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Une série d’espionnage grinçante et brillante sur Apple TV+

Cinquième saison pour SLOW HORSES, la série britannique qui allie humour noir et action au sein d’un service secret de laissés-pour-compte. Une série d’espionnage qui doit son succès à l’exploitation de la figure de l’anti-héros.

Une galerie de personnages tous plus cyniques les uns que les autres

Ce qui caractérise SLOW HORSES, c’est avant tout la dissonance de ton qu’elle apporte au monde de l’espionnage. Ici, aucun cliché de beauté, de force, d’intelligence ou d’élégance. Au contraire, la série prend le contre-pied de tous les poncifs du genre. Imaginez une bande de bras cassés, tous mis au placard pour mauvais comportements au sein du MI5, réunis dans un taudis sous la coupe d’un chef au comportement absolument abject… et vous serez encore loin du compte.

Tous les protagonistes sont égocentriques, passent leur temps à rabaisser et insulter leurs collègues en pointant leurs principaux défauts. Et des défauts, ils en ont : alcoolisme, addictions (drogue, jeu), tendances psychopathes, paranoïa, syndrome de stress post-traumatique… la liste est longue.
S’ils parviennent parfois à renverser des situations dangereuses et délicates, c’est toujours après avoir semé le chaos, y compris au sein des services secrets eux-mêmes. On est loin de l’efficacité d’Ethan Hunt, campé par Tom Cruise dans MISSION : IMPOSSIBLE.

La revanche des sans-grades

Et c’est bien tout l’intérêt de SLOW HORSES, qui s’approprie l’adage biblique : « Les derniers seront les premiers. » La série dépeint une micro-société — les renseignements de la Couronne — comme un miroir de la société anglaise actuelle.

D’un côté, les agents du Park, lookés comme des MEN IN BLACK, ultra-connectés, dopés à la testostérone, qui pourraient tout aussi bien être des employés de la City. De l’autre, les mal fagotés, prolétaires du renseignement, qui transportent leurs courses dans des sacs en plastique, se nourrissent de junk food et roulent dans des voitures poubelles.

À ce petit jeu, la working class cabossée par la vie s’avère pourtant bien plus efficace que les agents aux têtes et aux corps parfaits. Avec des techniques anciennes et des moyens rudimentaires d’espionnage, l’équipe dirigée par Jackson Lamb — véritable détritus humain, capable de roter ou de péter devant un ministre — nous régale par sa capacité à déjouer les faux-semblants d’une société aseptisée.

Et l’on jubile de voir ces losers devenir, peu à peu, indispensables au service de Sa Majesté.