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Schitt’s Creek, la série comique phénomène qui nous sauve de la morosité

Posté par Alexis Lebrun le 15 juin 2021
Disponible pour la première fois en France sur CANAL+, la série canadienne qui a fait une razzia historique aux derniers Emmy Awards constitue le remède idéal pour oublier la période actuelle. Alors si vous voulez rire à vous en tenir les côtes et que vous ne diriez pas non à un cocon rassurant, rejoignez-nous à Schitt’s Creek, on vous promet que vous ne le regretterez pas.
Une comédie TRÈS attachante

Les prémices de Schitt’s Creek sont trompeuses. La série s’ouvre sur une apparente descente aux enfers, celle d’une famille richissime (les Rose) qui perd tout dans une histoire d’escroquerie. Ruinés, ses quatre membres sont contraints d’aller vivre dans une petite ville provinciale nommée Schitt’s Creek, achetée « pour rire » en guise de cadeau d’anniversaire en 1991 pour le fiston. Ils emménagent donc dans le motel miteux du coin, et le choc est évidemment rude pour cette famille habituée au luxe, et qui se retrouve pour la première fois confrontée à des habitants qui vivent beaucoup plus simplement. La mère (Moira) est une ancienne actrice-star de soap opera qui collectionne les perruques et vit très mal ce déclassement, tout comme ses enfants pourris-gâtés David et Alexis. Cette dernière représente notamment la fille à papa mondaine typique de la télévision américaine, autocentrée et obsédée par la recherche de l’homme idéal, tandis que son frère brille par sa prétention et sa méconnaissance du monde du travail. Quant au père (Johnny), c’est un ancien géant des vidéoclubs qui tente tant bien que mal de sortir sa famille de cette situation inattendue et inédite.

Mais on l’a dit : ces apparences sont trompeuses. L’humour de la série ne repose qu’en partie sur le choc entre cette famille vaniteuse et cette ville pas vraiment glamour. La caractéristique de Schitt’s Creek, c’est de ne pas être méchante mais plutôt bienveillante avec ses personnages. Très rapidement, on s’attache aux membres de la famille Rose, d’autant plus qu’au lieu de les enfermer dans des stéréotypes, la série les fait évoluer au contact des habitants de Schitt’s Creek. Et ces derniers sont au moins aussi attachants, qu’il s’agisse de Roland Schitt, le maire très malaisant de la ville, de Stevie, la géniale employée pince-sans-rire du motel, ou encore de l’adorable Twyla, la serveuse de l’unique restaurant de la ville. Tous ces personnages contribuent au fait qu’on se sent bien dans cette petite ville rurale irréelle, où aucune forme d’intolérance ne semble exister. L'exemple le plus frappant est celui du personnage de David, qui est pansexuel, et dont l'orientation est représentée naturellement et sans développement tragique, ce qui tranche avec la moyenne des fictions. Eh oui, on peut se bidonner devant une série sans que cela se fasse aux dépens d’une minorité, et Schitt’s Creek le prouve de façon éclatante.

Une histoire de famille

Si la complicité entre les personnages de Schitt’s Creek est si visible à l’écran, c’est peut-être parce qu’on retrouve derrière ce projet plusieurs membres de la même famille. Schitt’s Creek est en effet une création d’Eugene Levy et de son fils Dan, qui reprennent ces rôles dans la série puisqu’ils incarnent respectivement Johnny et David. Totalement hilarant dans le rôle du père de la famille Rose, Eugene Levy était auparavant surtout connu comme interprète du père du personnage principal des films American Pie.

À ses côtés, les superlatifs manquent pour qualifier la prestation de Catherine O'Hara (la maman de Maman, j’ai raté l’avion) dans le rôle de Moira, la drama queen absolue et la mère très excentrique de la famille Rose, dont l’accent et le vocabulaire improbables rivalisent d’originalité. Et comme l’acteur Dan Levy qui joue son frère (David Rose) dans Schitt’s Creek, la canadienne Annie Murphy (Alexis Rose) s’est révélée en tant qu’actrice grâce à son rôle dans la série. Enfin, n’oublions pas qu’une troisième membre de la famille Levy figure au casting : la cadette Sarah, qui joue le rôle de la serveuse Twyla évoquée plus haut.

Une reconnaissance tardive mais phénoménale

Après avoir évolué dans l’ombre d’autres séries comiques pendant des années, les membres du casting de Schitts Creek que l’on vient d’évoquer ont eu droit – comme la série – à la consécration en septembre 2020. En effet, Schitt’s Creek a eu l’an dernier une chance rare dans le paysage des séries : elle a fait ses adieux au sommet. Après s’être conclue en avril 2020 au terme de six saisons dont la qualité n’a fait qu’augmenter (comme la popularité du show), Schitt’s Creek a en effet récolté une pluie de nominations (quinze !) puis de récompenses aux derniers Emmy Awards. Jugez plutôt : meilleure série comique, meilleur acteur pour Eugene Levy, meilleure actrice pour Catherine O'Hara, meilleur acteur dans un second rôle pour Daniel Levy, meilleure actrice dans un second rôle pour Annie Murphy, meilleure réalisation et meilleur scénario.

Vous ne rêvez pas, il s’agit bien d’un grand chelem de TOUTES les catégories majeures pour une série comique. Cette razzia est une première historique aux Emmys – comédies et drames inclus –, tout comme le fait pour une série d’empocher des victoires dans les quatre catégories réservées aux acteurs et aux actrices, le tout la même année ! Mieux vaut tard que jamais, et grâce à cette reconnaissance plus que méritée, le public français va maintenant enfin pouvoir goûter au plaisir réconfortant de se réfugier dans Schitt’s Creek.

Schitt’s Creek saisons 1 à 6, bientôt disponibles sur CANAL+.