Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Pourquoi il faut (re)voir The Wire (OCS), le chef-d’œuvre de David Simon

Posté par Alexis Lebrun le 8 juin 2020
Peu populaire lors de sa diffusion dans les années 2000, l’œuvre de David Simon est devenue un monument de la télévision et une référence pour tous les amateurs de séries exigeantes qui prennent leur temps. Alors pourquoi est-ce qu’on vous bassine toujours avec The Wire ?
Parce que c’est une œuvre unique et radicale

The Wire n’est pas une série télé comme les autres. Elle est la création d’un ancien journaliste du Baltimore Sun, véritablement obsédé par le réalisme de ce qu’il veut montrer, à savoir tout ce qui gangrène cette ville parmi les plus pauvres des Etats-Unis. Chaque saison aborde un thème différent (drogue, politique, école, médias…) ; et si la fibre sociale de The Wire en fait une vraie série politique, elle a surtout un aspect plus proche du documentaire.

Ici, on ne retrouve pas d’acteurs très connus (le casting est majoritairement noir, une rareté à l’époque), l’histoire est lente, complexe et offre plusieurs niveaux de lecture, et la réalisation est parfaitement sobre, sans effets de manche. Et c’est un compliment, puisque cette série que l’on qualifie parfois de naturaliste est aussi comparée à de grands classiques de la littérature pour sa dimension romanesque (on y revient juste après). Toutes ces caractéristiques peuvent sembler déstabilisantes au premier abord, mais elles font toute l’originalité de The Wire.

Parce que ses personnages sont inoubliables

Omar Little le gangster gay flamboyant, Stringer Bell le businessman du deal en costard, Jimmy McNulty le flic dépassé par sa vie privée… David Simon a mis un point d’honneur à s’appuyer sur des personnages romanesques qui marquent durablement le spectateur, alors même que le casting est d’une longueur impressionnante. Et le développement des personnages ne se fait jamais au détriment du réalisme : la série montre un milieu très violent, et personne n’est à l’abri de la mort.

De même, The Wire est appréciée pour son absence de manichéisme entre les personnages de la police et du trafic de drogue. Quels que soient leurs failles, la série pose un regard sensible sur leur complexité et remet en cause la machine qui les broie au quotidien. Il n’y pas de héros, The Wire scrute d’abord la ville de Baltimore dans ses dimensions politiques et sociales pour en faire un personnage à part entière, et un symbole de tous les travers de la société américaine actuelle.

Parce que c’est l’une des meilleures séries du monde, tout simplement

Si tout le monde vous répète en boucle depuis des années que vous devez voir The Wire, c’est peut-être qu’il y a de bonnes raisons derrière, comme on vient de le montrer. La série est considérée à peu près partout comme la meilleure de l’histoire, et même si cette affirmation est largement contestable, sa notoriété comme sa pertinence ne faiblissent pas avec le temps. Au contraire, la précision clinique de The Wire est toujours remontrée pour être étudiée et disséquée sous de nouveaux angles, on y fait référence un peu partout dans la pop culture, et plusieurs générations et catégories de spectateurs se l’approprient partout dans le monde.

C’est d’ailleurs la série préférée d’un certain Barack Obama. Bref, si l’audience de The Wire a triplé sur la plateforme de streaming de HBO depuis le début du confinement aux Etats-Unis, ce n’est pas pour rien. Et on parle d’une chaîne à qui l’on doit les seules autres séries qui peuvent prétendre au titre de meilleure série de l'histoire, preuve que cette performance veut dire quelque chose.

The Wire saisons 1 à 5 sur OCS, disponible avec CANAL+.