Snowfall : une fin qui nous laisse en PLS
Depuis sa diffusion il y a quelques jours, on ne se remet toujours pas du dernier épisode de l'une des grandes séries épiques de ces dernières années. Retour sur la fin de parcours totalement inattendue réservée à Franklin Saint par les scénaristes de Snowfall.
Une surprise de taille
Avant le début de la saison finale de Snowfall, nous nous demandions si Franklin pouvait échapper à la mort qu'à peu près tout le monde lui prédisait pour ses adieux aux fans de la série. Mais comme nous, les scénaristes ont sans doute pensé que cette porte de sortie était un peu trop prévisible. Ils ont donc imaginé quelque chose de très différent, et il faut saluer l'efficacité de l'effet de surprise. On rembobine.
Après avoir vu sa mère flinguer Teddy en pleine rue alors que ce dernier s'apprêtait à lui rendre la moitié des 73 millions de dollars subtilisés à la fin de la saison précédente, Franklin pète légèrement les plombs. Il se met à boire pour la première fois dans un bar, et il ne lui faut pas longtemps pour se transformer en un alcoolique notoire digne de son père. Il tente par tous les moyens de se refaire financièrement, mais toutes ses tentatives échouent.
Bien protégé par son crew, Leon refuse de céder à ses menaces. On peut en dire de même de Veronique : prise littéralement à la gorge par Franklin – qui n'accepte pas de la voir prendre des initiatives dans son dos –, elle vide leur compte en banque et met les voiles avec leur fils à naître.
Quant à la mère de Franklin, désormais emprisonnée dans l'attention d'un procès où elle encourt la perpétuité, elle refuse d'adresser la parole à son fils et de l'autoriser à vendre sa maison, ce qui a le don de faire enrager ce dernier.
Trois mois plus tard, Franklin pense tenir un bon filon lorsque Top Notch lui fournit l'adresse de Peaches, devenu toxicomane. Mais sur les 5 millions de dollars volés à Franklin, il ne lui reste que… 12 000 dollars, cachés dans un coffre dont l'ouverture a "nécessité" un triple meurtre aussi tragique que pathétique.

Une boucle bouclée là où tout a commencé
Trois ans plus tard, on découvre que Franklin vit reclus, barricadé et protégé de la lumière du jour dans la maison achetée pour sa mère. Complètement alcoolique et paranoïaque, il est persuadé d'être surveillé par la CIA alors que ses voisins se demandent surtout s'il est en vie. Méconnaissable et mentalement très atteint, il reçoit la visite de Leon, et l'emmène en promenade pour une scène finale absolument touchante dans les rues de Los Angeles, là où tout a commencé dans le premier épisode.
Les palmiers et le soleil sont toujours là, mais sous l'effet de la drogue largement diffusée par l'empire passé de Franklin, le quartier a radicalement changé entre 1986 et 1990, et le voilà contraint d'errer dans ce cauchemar à ciel ouvert comme s'il s'agissait de sa punition divine.
Cette balade est l'occasion pour la série de mettre en évidence de façon concrète les conséquences directes de l'épidémie de crack sur la population noire de la ville, mais aussi de rendre un hommage direct au créateur de la série John Singleton (décédé en 2019), avec un clin d'œil drôle et touchant au tournage de son premier film culte, Boyz n the Hood (1991), qui s'intéressait déjà à ce quartier de South Central à cette période.
Dans les dernières secondes de la série, la police vient saisir la maison en raison des impôts impayés par Franklin. Officiellement SDF et démuni de toute possession, celui qui était obsédé par l'argent dit à Leon qu'il est son meilleur ami, qu'il est libre et qu'il va bien, avant d'errer seul dans la rue sa bouteille à la main, au son du grand Pride de Kendrick Lamar.
Six ans après ses débuts, Snowfall a bouclé la boucle de Franklin Saint de la plus belle des manières. Quelle descente aux enfers, et quelle fin de série.

Snowfall saisons 1 à 6, disponibles sur CANAL+.
