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Work in Progress saison 2 : Abby n’en a pas fini avec les soucis

Posté par Alexis Lebrun le 26 août 2021
Alléluia, la sensation des séries queer est enfin de retour ! Et quel bonheur de retrouver le personnage lesbien de Work in Progress, qui en plus de ses névroses va aussi devoir gérer cette saison l’arrivée d’une certaine pandémie…
À la recherche du psy idéal

On s’en souvient, la première saison de Work in Progress s’achevait (SPOILER) sur une note douce-amère, puisque le personnage principal – Abby McEnany dans une version romancée d’elle-même – décidait heureusement de ne pas se suicider, après une saison entière passée à jeter chaque jour une amande jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucune, et qu’elle décide d’en finir avec sa dépression et les troubles obsessionnels compulsifs qui la rongent au quotidien. Dans le même temps, l’histoire d’amour qu’elle vivait avec l’homme trans Chris (Theo Germaine) a aussi pris fin de façon très douloureuse, et les conséquences de cette rupture sont explorées dans cette saison 2.

Mais en tant que créatrice, scénariste, productrice et actrice principale de la série, Abby McEnany est formelle : Work in Progress n’est pas une série sur la recherche de l’amour à tout prix. Celle qui se qualifie elle-même de « grosse gouine queer » juge – à raison – comme écrasant le modèle du couple vendu par la société comme un idéal à atteindre coûte que coûte. Conséquence, dans cette saison 2, Abby ne recherche pas l’amour idéal mais le psy idéal, car notre héroïne a des critères tellement nombreux et précis qu’elle enchaîne et jette les thérapeutes aussi vite qu’un masque de protection contre le Covid-19.

Des retours en pagaille

En parlant du Covid, comme Betty, une autre excellente série ouvertement queer sortie avant elle cette année, on sait déjà que Work in Progress intègrera à son intrigue de cette saison la pandémie, mais aussi le mouvement Black Lives Matter. On ne sait pas encore sous quelle forme, mais gageons que les scénaristes (dont la légende transgenre Lilly Wachowski, créatrice entre autres de Sense8 pour Netflix) sauront aborder ces sujets très délicats avec le mélange d’humour et de gravité qui caractérise la série. Si l’on se fie aux deux premiers épisodes diffusés, cette saison 2 de Work in Progress a en tout cas le potentiel pour être aussi brillante que la première. La série explore les racines des troubles dont souffre Abby, notamment dans le formidable deuxième épisode, constitué en immense majorité de flashbacks sur les différentes étapes mouvementées de l’enfance et de l’adolescence de l’héroïne. Ces références à l’enfance sont toujours illustrées par le journal que tient Abby depuis tant d’années, et qui occupe une place centrale dans les premiers épisodes.

Vivant désormais en colocation avec son amie Campbell, qui ne peut plus retourner chez elle depuis la mort de son chien, Abby va aussi devoir se faire pardonner – et surtout se pardonner à elle-même – ses terribles paroles à l’encontre de Chris à la fin de la saison 1. Et toujours dans la catégorie pardon, l’humoriste du SNL Julia Sweeney est elle aussi de retour pour jouer une version romancée d’elle-même, après avoir été confrontée aux critiques d’Abby sur son célèbre personnage androgyne, Pat. Le couple génial que Julia forme dans la série va également perdurer pour notre plus grand plaisir, puisque Weird Al Yankovic sera de nouveau présent au casting en tant que guest star pour jouer la version fictive de lui-même où il est le mari de Julia. Il ne nous reste plus qu’à espérer que la chaîne américaine Showtime renouvelle la série pour une troisième saison, car Work in Progress s’impose cette année encore comme l’une des meilleures comédies noires vues à la télé, et elle reste surtout une série importantissime pour la place nécessaire qu’elle donne à la communautés LGBTQ+ sur le petit écran. Ce qu'elle est encore trop seule à faire pour le moment, malheureusement.

Work in Progress saison 2, diffusée à l'heure US jusqu'au 27 septembre. La saison 1 est toujours disponible en intégralité sur CANAL+.