Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Paris Police 1900 : Un voyage ultra réaliste dans le Paris de 1900

La Création Originale Paris Police 1900, à voir dès le 8 février sur CANAL+, nous montre un Paris que l’on ne connaissait pas.

Dans Paris Police 1900, on est loin des images d’Épinal qu’on accole d’ordinaire à la Belle Époque. Exit le faste des tableaux d’Auguste Renoir ou d’Édouard Manet, montrant des bals au Moulin de la galette ou les Folies Bergère.

Ici, on est plutôt à hauteur de pavé, dans un Paris réaliste et crasseux à la Zola, suintant la misère humaine, avec ses rues sales recouvertes d’affiches, ses tripots sombres éclairés à la bougie, ses bords de Seine où flottent des cadavres… Ou même ses abattoirs de la Villette, un lieu lugubre, où les bouchers règnent en maîtres. On y entend le râle des animaux, et on imagine sans peine l’odeur…

Ceux-ci ont été reconstitués dans une usine de filage abandonnée à Balagny-sur-Thérain (Oise). Pour ce faire, le chef décorateur Pierre Quefféléan (qui a reçu le César du meilleur décor pour Au revoir là-haut) s’est appuyé sur des documents d’époque : « Il y a tout un travail préalable de recherche poussée de documentation. (…) On a un témoignage photographique extraordinaire dès la fin du XIXe. J’ai puisé dedans pour en retirer l’essentiel », a-t-il expliqué.

Ainsi, la préfecture de police, au 36 quai des Orfèvres (en partie reconstituée en studio), apparaît comme une véritable ville dans la ville. Un lieu archaïque, inquiétant et tentaculaire, peuplé d’hommes qui complotent, plein de couloirs et de bureaux mansardés, assez kafkaïen, dans lequel on n’aimerait pas être interrogé.

« Il y a encore des endroits dans cette ville où l’on vit au Moyen Âge », dit d’ailleurs un des personnages, après avoir passé une nuit en cellule.

On évoque aussi un lieu bien moins connu, mais ô combien terrifiant : la prison pour femmes de Saint-Lazare, fermée en 1927. Celle-ci a notamment « accueilli » Louise Michel et Marguerite Steinheil.

Heureusement, Paris Police 1900 met également en scène des lieux plus agréables, comme des hôtels particuliers cossus. Les costumes ne sont pas en reste, grâce au travail de la costumière trois fois césarisée Anaïs Romand, qui s’est basée sur « des faits réels et historiques », et a donné une identité forte à chaque personnage.

L’Histoire, c’est le fil conducteur de cette série à la fois policière, historique et politique, qui donne à voir des personnages bien connus, comme le président Félix Faure, le préfet Lépine, la demi-mondaine Marguerite Steinheil, le directeur du journal L’Antijuif Jules Guérin, le pionnier de l’anthropométrie judiciaire Alphonse Bertillon…

Et surtout, met en scène le Paris explosif de 1900, secoué par l’affaire Dreyfus, déchiré entre les ligues nationalistes, antisémites ou anarchistes. Un terrain parfait pour la fiction.

S’inscrivant dans la tradition du feuilleton policier français, Paris Police 1900, avec ses complotistes, ses courtisanes et ses meurtres, n’a rien à envier aux polars américains comme Le Dahlia noir.

Elle déroule l’ample fresque de la Belle Époque avec une grande précision : le créateur de la série, Fabien Nury, a effectué un long et méticuleux travail de documentation. « La vérité est dans les détails », a-t-il expliqué. La Belle Époque a désormais son roman noir.

Paris Police 1900, Création Originale, une série de 8 épisodes de 52 minutes créée par Fabien Nury. À retrouver en intégralité sur CANAL+.