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Quand le coronavirus fait tousser l'industrie du X

Posté par Jean François Frontera le 2 novembre 2020
L'année 2020 est catastrophique pour de nombreux secteurs de l'économie, l'industrie de la pornographie n'échappe malheureusement pas à cette règle. Et pourtant, nous sommes confrontés à un paradoxe : depuis le confinement, la fréquentation des sites X explose alors que l'existence de nombreux studios est menacée. Nous avons tenté de comprendre cet étrange phénomène.
À sec

Ce devait être une bonne année pour la célèbre pornstar américaine Jessica Drake. Pas mal de tournages, des voyages à l'international, des rencontres, des conventions... Mais comme elle l'a récemment confié au journal canadien Global News : « Depuis le confinement de mars, tout s'est brutalement arrêté. Cela a été un bouleversement complet dans ma vie et dans la vie de tous ceux que je connais dans l'industrie. » En effet, le 18 mars, les productions de studios aux USA et en Europe se sont stoppées, laissant des milliers de performeurs et les équipes de productions sur le carreau. Parmi les principaux sinistrés, les petites et moyennes structures, déjà mal en point avant la pandémie. Ainsi, d'après Cravates JW, boss des très fétichistes studios Desperate Pleasures : « Environ un tiers des entreprises du X risquent de fermer définitivement ou d'être absorbées par de plus grandes structures. » Bien que cet éco-système se soit remis en route cet été malgré de grandes difficultés (protocoles de voyages complexes, tests à grandes échelles pour tous les acteurs, problèmes de gestion des équipes de tournage), le nouveau confinement hivernal sonne comme un coup de grâce. Symbole d'une industrie malade, même l'indestructible Rocco Siffredi vient d'être déclaré positif au coronavirus.

La victoire du porn 2.0

Malgré ce déprimant constat, les chiffres sont formels : la fréquentation des plateformes pornographiques a augmenté d'au mois 20% selon le site d'information Mashable. Alors, à qui profite le « crime » ? Tout simplement à ce que l'on appelle l'industrie du X 2.0, à savoir les « tubes » qui recyclent à profusion du contenu piraté et de la vidéo amat' (Pornhub, xHamster, RedTube, etc...), mais aussi un nouveau venu, Onlyfans, sorte d'hybride réseau social/sex-camming (pour en savoir plus sur le sujet, voir notre article ici). Ce dernier a en effet connu une hausse de 75% de ses abonnés (plus grosse progression du secteur) et les raisons de son succès sont compréhensibles puisque totalement adaptées à cette période de crise. Un peu à l'image des « lives confinés » faits par les musiciens chez eux, Onlyfans permet aux actrices et acteurs de tourner du home-porno à moindre frais. Capitalisant sur leur fan-base, ces séquences minimalistes ne demandant aucune équipe de tournage et peu de ressources humaines peuvent vite devenir très rémunératrices. C'est là l'une des grandes leçons du porno en période de pandémie : l'individualité starifiée est passée au premier plan au détriment des studios qui la mettaient traditionnellement en valeur.

Le porno plie mais ne rompt pas

L'industrie pornographique a toujours su faire preuve d'une grande plasticité en surmontant dans sa courte histoire de nombreux obstacles (interdictions diverses, ostracisations, crises économiques, changements de paradigmes, etc...). La pandémie actuelle ne fait qu'accélérer et consolider un cycle déjà engagé depuis quelques années : celui de l'ultra « ubérisation » du X. Cependant, pour ne pas réduire à néant tout un pan plus « classique » de cette industrie, la meilleure chose à faire est de soutenir les petits et moyens producteurs en se masturbant devant leurs films. En attendant qu'une charte éthique de la branlette soit un jour écrite sur du papier toilette, vous pouvez toujours faire votre affaire sur du corona-porn (porno mettant en scène des infirmières et des malades du COVID) tout en souhaitant un prompt rétablissement à notre cher Rocco Siffredi.

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