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Jeune et Golri (OCS) : le stand-up et la maternité subie vus par Agnès Hurstel

Posté par Alexis Lebrun le 30 août 2021
À seulement 30 ans, son nom est en train de devenir incontournable. Après les comedy clubs, un spectacle décapant, une chronique sur France Inter, et avant plusieurs rôles au cinéma, Agnès Hurstel lance sa première série sur OCS le 2 septembre. Sélectionnée au festival Séries Mania de Lille, Jeune et Golri fait souffler un vent de liberté et fraîcheur sur la fiction française.
Belle-doche de 25 ans

Avant d’évoquer le stand-up, Jeune et Golri est d’abord une série qui explore un sujet très rarement abordé par la fiction française, la maternité non choisie des femmes en couple avec des hommes souvent plus âgés et qui ont déjà une descendance. Ici, l’histoire est celle de Prune (Agnès Hurstel), une jeune stand-uppeuse de 25 ans qui tombe sous le charme de Francis (Jonathan Lambert), un daron rincé de 46 ans qui élève une petite fille, Alma (Jehanne Pasquet). Alors qu’elle est encore en âge de faire la bamboche comme si demain n’existait pas, voilà que Prune se retrouve officiellement intronisée belle-mère.

Cette situation donne bien sûr lieu à quelques tensions parfois hilarantes car Prune et Alma doivent s’apprivoiser, et la deuxième semble souvent plus mature que la première… Qui décide – grave erreur – de faire de cette cohabitation très conflictuelle le thème central d’un de ses spectacles, sans prévenir son mec. Mais derrière l’humour et les situations touchantes, Jeune et Golri a aussi le grand mérite de poser de façon très frontale pas mal de questions intimes autour de la sexualité, du désir féminin et de la place de la maternité dans la vie des femmes. Le tout avec une grande liberté de ton et en n’ayant pas peur de la nudité.

Stand-up, ton univers impitoyable

On l’a dit, la créatrice, scénariste et actrice principale de la série est elle-même une stand-uppeuse, dont le spectacle Avec ma bouche faisait déjà montre des qualités évoquées à l’instant. Pour Agnès Hurstel, Jeune et Golri est donc un projet éminemment personnel : inspirée par sa propre expérience du stand-up et des comedy clubs, la série raconte avec une certaine tendresse les galères des débuts dans ce milieu, puisque le personnage de Prune manque d’inspiration pour son premier spectacle, ce qui la pose face au dilemme d’utiliser ou non son histoire personnelle pour percer.

Jeune et Golri permet aussi de comprendre la concurrence qui règne dans ce milieu à Paris, et elle le fait en s’appuyant sur d’autres véritables artistes du stand-up, comme Paul Mirabel et Nordine Ganso, qui comme Agnès Hurstel jouent des personnages fictifs.

Une nouvelle génération de femmes

Derrière Agnès Hurstel et ce projet, on retrouve aussi au casting deux nouveaux talents et visages révélés au grand public sur Instagram l’an dernier : Marie Papillon et Lison Daniel (Les Caractères). Leurs vidéos ont été l’une des rares bénédictions de l’année 2020, et leur talent reste intact devant la caméra de la réalisatrice de Jeune et Golri, Fanny Sidney. Si vous aimez les séries françaises, ce nom vous dit forcément quelque chose, puisqu’elle a joué le rôle de Camille pendant quatre saisons de Dix pour cent (Netflix), avant de passer une première fois derrière la caméra pour la série Brigade mobile (Arte).

Son travail sur Jeune et Golri est impeccable, bien emballé par un générique kawaï et une bande-son aussi fraîche que le propos de la série. Quant à Agnès Hurstel, elle sera bientôt à l’affiche de pas moins de trois films : On sourit pour la photo (François Uzan, 2022), Un homme heureux (Tristan Séguéla) et Z (comme Z), le film de zombies de Michel Hazanavicius prévu pour l’année prochaine. Elle est également à la coécriture du scénario de Salade grecque, série qui prendra la suite de la trilogie de Cédric Klapisch. En attendant de réenfiler bientôt – on l’espère – sa casquette de stand-uppeuse.

Jeune et Golri épisodes 1 à 8, diffusés à partir du 2 septembre sur OCS, disponible avec CANAL+.