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LEGENDS : la série Netflix est-elle tirée d'une histoire vraie ?

Netflix vient de dévoiler les six épisodes de sa nouvelle mini-série (à moins qu'une saison 2 soit officialisée), LEGENDS. On démêle le vrai du faux de cette série d'espionnage britannique que vous pouvez également retrouver sur CANAL+.

Les LEGENDS de Beta Projects

Dans les années 90, la Grande-Bretagne rentre en guerre contre le trafic de drogues alors que la cocaïne ou l'opium rentrent chaque jour par kilos sur le territoire. Mais face au manque de moyens, le service des douanes tente une nouvelle approche : recruter divers agents du bureau et les infiltrer, à peine formés, au sein des organisations criminelles pour mettre la main sur les trafiquants.

Voici comment se présente LEGENDS, une série Netflix en six épisodes, à retrouver aussi sur CANAL+, avec notamment Tom Burke (THE INSIDER, FURIOSA) et Steve Coogan (TONNERRE SOUS LES TROPIQUES) en figures de proue. Un show qui adapte librement le livre The Betrayer, paru en 2022 et coécrit par Guy Stanton et Peter Walsh. Guy Stanton qui est à la fois consultant sur la série et source d'inspiration du personnage principal incarné par Burke.

Le bouquin y raconte l'histoire des Beta Projects, une unité ultra-secrète des douanes britanniques dans laquelle des agents se voyaient incarnés des « légendes » sans réel soutien de leur gouvernement. The Betrayer est la finalité d'une longue série d'enquêtes pointant du doigt l'opacité de ces opérations ainsi que la difficulté pour ces hommes et femmes de retrouver une vie normale après avoir passé tant d'années sous une fausse identité, avec un certain sentiment d'abandon de l'État.

Peter Walsh est journaliste d'investigation alors que Guy Stanton était l'un des membres des Beta Projects. Il avait ainsi infiltré un gang en se faisant passer pour un « logisticien » dont le père londonien était un vieux bandit exilé à Amsterdam. Une identité qui lui a coûté sa vie personnelle.

Des zones d'ombres

Si The Betrayer peut être vu comme un témoignage tout ce qu'il y a de plus réel, il faut néanmoins nuancer. Tout d'abord, la parution tardive du livre est due à des sujets judiciaires sensibles et à certains éléments jugés secret défense. C'est bien là le cœur du problème.

Car, hormis Stanton et Walsh, il y a peu de sources « officielles » de l'existence des Beta Projects du fait de leur nature extrêmement confidentielle. Bien que plusieurs articles, podcasts ou documentaires aient tenté de mettre en lumière ces actions d'infiltration, les zones d'ombre demeurent nombreuses sans confirmation du gouvernement ou d'autres témoignages d'anciens agents.

Et si, officiellement, il y a assez d'éléments pour affirmer que l'État britannique a bien infiltré des agents au sein des trafics de drogues dans ces années-là, beaucoup parlent du recrutement d'anciens criminels, mais peu de cette équipe pas vraiment formée à mener une vie hors du cadre. Il faut dire aussi que le sujet est délicat, certains ayant dû accomplir plusieurs actes illégaux sans aucun soutien des forces de police. Il est donc presque logique de voir le sujet être mis sous le tapis pendant plusieurs décennies.

Néanmoins, avec la sortie du livre et l'arrivée de LEGENDS sur Netflix, il se pourrait que les Beta Projects obtiennent une mise en lumière inédite, poussant, peut-être, d'anciens partenaires de Guy à donner leur version des faits.