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Des gens bien ordinaires, saison 2 : l’humour comme arme de réflexion massive

La série phénomène d'Ovidie fait son grand retour sur Canal+ le 4 mars pour une deuxième saison. Après avoir remporté un Emmy Award en 2023, Des gens bien ordinaires continue d'explorer son univers dystopique où les rapports de genre sont inversés, avec une audace toujours plus affirmée.

Un héros en quête d'émancipation dans un monde dominé par les femmes

Dans cette société alternative imaginée par Ovidie, l'industrie pornographique est contrôlée par les femmes, tandis que les hommes y occupent une position subalterne. Après avoir fait ses débuts devant la caméra dans la première saison, Romain (Jérémy Gillet) tente désormais de s'affirmer comme réalisateur. Son ambition : créer des films plus artistiques et égalitaires, loin des codes imposés par ce matriarcat tout-puissant. Un désir d'émancipation qui se heurte rapidement à la résistance du système en place. Pour mener à bien cette bataille, il peut toujours compter sur Isaure (Raïka Hazanavicius) et Andrée, cette "vieille routière du porno" magistralement interprétée par Sophie-Marie Larrouy. Comme elle le confie dans Télérama, ce personnage lui permet "d'incarner tous les mecs qui ont fait chier Ovidie pendant toute sa carrière" - un rôle cathartique à travers lequel elle tourne en ridicule "cet archétype de gars cisgenre confit dans son impunité".

L'humour comme arme contre les traumatismes

Ce qui frappe dans cette nouvelle saison, c'est sa capacité à maintenir un équilibre parfait entre dénonciation des mécanismes d'oppression et légèreté salvatrice. Pour Sophie-Marie Larrouy comme pour Ovidie, "les pires soirées font les meilleures histoires" et l'humour reste l'arme la plus efficace pour dépasser les traumatismes. À travers huit épisodes courts (entre 8 et 17 minutes), la série questionne avec finesse notre rapport aux normes sociales. Dans ce monde inversé où l'imagerie pornographique est omniprésente mais où ceux qui y travaillent sont stigmatisés, chaque personnage doit trouver sa place. La question fondamentale traverse l'œuvre entière : "Est-ce que ça t'intéresse d'avoir une vie normale ?". Une interrogation qui résonne bien au-delà de l'univers de la série.

Une fable personnelle qui révèle les contradictions de notre époque

En s'inspirant librement de son propre parcours, Ovidie transforme une expérience intime en récit universel. Si la première saison puisait dans ses souvenirs d'actrice, cette deuxième salve d'épisodes s'inspire de ses débuts comme réalisatrice. Ce qui aurait pu n'être qu'une autofiction se transforme en chronique sociale, questionnant avec acuité les rapports de pouvoir : "Est-ce qu'on peut vraiment devenir réalisateur sans devenir un tyran ?". Dans ce contexte, l'apparition de Judith Godrèche prend une résonance particulière, renforçant l'ancrage contemporain de cette fiction pourtant située au début des années 2000. Une série qui continue de se démarquer dans le paysage audiovisuel et où l'ordinaire n'est jamais synonyme de normal !

Des gens bien ordinaires saison 2 est disponible avec CANAL+