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No Offence : une saison 3 plus politique pour les enquêtrices de Manchester

Posté par Alexis Lebrun le 18 septembre 2021
Pour ses adieux, la série policière britannique de Paul Abbott a décidé de lier sa dernière affaire de meurtre à un groupe d’extrême-droite. Un choix pertinent qui permet à No Offence de se renouveler et de faire écho à l’actualité du pays.
Perfide Albion

Cette troisième et dernière saison de No Offence démarre pied au plancher : dès le premier épisode, l’un des personnages principaux du casting est brutalement assassiné dans l’exercice de ses fonctions. Ce drame intervient lors d’un débat politique pour les élections à la mairie de Manchester, où des activistes d’extrême-droite manifestent de façon véhémente contre deux candidats trop à gauche à leur goût. Un tireur se cache parmi eux et tente d’assassiner la challenger Caroline McCoy, mais c’est finalement un membre de la police qui décède de ses blessures.

On ne vous dit évidemment pas qui pour ne pas vous gâcher la surprise, mais cette ouverture choquante donne le ton d’une saison où la commandante Vivienne Deering est encore plus en roue libre que les années précédentes. Bien décidée à se venger de ce meurtre avec ses collègues, elle se lance corps et âme à la poursuite du tueur, qui appartient à un groupe extrémiste nommé Albion. Leur leader est aussi soupçonné d’être le complice à moto du suspect, mais cet homme détestable entouré d’un cercle de fidèles déterminés n’est pas facile à coincer. C’est d’autant plus vrai quand des considérations politiques et certains collègues de Viv s’en mêlent pour des raisons parfois obscures…

Adieu Paul Ritter

Le visionnage de cette saison 3 de No Offence ne laisse pas indifférent non plus car on y retrouve pour une des dernières fois le visage du très regretté Paul Ritter, décédé brutalement d’une tumeur au cerveau cette année à seulement 54 ans. L’acteur apporte comme d’habitude son flegme tout britannique au rôle excentrique de Randolph Miller, mais la série de Paul Abbott (Shameless) reste avant tout une affaire de femmes, puisque le trio d’enquêtrices constitué par Viv (Joanna Scanlan), Dinah (Elaine Cassidy) et Joy (Alexandra Roach) fait son retour en grande forme. On dénombre aussi de nouvelles venues au casting, et en premier lieu deux transfuges du teen drama britannique Journal d'une ado hors norme : Sharoon Rooney et Claire Rushbrook. La première joue la sœur fanatisée du leader d’Albion (interprété lui par Neil Maskell, le Winston Churchill de Peaky Blinders), tandis que la deuxième incarne Marilyn, la nouvelle cheffe pas commode de Viv.

Mais rien ni personne ne peut stopper l’ouragan Vivienne Deering, et comme lors des saisons précédentes, ces six nouveaux épisodes de No Offence sont menés avec une énergie folle par ce groupe de femmes qui jurent comme des charretières dans un anglais argotique dont on se délecte toujours en version originale. Ces personnages et cette liberté de ton vont nous manquer, et on ne peut que regretter que la série prenne fin au moment où elle commençait à se risquer sur un terrain comme l’extrême-droitisation de la société britannique, même si ce choix n’est finalement pas si surprenant. Car en décidant de confier trois rôles principaux de flics à des femmes qui se fichent pas mal des conventions, No Offence a toujours été par essence une série politique.

No Offence saison 3, diffusée à partir du 11 septembre sur POLAR+, disponible avec CANAL+. Les deux premières saisons sont visibles en intégralité sur myCANAL.