Imma Tataranni, la substitut du procureur qui secoue l’Italie

Posté par Marc Larcher le 4 juillet 2022
C’est reparti ! POLAR+ présente la deuxième saison de la série policière italienne dans laquelle une magistrate doit résoudre des crimes complexes tout en menant à bien sa vie personnelle compliquée dans une société machiste.
Un métier infernal pour une personnalité hors du commun

Elle tire la tronche mieux qu’aucune actrice avant elle. De la première saison à la deuxième, Imma Tataranni (Vanessa Scalera) est comme ça : tous les sentiments qui la traversent se lisent sur son visage. Et avec le métier qu’elle fait, elle en voit vraiment de toutes les couleurs. Imma n’est pas flic, elle n’est pas juge, elle n’est pas avocate non plus mais elle exerce un peu tous ces métiers à la fois car elle est substitut du procureur. Avec ses propres méthodes de travail, disons peu orthodoxes.

Des crimes et de l’humour

En s’intéressant à ce métier méconnu, la série italienne de Francesco Amato inspirée des romans de Mariolina Venezia a tiré le gros lot. Cela lui permet de raconter des enquêtes criminelles dans le détail - en se passant des scènes vues des milliers de fois : l’enquêtrice avance dans une maison inconnue pistolet et lampe électrique en mains – tout en tirant le portrait d’une femme moderne dans un pays qui ne l’est pas vraiment. L’autre bonne idée, c’est d’avoir choisi de l’installer dans une petite ville, Matera, dans la superbe région de Basilicate près des Pouilles, et non dans une métropole comme Rome ou Milan. Attention, la série policière est loin d’être sombre car l’humour italien, mélange d’absurde et de grotesque, fait mouche. Pour preuve, on garde en mémoire cette scène hilarante de l’épisode 5 de la saison 1 située sur les sublimes hauteurs de la ville, en pleine garigue au-dessus de profondes gorges. Lorsqu’est remonté d’une grotte le cadavre d’un homme disparu depuis une quinzaine d’années, le médecin légiste, personnage récurrent un peu fantasque, observe le corps qu’il trouve sublime en raison de sa déshydratation comparable au « processus de momification de l’Egypte antique ou… à la fabrication du salami ! ».

Pour la saison 2, la substitut se trouve en vacances à Paris avec sa fille Valentina qu'elle élève seule. Imma n'a pas le temps de poser ses valises qu’elle reçoit un appel en urgence : un crime a été commis dans sa région. Le corps d’Angelo Saraceno, un importateur de produits laitiers de Basilicate, a été retrouvé dans les bois par son supérieur hiérarchique, le procureur Vitali. Sur le front personnel, les choses se compliquent également car le maréchal Calogiuri, qui était parti à l'étranger après avoir embrassé Imma, revient à Basilicate. Il aimerait reprendre leur histoire là où elle s'est arrêtée mais la magistrate doit se concentrer sur son épineuse enquête. Pire, son mari Pietro a décidé de changer de vie et souhaite quitter son travail pour ouvrir un club de jazz… On le voit, la série ne cesse de passer d’une situation complexe à l’autre et l’héroïne doit constamment jongler entre les obstacles policiers, judiciaires et personnels.

Une héroïne moderne

Sans faire de bruit, la série Imma Tataranni dresse un portrait approfondi de l’Italie contemporaine et des fléaux que le pays affronte : corruption politique, trafic d’antiquités, mafia, pollution, violence des mœurs, poids archaïque de la famille… Surtout, les épisodes de cette nouvelle saison montrent comment une femme, écrasée par un métier infernal et une société faite pour les hommes, parvient tout de même à y mener sa barque. En un mot, c’est un des personnages féminins les plus aboutis du monde des séries.

Découvrez la saison 2 d'Imma Tataranni dès le 18 juillet sur POLAR+, disponible sur CANAL+.