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Bordertown, le nordic noir finlandais qui glace le sang

Posté par Alexis Lebrun le 29 juillet 2021
Énorme carton d’audience lors de sa diffusion en Finlande, Bordertown n’est pas un énième polar nordique. C’est l’une des meilleures séries récentes du pays des mille lacs, mais il faut avoir l’estomac bien accroché pour en profiter.
Le Sherlock finlandais

C'est bien connu, il n’est pas facile de concilier vie professionnelle et vie familiale. L’inspecteur de police Kari Sorjonen (Ville Virtanen) le sait mieux que personne : c’est un bourreau de travail passionné par son job, obligé de déménager avec sa famille dans une petite ville à la frontière entre la Finlande et la Russie, dans l’espoir de pouvoir passer plus de temps avec sa fille et sa femme, qui se remet tout juste d’un cancer du cerveau.

Malheureusement pour lui, Lappeenranta n’est pas une ville aussi paisible qu’elle en a l’air, et très vite, notre détective surdoué se retrouve avec des enquêtes toutes plus sordides les unes que les autres à résoudre. Pas de quoi l’effrayer, du moins sur le plan intellectuel, puisque Sorjonen est une sorte de fils spirituel de Sherlock Holmes et Gregory House. Doté de capacités de déduction hors du commun, c’est aussi un individu très emprunté socialement et qui a donc toutes les peines du monde à communiquer normalement avec ses collègues et ses proches.

Un fan célèbre

En même temps, il faut voir sur quoi travaille quotidiennement le bonhomme : entre les combats de chiens, les trafics de drogue ou d’êtres humains, le proxénétisme, les kidnappings et les viols, Bordertown est un polar particulièrement noir. Comme souvent dans les séries policières appartenant au genre « nordic noir » (ou scandi noir), cette violence n’est pas gratuite, mais permet d’aborder des problèmes de société importants, voire de se risquer sur le terrain politique. Tout cela, Bordertown le fait d’autant aisément qu’elle est découpée de façon originale : dans chacune des trois saisons, on trouve plusieurs enquêtes qui durent quelques épisodes, ce qui évite à l’intrigue de faire du surplace.

Et en même temps, la série prend son temps pour dévoiler ses secrets et révéler ses twists, en ne lésinant pas sur les plans aériens des paysages sombre et glacials de la Finlande, là encore dans la plus pure tradition du nordic noir. Bordertown est d'ailleurs reconnue comme l’une de ses meilleures représentantes récentes, ce qui lui a permis de s’exporter dans le monde entier, après avoir été regardée par une audience record dans son pays d’origine : un Finlandais sur cinq a suivi la première saison. En dehors de ses frontières, la série compte aussi un certain Stephen King parmi ses fans, ce qui n’est pas le moindre des accomplissements.

Bordertown saisons 1 à 3, disponibles sur CANAL+.