We Own This City (OCS), série coup de poing sur des flics corrompus

Posté par Marc Larcher le 25 avril 2022
Vingt ans après la série The Wire, David Simon et George Pelecanos écrivent à nouveau une série policière à Baltimore pour raconter une terrifiante histoire de flics corrompus. Un récit en immersion plus vrai que nature.
Le retour des créateurs de The Wire

C’est un événement attendu depuis plus de vingt ans par les fans de série. Et il y a encore quelques semaines, l’information n’avait (presque) pas filtré, c’est dire si l’excitation est à son comble. David Simon, l’auteur de la série The Wire, chef d’œuvre incontesté du genre et carrément comparé – c’est d’ailleurs justifié – à « La Comédie Humaine » d’Honoré de Balzac, et son camarade l’écrivain George Pelecanos reviennent sur les écrans. Mieux, ils reviennent également sur leur sujet préféré, la ville de Baltimore, cité violente qui semble concentrer à elle seule tous les problèmes de l’Amérique.

Un casting plus que crédible

On croyait qu’ils avaient tout dit pendant les six saisons de leur première collaboration mais il restait encore un angle mort. Celui de la corruption des policiers. Pour cela, les scénaristes s’appuient sur le livre-enquête que le journaliste Justin Fenton a consacré à la “Gun Trace Task Force", un groupe de travail conçu pour éloigner les criminels violents des rues de Baltimore, afin de faire baisser les statistiques de meurtres dans la ville. En un mot, cette bonne idée sur le papier s’est très vite transformée en fléau sur le terrain. Car en ayant les coudées franches, cette unité se met à arrêter n’importe qui dans la rue, à devenir elle-même violente, les agents commencent à voler l'argent des personnes qu'ils estiment suspectes, à faire des perquisitions illégales, puis à fabriquer des preuves pour mieux extorquer l'argent des trafiquants de drogue. En un mot, les flics luttant contre la criminalité se mettent à fonctionner comme une organisation criminelle à part entière. À leur tête, on retrouve une des vraies gueules du cinéma, Jon Bernthal, déjà excellent dans la série consacrée au personnage de la galaxie Marvel, The Punisher. Cette fois-ci, l’acteur au nez cassé incarne le sergent Wayne Jenkins, un flic qu’on voit peu à peu devenir ripou. La révélation de la série reste néanmoins  Wunmi Mosaku, superbe dans le rôle d’une avocate de la division des droits civiques du ministère de la Justice devant enquêter sur les officiers de police corrompus. Première épreuve, elle découvre que si ceux-ci sont souvent mis en cause, ils ne sont jamais punis par leur hiérarchie... On retient également l’acteur Josh Charles, originaire de Baltimore, en flic violent qui ne comprend pas pourquoi on lui cherche des poux. L’ensemble donne à la mini-série un troublant aspect documentaire comme s’il s’agissait d’un véritable reportage.

Une police gangrénée par la violence et l’appât du gain

Bien sûr, ce sont tous les maux de la société américaine qui remontent vite à la surface. Le racisme endémique qui mine les forces de l’ordre car l’histoire se déroule deux ans après des émeutes causées par la mort d’un jeune homme noir nommé Freddie Gray. Le culte de l’argent, identique chez les policiers et les dealers. La lourdeur administrative aussi qui paralyse les institutions et qui les pousse à se concentrer sur les statistiques et les procédures plutôt que d’examiner la réalité et de trouver des solutions adéquates. Et enfin une dernière chose, la volonté de certains policiers à vouloir s’affranchir à tout prix de leur devoir. Ainsi, revient à plusieurs reprises cette phrase que les flics expérimentés disent aux nouveaux venus : « Oublie ce que tu as appris en formation, oublie les stages de sensibilisation, ici c'est Baltimore ». Sous-entendu, on peut faire ce qu’on veut, dès lors la corruption peut commencer.

We own the city, dès le 26 avril en US+24 sur OCS disponible avec CANAL+.