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De The Wire à The Plot Against America (OCS), 20 ans de succès selon David Simon

Posté par Alexis Lebrun le 25 février 2020
On ne devient pas le showrunner préféré des 20 dernières années ni celui qui adapte Philip Roth par hasard. Avant le lancement de The Plot Against America le 17 mars sur OCS, on rembobine les séries marquantes de David Simon.

Dans le monde des séries, les showrunners dont le simple nom est mondialement connu ne sont pas si nombreux. On peut même réduire cette catégorie à un quintet de rêve à qui l’on doit quelques-unes des séries les plus réputées de l’histoire : David Chase (Les Soprano), ses deux anciens collaborateurs sur Les Soprano Matthew Weiner (Mad Men) et Terence Winter (Boardwalk Empire), mais aussi Damon Lindelof (Lost, The Leftovers, Watchmen), et bien sûr David Simon.

En vingt ans, cet ancien journaliste du Baltimore Sun (également écrivain) a observé et analysé de près la pauvreté, les trafics et la violence caractéristiques de cette ville. Mais c’est en passant aux séries à partir de la fin des années 1990 qu’il s’est vite imposé comme la référence incontournable du secteur. David Simon a créé pas moins de six séries pour HBO, toutes acclamées par la critique, et dont une est même considérée comme la meilleure jamais réalisée. Avant la diffusion imminente de son adaptation en minisérie du Complot contre L’Amérique de Philip Roth, retour sur un parcours sans faute.

The Corner (2000)

Cette série n’est pas la première expérience télé de David Simon, puisqu’il avait déjà travaillé sur Homicide, une adaptation de son livre Baltimore, déclinée en 122 épisodes par NBC entre 1993 et 1999. Mais The Corner est bien la première série lancée par David Simon sur HBO, et elle est également basée sur un livre dont il est l’auteur avec Ed Burns : The Corner: A Year in the Life of an Inner-City Neighborhood.

Diffusée en 2000, cette minisérie de six épisodes aborde déjà les thématiques fétiches de David Simon, à savoir les problèmes de drogue et de violence de Baltimore, vus par une famille qui vit dans un quartier très défavorisé de la ville. Cette série réaliste et sombre est un premier coup de maître aujourd’hui culte, et qui rapporte trois Emmy Awards à David Simon.

The Wire (2002-2008)

Peu de temps après, David Simon revient à Baltimore avec Ed Burns pour ce qui est clairement son chef d’œuvre : The Wire (Sur écoute). Celle qui est aujourd’hui acceptée comme la meilleure série de tous les temps n’a pas enregistré des audiences importantes au moment de sa diffusion, mais elle a depuis acquis une réputation inattaquable, grâce notamment un réalisme qui la rapproche souvent du travail documentaire.

Mais cette chronique de tous les problèmes de Baltimore s’appuie surtout sur des personnages (gangsters comme flics) écrits à la perfection et servis par un casting inoubliable. Chaque saison aborde une thématique différente (médias, école, politique…), et c’est à chaque fois une réussite totale. Inutile d’en dire plus, au-delà de Baltimore et des séries, The Wire est un monument de la fiction et de la culture populaire, une étude clinique de la société américaine contemporaine à la richesse inépuisable.

Generation Kill (2008)

Après avoir lâché cette bombe, David Simon ne s’arrête pas et retrouve Ed Burns pour s’attaquer à un autre sujet brûlant : la Guerre d’Irak lancée en 2003 par les Etats-Unis. Generation Kill est une adaptation du livre éponyme écrit par Evan Wright, racontant son expérience en immersion au sein d’un bataillon de Marines pendant l’invasion du pays.

La minisérie qui en découle pousse au maximum l’obsession du réalisme de Simon : Generation Kill se passe presque entièrement de musique, et comme The Wire, elle compte une quantité impressionnante de personnages. Bref, ce n’est pas un documentaire à proprement parler, mais c’est tout comme. Bilan : trois Emmy Awards (techniques) de plus, entièrement mérités.

Treme (2011-2013)

Une pépite trop méconnue du grand public, car un peu dans l’ombre écrasante de The Wire. Cette plongée dans un quartier (Treme) de La Nouvelle-Orléans juste après le passage de l’ouragan Katrina est une nouvelle série quasi-documentaire. David Simon y dépeint la réalité sociale de cette ville sinistrée en pleine reconstruction. Réalisme oblige, on retrouve de vrais habitants, et des acteurs venus de l’Etat de Louisiane.

La musique joue aussi un rôle central dans la série, puisque plusieurs artistes de la scène jazz du coin jouent dans Treme. Malgré des audiences moyennes, Treme a conquis la critique et réussi la performance de tenir quatre saisons en rendant simplement hommage à des américains trop souvent oubliés à l’écran. Elle n’en demeure pas moins passionnante, et son statut de série culte n’a rien d’usurpé.

Show Me a Hero (2015)

En 2015, Simon fait un retour à la minisérie avec une nouvelle adaptation d’un livre éponyme, cette fois publié par Lisa Belkin en 1999. David Simon y prend la direction de la banlieue de New York, et pour la première fois, ses personnages ne sont pas fictifs. Show Me a Hero met en scène les inégalités sociales criantes de la ville de Yonkers, et la ségrégation raciale qui continue de sévir, puisque l’histoire montre comment des WASP refusent l’installation de HLM près de chez eux.

Cette minisérie s’intéresse également de près au système politique américain, puisque le personnage principal est le maire de la ville Nick Wasicsko, qui est opposé au démantèlement des logements sociaux. Malgré un sujet complexe et un peu aride au premier abord, Show Me a Hero est une étude de cas très gratifiante pour le spectateur, et le fait qu’elle soit réalisée par Paul Haggis ne gâche rien.

The Deuce (2017-2019)

Après la politique, David Simon nous plonge en 2017 dans une époque et un contexte inédit pour lui : l’âge d’or de l’industrie du porno dans les années 1970 et 1980 à New York, après sa légalisation. The Deuce s’intéresse aussi à de grands problèmes de la ville comme les ravages de la drogue et la hausse incontrôlable du prix de l’immobilier.

Avec son casting impeccable et ses personnages hauts en couleur, The Deuce est peut-être la série la plus accessible de David Simon, mais cette nouvelle fresque sociale ne manque pas d’ambition pour autant. De bon augure avant l’adaptation de The Plot Against America !

Toutes ces séries, ainsi que The Plot Against America, minisérie diffusée en intégralité sur OCS à partir du 17 mars, sont disponibles avec CANAL+.