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Betty (OCS) : Hymne à la liberté féminine dans le monde du skate

Posté par La rédaction de CANAL+ le 5 Juin 2020
La série Betty a débarqué sur OCS, disponible avec CANAL+, le 2 mai dernier. Cet hymne à la liberté féminine dans le monde du skate dominé par les hommes, porte en elle un bien beau message d’espoir pour les femmes. Démonstration.

Petite soeur du film Skate Kitchen, la série Betty nous plonge dans l’univers du skateboard conjugué au féminin dans les rues de New York. Portée par un casting de jeunes femmes intrépides, il est difficile de ne pas voir les messages extrêmement féministes que défend la série.

Une série portée par les femmes

Derrière Betty se cache Crystal Moselle, une réalisatrice californienne de 39 ans. Mine de rien, le regard porté sur des femmes par des femmes change de l’emprise masculine que peuvent avoir certaines séries. Pour la série, Crystal Moselle s’est entourée du même crew de skate, The Skate Kitchen, qu’elle avait rencontré et qui avait donné le nom à son long-métrage dédié au skateboard à New York. On retrouve donc une énorme majorité de femmes aux commandes de la série et ça, tout le monde conviendra que nulles autres que les femmes peuvent aussi bien parler de sujets féminins.

The Skate Kitchen, un mouvement contestataire

À la base de la base donc, se trouve The Skate Kitchen, un crew de skateuses New Yorkaises qui se retrouvent régulièrement pour dévaler les rues de la grosse pomme sur leurs planches à quatre roues. La rencontre entre Crystal Moselle et les filles de la série,  Rachel Vinberg, Dede Lovelace, Nina Moran, Honeybear et Ajani Russell, est fortuite. Crystal Moselle les a simplement rencontrées un jour qu’elle traînait au skatepark. Le choix même du nom que ces filles se sont donnés, The Skate Kitchen, est revendicateur. Lassées qu’on leur dise que leur place se trouve dans la cuisine et non pas dans un skatepark, les filles ont choisi ce nom fort faisant du skatepark, leur nouvel endroit d’appartenance.

Des adolescentes qui affrontent un monde masculin

Le skateboard, parmi d’autres sports, est dans l’inconscient une discipline majoritairement pratiquée par les hommes. Si l’on réfléchit, on connaît des noms importants du skate Tony Hawk, Aurélien Giraud, Stacy Peralta...et, ce sont tous des hommes. Si la discipline est principalement menée par des hommes, Crystal Moselle offre une tribune à Rachel Vinberg, Dede Lovelace, Nina Moran, Honeybear et Ajani Russell, de jeunes skateuses qui ont fait des rues de New York leur terrain de jeu, où les filles doivent trouver leur place. D’ailleurs, la série représente très bien les difficultés pour ces jeunes filles de s’affirmer dans ce monde d’hommes. Entre Camille (Rachel Vinberg) qui a un pied dans un groupe masculin et l’autre, dans le groupe avec les filles, difficile de ne pas penser à cette scène où Indigo (Ajani Russell) entre en collision avec un autre skateur qui s’énerve alors sur elle. Ses amies lui disent de laisser tomber, ici, au skate park quand un skateur rentre dans un autre, c’est ok. Mais quand c’est une skateuse...les choses montent rapidement et pour cause, leur place n’est pas ici. Indigo apprend alors à skater la nuit, pour éviter d’être confrontée aux hommes. Dès lors, continuer à fréquenter les skateparks devient un geste quasi-militant.

Une volonté de démocratiser le skate…

Et de pousser les jeunes femmes à croire en leurs capacités à pouvoir être libres et faire ce qu’elles veulent. C’est l’un des messages de la série. Pour rappel, si vous avez vu Betty vous avez certainement noté cette scène où les héroïnes sont observées par une petite fille. Elles commencent alors à lui montrer comment se tenir sur un skate et, c’est ici que débarque son père qui la gronde. Cette scène est primordiale car elle montre l’emprise masculine sur les envies de son enfant. Au contraire, les filles de The Skate Kitchen représentent une certaine liberté de mouvements, de choix, d’être. D’ailleurs, comme un joli-pied de nez à l’autorité masculine, les filles déposeront par la suite un skate devant la porte de l’enfant. Le message est clair : fais ce que tu as envie de faire. Skate si tu veux skater et ne laisse personne te dicter ce que tu dois faire. En outre, comme pour souligner l’importance de la communauté de skateuse, le crew de The Skate Kitchen organise un rassemblement de skateuses et elles sont elles-mêmes étonnées de voir autant de filles venir au rendez-vous : la communauté existe bel et bien et il est temps de la faire vivre !

Un girl power évident

Les filles de Betty sont soudées et c’est bien là l’une des plus belles démonstrations du féminisme moderne. Toutes s’entraident et se soutiennent dans leurs choix et dans certaines épreuves de la vie quotidienne. Elles se soutiennent quand Indigo a des problèmes avec un dealer, elles aident Moonbear (Honeybear), en proie à la découverte de son homosexualité, à s’assumer et sont un soutien solide lorsque Janay (Dede Lovelace) est confrontée à de mauvais commentaires sur Internet.

Une liberté assumée

Enfin, dernier point explicité dans cet article : la liberté. Devant la caméra de Crystal Moselle, les filles de Betty ont l’air libres. Elles ont toutes un style vestimentaire différent, assumé et qui les place en position de force envers elles-mêmes. À regarder les 6 épisodes que contient la série, on finit par avoir envie d'apprendre à skater, de croquer cette liberté à pleines dents et cette appropriation de l’espace public dominé par les hommes par ce groupe de femmes. Dans Betty, un message est clair pour toutes les jeunes femmes de ce monde : soyez vous-mêmes, soyez fières, bref, soyez libres ! 

Betty, maintenant sur OCS avec CANAL+