Babyphone, le thriller audio d’Ana Girardot

Posté par Alexis Lebrun le 10 janvier 2023
Après Calls, la Création Décalée CANAL+ revient à la fiction audio avec Babyphone, un moyen-métrage écrit, réalisé et interprété par Ana Girardot, la meilleure ennemie de Marc dans La Flamme et Le Flambeau.
Parquet qui grince et croix sur les murs

Pendant une cinquantaine de minutes, Ana Girardot se glisse donc cette fois dans la peau d’Agathe, une jeune mère qui vient de déménager avec son compagnon Noah (Félix Moati) et leur bébé au fin fond de la campagne, dans une vieille maison typique des films d’horreur, avec le parquet qui grince et des croix sur les murs.

Comme tous les jeunes couples, Agathe et Noah fantasment la vie au vert près de la forêt : lui a ouvert un restaurant dans le village, et elle doit reprendre le travail en freelance après son congé maternité. Mais évidemment, rien ne se passe comme prévu. Après avoir découvert une chambre d’enfant cachée derrière un mur, ils décident d’y installer leur fils, malgré l’atmosphère très angoissante de la pièce. On pressent que quelque chose de grave s’est passé ici, mais quoi ?

Heureusement ou pas, un babyphone encore en état de marche se trouve toujours dans la pièce et permet à Agathe d’épier les moindres bruits en provenance de la chambre de son fils, à moins que tout cela ne soit qu’un piège…

Et, entre une voisine envahissante et flippante (Niseema Theillaud) et le maire du coin (Hippolyte Girardot) qui semble cacher des choses sur l’histoire de cette maison, il n’y a définitivement pas de quoi être rassuré.

En immersion dans le son

On l’est d’autant moins que le travail réalisé sur le son de Babyphone a bénéficié d’un soin tout particulier. Enregistré grâce à une drôle de tête binaurale, un dispositif encore relativement rare, il restitue tous les dialogues et bruits à 360 degrés, ce qui nous plonge totalement dans la peau des personnages.

Et ce sentiment d’immersion est également renforcé par le fait que Babyphone a été enregistré dans des décors naturels – maison qui grince et forêt qui craque – et non en studio comme la plupart des projets de ce genre.

Mais derrière ses apparences de thriller qui carbure aux jumpscares, cette fiction cache aussi une réflexion sur les difficultés de la maternité aujourd’hui, inspirée par la propre expérience d’Ana Girardot, devenue mère récemment.

Un thriller malin

Complètement submergée et épuisée par son rôle de mère, Agathe est en dépression post-partum – sans son psy (Cédric Klapisch) resté à Paris – et en plein burn-out parental, à cause notamment de Noah, qui ne s’occupe absolument pas de leur fils et s’énerve en plus de la voir trop fatiguée pour s’envoyer en l’air avec lui le soir.

Et alors qu’Agathe tente tant bien que mal de reprendre une activité professionnelle en télétravail tout en jouant son rôle de mère, elle réalise vite que c'est quasiment impossible sans une aide extérieure. À travers cette histoire, Ana Girardot évoque donc des problématiques très actuelles comme la charge mentale qui pèse principalement sur les mères, soumises comme Agathe à la pression d’être parfaites dans tous les aspects de leur vie.

Craignant d’être une mauvaise mère et de manquer du très controversé « instinct maternel », l’héroïne jouée par Ana Girardot est devenue totalement surprotectrice envers son fils, paniquant aux moindres pleurs ou bruits. Il ne vous reste donc plus qu’à enfiler un bon casque isolant et à fermer les yeux pour vous plonger dans ce thriller plus sérieux qu’il n’en a l’air.

Babyphone, disponible le 13 janvier sur CANAL+.