippendales version prolo –, ou encore TOURNÉE (2010) magnifient chacun à leurs manières les strip-teaseuses/eurs et leur quotidien.

À vous de jouer

Le strip-tease est une manière efficace de faire monter le désir. De par sa progressivité. Sa façon de suggérer plutôt que d'immédiatement tout montrer. Plus érotique que pornographique, il répond à certains codes précis. Cependant, rien ne vous empêche de faire un strip-tease « amateur » dans votre intimité avec votre partenaire. Quelques règles simples sont à respecter pour mener cette opération avec succès : Être soi-même et faire fi de tous ses complexes ; s'habiller sexy avec différentes « strates » à enlever ; choisir avec soin son éclairage, son maquillage et sa musique ; s'entrainer un peu avant devant un miroir pour être sûr(e) de ses gestes ; jouer sensuellement avec ses cheveux ; bien prendre son temps, le strip-tease est un art de la lenteur ; et puis se lâcher jusqu'au climax, votre nudité ! Enfin, en bande-son de votre prestation, quelques conseils : You can leave your hat on de Joe Cocker, Rock your body de Justin Timberlake, Call out my name de The Weeknd ou Dance for you de Beyoncé. Voilà de quoi vous transformer en Mata Hari (une autre grande effeuilleuse célèbre) le temps d'un show, sa destinée tragique en moins...

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