Yellowjackets, la série phénomène de ce début d’année

Posté par Alexis Lebrun le 16 février 2022
Diffusée à l’automne de l’autre côté de l’Atlantique, cette nouvelle création Showtime a fait sensation auprès du public en talonnant les audiences historiques de Dexter : New Blood. Avant son arrivée sur CANAL+ le 3 mars, il est donc temps de faire les présentations avec Yellowjackets, la série qui va hanter vos nuits.
Sa Majesté des guêpes

En anglais américain, « yellowjacket » est un terme désignant des espèces de guêpes prédatrices particulièrement agressives. Et si l’on vous dit que la série d’Ashley Lyle et Bart Nickerson est inspirée du grandissime classique de la littérature britannique d’après-guerre, Sa Majesté des mouches (1954), vous devriez normalement ressentir au minimum une certaine curiosité. Car dans Yellowjackets, il n’est pas question d’un groupe d’enfants anglais coincés sur une île comme dans le roman de William Golding. Certes, il y a bien un crash d’avion, mais les victimes sont des lycéennes d’une équipe de foot qui devaient se rendre à un match.

À la place, elles vont devoir faire comme les héros du livre (survivre) tout en s’organisant en attendant l’arrivée des secours. Problème : l’avion de nos héroïnes est tombé au milieu de la nature sauvage canadienne, et on sait dès le départ qu’elles vont devoir se débrouiller seules pendant pas moins de dix-neuf mois. Forcément, elles n’en sortiront pas toutes vivantes, d’autant que Yellowjackets croque à pleines dents – c’est le cas de le dire – dans un tabou pourtant incontournable dans ce genre de récit de survie : le cannibalisme. Si vous avez déjà vu le film Les Survivants (Frank Marshall, 1993), qui raconte l’histoire vraie des survivants d’un crash d’avion dans la cordillère des Andes, ça devrait aller. Sinon, bienvenue en terre inconnue.

Flashforwards et mystères à gogo

Bien sûr, de telles pratiques laissent quelques traces, et Yellowjackets a donc la bonne idée de se dérouler sur une deuxième temporalité qui prend place de nos jours, soit 25 ans après les faits. On y retrouve certaines des héroïnes – pas toutes évidemment – à l’âge adulte et jouées par de nouvelles actrices. En apparence, elles mènent désormais des vies normales et font comme si de rien n’était, en cachant soigneusement au grand public ce qu’elles ont dû se résoudre à faire pour survivre. Elles évitent également de parler des affrontements entre clans cannibales, des fêtes nocturnes déguisées avec des costumes flippants, et des mystérieux rituels collectifs qui ne le sont pas moins.

Malheureusement pour elles, une prétendue journaliste commence à creuser cette affaire appétissante. Elle constitue une menace sérieuse pour Shauna, femme au foyer frustrée dont le potentiel a été gâchée, Taissa, une femme politique lesbienne qui candidate à de hautes fonctions, Natalie, une punk à l’esprit libre, hantée par ses addictions et qui aime bien la compagnie des armes à feu, ou encore Misty, ancienne assistante de l’équipe, et ado étrange devenue une personnalité menaçante. Cette liste pas exhaustive esquisse une galerie de personnages féminins fascinants, tourmentés par des mystères qui se multiplient au fil des épisodes comme au bon vieux temps de Lost (Disney+).

Casting costaud

Incontestablement, Yellowjackets se distingue par son scénario et sa réalisation, qui naviguent habilement entre une flopée de genres, du folk horror au survival horror en passant par le thriller gore à suspense, l’horreur psy, le récit initiatique de teen drama ou le conte paranormal. Mais il faut aussi mentionner la qualité de la distribution, avec en tête la géniale Christina Ricci (La Famille Addams), mais aussi Melanie Lynskey (Mrs. America sur CANAL+) et Juliette Lewis (Les Nerfs à vif, Tueurs nés, Strange Days, Une nuit en enfer).

Du côté des jeunes actrices, il y a quelques confirmations et révélations, avec Sophie Nélisse (Monsieur Lazhar), Jasmin Savoy Brown (Evie dans le chef-d’œuvre The Leftovers sur OCS), Ella Purnell (Sweetbitter sur STARZPLAY, Army of the Dead sur Netflix) ou encore Sophie Thatcher, aperçue très récemment dans Le Livre de Boba Fett sur Disney+. Et la très bonne nouvelle, c’est qu’on devrait retrouver une bonne partie de ce casting à l’avenir, puisque la série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison, sachant que les deux têtes pensantes de la série ont déjà imaginé un scénario couvrant cinq saisons. On croise les doigts pour que ça arrive.

Yellowjackets, dès le 3 mars sur CANAL+.