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16 ans pour trouver le coupable : la terrible histoire vraie derrière la série Netflix SOUS SES YEUX

SOUS SES YEUX raconte le meurtre brutal de Rachel Nickell. Disponible sur Netflix (avec CANAL+), cette mini-série revient sur une enquête hors norme qui s’est étalée de 1992 à 2008, mais aussi sur les difficultés à se reconstruire pour le compagnon et le fils de la victime.

Une série captivante en trois épisodes

Après avoir marqué les esprits avec ADOLESCENCE (2025), Netflix récidive avec SOUS SES YEUX, une mini-série britannique en trois épisodes qui revient sur un terrible fait divers. En 1992, Rachel Nickell est assassinée dans le parc de Wimbledon Common, au sud-ouest de Londres. Si ce meurtre a particulièrement choqué à l’époque, c’est qu’il a eu lieu en présence du fils de Rachel, Alex, alors âgé de seulement 2 ans.

SOUS SES YEUX maintient dans un premier temps un certain flou entre les images d’archives et la fiction. On découvre d’abord des plans de Rachel, de son compagnon André Hanscombe et de leur fils Alex filmés à l’époque au caméscope. Puis, une caméra plus moderne capte un moment intime entre un père et son fils. Est-ce Alex, désormais adulte, avec son propre enfant ? Non, il s’agit bien d’acteurs qui rejouent la dernière matinée de la famille réunie.

Rapidement, le drame survient. La série se concentre alors sur l’enquête de la police pour trouver le coupable. Une investigation marquée par de lourdes erreurs policières, entre preuves non recevables et arrestation controversée. Mais la série s'attarde surtout sur ce qui se déroule en parallèle : le quotidien bouleversé d’André et de son fils. 

Ainsi, par plusieurs bonds dans le temps, on découvre leur difficulté à se reconstruire dans un autre pays pour fuir une presse britannique extrêmement invasive, et la relation conflictuelle entre le père et l’adolescent. Un choix pertinent de la part du créateur Rob Williams pour rendre SOUS SES YEUX d’autant plus bouleversant.

La véritable affaire Rachel Nickell

Bien que la série prenne quelques libertés scénaristiques, elle n’en demeure pas moins très proche de la réalité. Le 15 juillet 1992, Rachel Nickell a bel et bien été poignardée à 49 reprises puis violée devant son fils Alex. L’agresseur a ensuite pris la fuite, laissant l’enfant à côté du corps de sa mère. Le petit garçon a été retrouvé un peu plus tard par un passant, en train de répéter en boucle : « Réveille-toi maman ».

L’enquête policière a d'abord permis d’identifier un premier suspect : Colin Stagg. Cet homme, qui vivait dans le quartier de Roehampton, avait pour habitude de promener son chien dans le parc. Grâce à l’aide du psychologue Paul Britton, la police a établi le profil du tueur, ce qui l'a menée directement à Stagg. Mais, ne disposant d'aucune preuve concrète, les forces de l’ordre ont alors monté une opération secrète particulièrement controversée.

Nommée Opération Edzell, celle-ci consistait à faire entrer en contact une policière infiltrée avec Colin Stagg pour qu’il avoue le crime de lui-même. Durant cinq mois, l’agente a nourri une correspondance avec lui, partageant des fantasmes sexuels sombres. Elle est allée jusqu'à lui dire dans un enregistrement :

Si seulement vous aviez commis le meurtre de Wimbledon Common, si seulement vous l'aviez tuée, tout irait bien.

Une enquête résolue avec le temps

Bien que Colin Stagg ait affirmé à plusieurs reprises que ce n’était pas le cas, il a été inculpé après avoir décrit des détails de la scène de crime. Cependant, cette Opération Edzell a été vivement critiquée et le juge Ognall a refusé de prendre en compte les preuves obtenues par ce biais. Colin Stagg a donc été acquitté, mais sa vie en a été brisée pendant des années, l’opinion publique le considérant malgré tout comme le responsable du meurtre... du moins, jusqu’à ce que le véritable coupable ne soit arrêté.

Dès 2002, les nouvelles techniques d'analyse d’ADN ont permis de rouvrir plusieurs enquêtes inachevées. Après 18 mois d’analyses poussées sur les vêtements de Rachel Nickell, un échantillon d’ADN a été trouvé, permettant de disculper définitivement les premiers suspects. Cet échantillon restait cependant insuffisant pour trouver une concordance dans les fichiers.

C’est finalement en 2006 que la police a pu se pencher sur le cas de Robert Napper, déjà condamné pour un autre double meurtre commis en novembre 1993 (soit 16 mois après la mort de Rachel Nickell). Ses victimes étaient Samantha Bisset et sa fille Jazmine, âgée de 4 ans. Souffrant de schizophrénie paranoïde et du syndrome d'Asperger, Robert Napper a passé dix ans en hôpital psychiatrique de haute sécurité avant que les équipes de Scotland Yard ne viennent l'interroger au sujet de Rachel Nickell.

Le véritable coupable était Robert Napper

Plus d’un an après avoir été inculpé, Robert Napper a plaidé coupable d'homicide involontaire pour cause de responsabilité diminuée le 18 décembre 2008 lors de son procès. En raison de son état psychologique lourd, il est resté interné au sein de l’établissement psychiatrique de Broadmoor.

Grâce à cette résolution tardive, Colin Stagg a enfin reçu des excuses publiques de la part de la police britannique, ainsi qu’une indemnisation estimée à 706 000 livres sterling pour le préjudice subi.

En complément de la fiction, Netflix propose également le documentaire LE MEURTRE DE RACHEL NICKELL, qui montre à quel point SOUS SES YEUX colle à la réalité. En plus de nombreuses images d’archives, ce film offre aux véritables Alex et André la possibilité de s’exprimer pour, peut-être, refermer définitivement cette page douloureuse de leur vie.