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D’Ally McBeal à The Undoing (OCS), retour sur la carrière de David E. Kelley

Posté par Alexis Lebrun le 3 novembre 2020
Depuis presque 35 ans, c’est l’un des scénaristes et producteurs de séries les plus prolifiques et les mieux rémunérés de la télévision américaine, mais aussi un vrai collectionneur d’Emmy Awards. Alors que David E. Kelley fait son retour sur OCS avec The Undoing, le moment est bien choisi pour se replonger dans ses meilleures séries. Attention, on espère que vous avez du temps devant vous.
Un drôle de shérif, la révélation (1992-1996)

À la fin des années 1980, David Edward Kelley a déjà abandonné son premier métier d’avocat depuis quelques années. Il a apporté une contribution décisive à une série judiciaire très réputée, La Loi de Los Angeles, pendant cinq saisons. Il a même déjà créé sa première série avec son mentor Steven Bochco : Docteur Doogie (avec Neil Patrick Harris), mais il voit plus loin. En 1992, il crée donc sa société de production et accouche de sa première série culte : Un drôle de shérif.

Il y narre les aventures des habitants d’une petite ville fictive (façon Bienvenue en Alaska ou Twin Peaks) du Wisconsin, en abordant des sujets sérieux peu répandus à la télévision à l’époque. La série n’est pas un carton d’audience, mais elle rafle une ribambelle d’Emmy et régale la critique. Après le départ de Kelley à la fin de la troisième saison, Un drôle de shérif passe de l’excellence à la médiocrité, ce qui conduit CBS à y mettre fin. La réputation de David E. Kelley n’est déjà plus à faire.

Ally McBeal, le phénomène (1997-2002)

Après s’être frotté à Urgences avec sa série médicale Chicago Hope, David E. Kelley lance la même année deux séries qui vont rester dans les annales. Mais la plus connue est incontestablement Ally McBeal, comédie romantique qui prend place dans un cabinet d’avocats et qui est centrée sur une héroïne et des personnages plutôt avant-gardistes pour l’époque.

Avec son savant mélange d’humour et de drame, ses guest stars en pagaille et sa bande-originale mémorable, Ally McBeal devient un véritable phénomène dans le monde entier, et fait de son interprète (Calista Flockhart) une star. Si l’héritage féministe d’Ally McBeal est très discuté aujourd’hui, ses apports et son influence sur l’histoire des séries sont assez incontestables. En 1997, David E. Kelley goûte donc pour la première fois au succès, et il ne compte pas s’arrêter là.

The Practice, la référence (1997-2004)

La même année qu’Ally McBeal, Kelley lance une autre série judiciaire qui se déroule dans un cabinet d’avocats. Mais cette fois, le ton est beaucoup moins léger. Au fil de ses huit saisons (168 épisodes), The Practice s’impose progressivement comme l’une des meilleures séries de l’époque, en abordant la justice et la violence de la société américaine sous un angle sombre et réaliste.

Bien avant The Good Wife, The Practice se démarque des visions souvent fantasmées données par les séries judiciaires américaines, et la mayonnaise prend grâce à des intrigues remarquables, un casting très solide et des guest stars qui ne font pas de la figuration. Même si on rigole beaucoup moins que devant Ally McBeal, The Practice devient donc la chouchoute des téléspectateurs et de la critique, et rapporte à David E. Kelley l’Emmy Award de la meilleure série dramatique deux années de suite. La deuxième fois (en 1999), il entre même dans l’histoire en recevant aussi celui de la meilleure série comique pour Ally McBeal.

Big Little Lies, le renouveau (2017-2019)

Après ce triomphe, la carrière de Kelley va malheureusement devenir un peu plus chaotique. Les quatre saisons de Boston Public ne sont pas restées dans les mémoires et Snoops est sa première série annulée après seulement une saison. Il y en aura beaucoup d’autres, comme Monday Mornings ou The Crazy Ones (avec Robin Williams et Sarah Michelle Gellar). Son retour à la série judiciaire avec Boston Justice (un spin-off de The Practice) est une réussite artistique, mais elle est nettement occultée par les séries révolutionnaires qui se multiplient au milieu des années 2000.

David E. Kelley revient finalement au premier plan en 2017 avec ce qui est peut-être sa meilleure série à ce jour : Big Little Lies. En adaptant le roman de Liane Moriarty sur les vies faussement parfaites de femmes incarnées par Nicole Kidman et Reese Witherspoon notamment, David E. Kelley s’est réinventé et a offert deux saisons inoubliables, marquées par travail léché de Jean-Marc Vallée puis Andrea Arnold à la réalisation. Résultat : une pluie d’Emmy Awards à la clé, et une carrière relancée pour Kelley.

The Undoing, la continuité (2020)

Pour consoler les fans de la fin de Big Little Lies, David E. Kelley et Nicole Kidman ont eu la bonne idée de se retrouver sur une nouvelle mini-série qui fait étrangement écho à leur première collaboration. En six épisodes là aussi adaptés d’un roman (signé Jean Hanff Korelitz), The Undoing se concentre en effet sur une thérapeute dont la vie en apparence très heureuse bascule lorsqu’elle découvre que son mari n’est peut-être pas celui qu’il prétendait être, alors qu’une histoire de meurtre et tromperie éclate et risque fort de l’impliquer.

Comme dans Big Little Lies aussi, Kelley a pu s’appuyer sur un casting hollywoodien, puisque le mari de Nicole Kidman est joué par Hugh Grant, son père par Donald Sutherland, et l’enquêteur principal par Édgar Ramírez. Et cette fois, c’est la réalisatrice danoise Susanne Bier qui est derrière la caméra, pour nous montrer ce qui se cache derrière les apparences des appartements cossus la haute société new yorkaise, en miroir des maisons hallucinantes de la côte californienne de Big Little Lies. Quant à Nicole Kidman, elle retrouvera encore David E. Kelley pour une nouvelle série adaptée d’un roman de Liane Moriarty avec Nine Perfect Strangers l’année prochaine, et on a hâte.

Big Little Lies saisons 1 et 2 et The Undoing épisodes 1 à 6 sur OCS, Ally McBeal saisons 1 à 5 sur FOX Play, disponibles avec CANAL+.