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Attention, les bras cassés de Brassic reviennent

Pour sa quatrième saison, on retrouve avec le plus grand plaisir la bande de copains anglais de la série Brassic sur CANAL+, toujours occupés à arnaquer leur prochain et à survivre dans un monde décidément pas fait pour eux.

T’as pas 100 balles ?

Pour ceux qui ne parleraient pas l’argot anglais, le mot « brassic » signifie « fauché », « ruiné », « en galère ». Le terme colle parfaitement aux basques d’une bande jeunes de bras cassés occupés pendant trois saisons à survivre et à s’amuser en pleine misère sociale dans le Nord de l’Angleterre. Cela vous fait penser à Ken Loach ? Alors disons un Ken Loach qui aurait pris de l’ecstasy...

Au royaume des losers

Dans cette bande, il y a d’abord Vinnie, un voleur et dealer bipolaire qui vit tant bien que mal dans une cabane dans les bois, Dylan, son meilleur copain rencontré sur les bancs de l’école, Tommo, le beau gosse légèrement obsédé sexuel, Ashley surnommé Ash, le costaud capable de réduire en bouillie ses adversaires à la boxe, Cardi, un gentil garçon un peu neuneu qui est de l’avis de ses camarades « complètement inutile mais on l’adore » et JJ, le geek de la bande, le seul à savoir se servir de son cerveau et de tout ce qui est technologique. Bien sûr, à force de larcins et de bêtises, la police locale est à leurs basques et une partie de leur emploi du temps consiste à essayer d’y échapper.

Les deux sélectionneurs de cette équipe qui avait fait dès la première saison une entrée fracassante dans le monde des séries sont Joe Gilgun, acteur déjà remarqué dans la série Misfits et This is England (2006) – qui joue ici Vinnie, le personnage principal – et Daniel Brocklehurst, auteur de l’inénarrable série Shameless sur d’autres losers, nés de l’autre côté de l’océan Atlantique. Autrement dit, on entre avec eux dans les bas-fonds de la société anglaise où les meilleures des armes ne sont autres que la débrouillardise et l’humour.

Dès le premier épisode de la quatrième saison, on découvre leur étonnante capacité à voler des voitures et des poneys shetland, puis leur capacité à monter un braquage pour… payer les funérailles d’un vieux copain, Big Sandy. Chacun des six nouveaux épisodes est ainsi composé comme une histoire abracadabrante et hilarante. On retrouve avec plaisir de jeunes acteurs qui crèvent l’écran mais aussi un vétéran du monde des séries, Dominic West, le flic de The Wire (OCS) et le mari de The Affair. Bien sûr, la figure féminine incarnée par Michelle Keegan va remettre un peu de bon sens et d’ordre dans cette énorme pagaille. Face à cet étonnant cocktail, on ne peut s’empêcher de penser à quelques classiques du monde du cinéma comme Snatch de Guy Ritchie (2000), Fight Club de David Fincher (1999) ou le fameux Trainspotting (1996).

L’envers du décor de l’Angleterre ultralibérale

En d’autres termes, il est impossible de ne pas aimer ces losers qui racontent mieux que personne une autre histoire de l’Angleterre d’aujourd’hui, à mille lieux de Londres, de Buckingham Palace, celle d’un pays où l’entraide comme le vol et les arnaques sont devenus de véritables moyens de survie. Des héros modernes donc d’une tragi-comédie qui arrive au moment sur nos écrans où le pays ne s’est toujours pas remis du Brexit.

Brassic, saison 1 à 4, disponibles en intégralité seulement sur CANAL+.