Dans la catégorie « spin-off de rêve », on demande le juge Roban, d’Engrenages

Retors et incorruptible, François Roban est un maillon plus qu’essentiel d’Engrenages. Alors qu’il s’apprête à prendre sa retraite, nous, on le verrait bien dans son propre spin-off, qui reviendrait sur sa jeunesse.

Avec sa silhouette oblique et agitée et ses allures à la Andy Warhol, le juge François Roban (Philippe Duclos) ne passe pas inaperçu au Palais.

Chez les téléspectateurs non plus : parmi la galerie de personnages qui font Engrenages depuis sept saisons, le magistrat est sans doute un des plus populaires.
 

Pourquoi ? Tout simplement car il est fascinant.

Comme ses camarades de la série, profondément seul et distant, cet incorruptible juge d’instruction, plein d’abnégation mais pétri de contradictions, est dévoué corps et âme à son job.

Assoiffé de vérité et de justice, on ne peut pas trouver plus droit que lui. Ce qui ne l’empêche pas, parfois, de commettre des erreurs, douter (beaucoup), ou sortir des clous pour mener à bien sa mission.
 

Un personnage complexe, qui doit beaucoup au « vrai » juge Gilbert Thiel (consultant sur la série), dont il serait intéressant de voir sa vie d’avant Engrenages.

On pourrait découvrir comment, jeune homme, il s’est engagé dans la magistrature en connaissance de cause, sachant que ça reviendrait à se sacrifier.

« Faire carrière et être juge d’instruction, c’est antinomique. Faire carrière, ça veut dire jouer le jeu de la hiérarchie, faire des petites concessions pour prendre des galons. Le juge d’instruction ne peut pas, c’est un chasseur solitaire, il recherche la vérité », expliquait Philippe Duclos chez France Inter. 
 

On verrait comment ce serviteur méticuleux de l’État est devenu ce qu’il est. Comment il a renoncé à sa vie privée, comment il s’est endurci (« L’espèce humaine ment, triche, trahit. Si vous n’arrachez pas la vérité, vous ne l’obtenez jamais »).

Comment il a aiguisé son flair, comment il s’est trompé parfois, et comment il a réussi, malgré tout, à garder son empathie. Et aussi, ses parts d’ombre, à quel moment il a consenti à faire des petites combines, pour mieux faire rejaillir la vérité… 
 

On comprendrait alors encore plus à quel point la retraite du juge est méritée. « Ça fait 40 ans que je m’introduis dans la vie des gens. Que je fouille leur passé, leur vie, que j’analyse leurs sécrétions. Ça m’a épuisé, fatigué, sans doute un peu détruit », a avoué le magistrat.

On veut bien le croire. Même si on aimerait bien continuer à le voir à l’œuvre…
 

Engrenages, Création Originale, disponible sur myCANAL.