Aller au contenu principalAller à la recherche

MONSTRE : l'histoire vraie d'Aileen Wuornos et son rapport avec Lizzie Borden

Lizzie Borden n’est pas la seule tueuse célèbre à apparaître dans la nouvelle saison de MONSTRE, disponible sur Netflix avec CANAL+. À partir du quatrième épisode, Sarah Paulson entre en scène dans le rôle d’Aileen Wuornos, condamnée pour six meurtres en Floride au début des années 1990. Un personnage déjà rendu célèbre au cinéma par Charlize Theron dans MONSTER. Mais quel rapport existe vraiment entre Aileen Wuornos et Lizzie Borden ?

Aileen Wuornos, l’une des tueuses en série les plus célèbres des États-Unis

L’histoire d’Aileen Wuornos se déroule presque un siècle après celle de Lizzie Borden. Née en 1956 dans le Michigan, elle connaît une enfance particulièrement chaotique, marquée par les violences et l’abandon, puis quitte très jeune le foyer familial. Pendant des années, elle vit notamment de prostitution et accumule les problèmes avec la justice.

Entre 1989 et 1990, sept hommes sont tués en Floride et Aileen Wuornos reconnaît les homicides après son arrestation en janvier 1991. Elle affirme d’abord avoir agi en légitime défense face à des clients qui tentaient de l’agresser ou de la violer. Ses déclarations évolueront ensuite à plusieurs reprises et six affaires aboutissent finalement à des condamnations pour meurtre.

Les tueurs en série les plus connus étant presque exclusivement des hommes, l’affaire Wuornos devient rapidement un phénomène médiatique. Elle passe plus de dix ans dans le couloir de la mort avant d’être exécutée par injection létale en Floride le 9 octobre 2002, à 46 ans.

Hollywood s’empare de son histoire dès l’année suivante. Patty Jenkins réalise MONSTER, avec Charlize Theron dans le rôle d’Aileen et Christina Ricci dans celui de sa compagne, personnage inspiré de Tyria Moore. La transformation de Charlize Theron et son interprétation impressionnent largement et elle remporte l’Oscar de la meilleure actrice en 2004.

Netflix avait déjà consacré un documentaire à l’affaire en 2025 avec AILEEN : QUEEN OF THE SERIAL KILLERS, construit notamment à partir d’archives et d’entretiens réalisés avant son exécution, qui ont d'ailleurs servi de matériau de base à Ryan Murphy et à Sarah Paulson.

Quel rapport entre Aileen Wuornos et Lizzie Borden ?

Historiquement, aucun lien direct n’existe entre les deux femmes. Lizzie Borden meurt en 1927, près de trente ans avant la naissance d’Aileen Wuornos. MONSTRE : L'HISTOIRE DE LIZZIE BORDEN choisit donc de créer sa propre filiation entre elles.

Le quatrième épisode quitte brutalement les années 1890 pour rejoindre Aileen Wuornos en 1988. Dans la série, cette dernière connaît parfaitement l’histoire de Lizzie et semble fascinée par elle (elle dit même s'appeler Lizzie Borden lorsqu'elle fait du stop). Elle va même séjourner dans l’ancienne maison des Borden à Fall River. Lizzie devient alors pour elle une sorte de figure tutélaire, une femme accusée d’avoir commis l’impensable près d’un siècle avant elle.

Ryan Murphy et Ian Brennan utilisent surtout le personnage d'Aileen pour prolonger leur réflexion sur la violence féminine.

La série pousse cette idée jusqu’à ses dernières minutes. Lizzie et Aileen partagent ainsi plusieurs scènes, dont une marquante après l’exécution de Wuornos, quand celle-ci se réveille dans l'au-delà et se retrouve face à Lizzie et Maggie qui l'emmènent "ailleurs". MONSTRE fait ainsi traverser à Lizzie près d’un siècle d’histoire américaine pour la relier directement à une autre femme devenue, elle aussi, une véritable icône du true crime.

La comparaison fonctionne surtout sur le terrain choisi par la série. Toutes deux ont été transformées en figures de la culture populaire, toutes deux ont inspiré quantité de films, livres et documentaires, et leur violence a été très largement racontée à travers leur condition de femmes. En reliant l’histoire de Lizzie Borden à celle d'Aileen Wuornos, la série devient donc aussi le point de départ d’une réflexion sur la manière dont l’Amérique fabrique ses « monstres » féminins.