Coupe du monde : La France va jouer la petite finale, mais à quoi sert-elle ?
Battus par l’Espagne (0-2), les Bleus vont clôturer leur Coupe du monde avec la « petite finale ». Un match pour la 3e place, samedi 18 juillet à 23H00, à la saveur toujours particulière.
Aussi éphémère que ponctuel, le débat concernant l’utilité d’un match pour la 3e place refait surface à chaque Coupe du monde. Il faut généralement attendre les demi-finales pour se souvenir de son existence, avant d’être totalement éclipsé par la finale, la grande.
Mais puisque les Bleus ont pris rendez-vous avec ce match si particulier, le moment semble venu de s’y intéresser (un peu) plus que d’habitude. Et entre belles suprises et Souliers d’Or qui s'affirment, ces petites finales ont parfois changé l’histoire de la Coupe du monde.
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Une tradition depuis 1934
L’histoire de ce match de classement est presque aussi vieille que la Coupe du monde elle-même. Absente en 1930, pour la première édition du Mondial, la petite finale a fait son apparition en 1934. Installée, elle restera une tradition indéboulonnable de la compétition, à l’exception de 1950 et son format particulier.
L’objectif premier est sportif puisqu’il permet à la FIFA de désigner un troisième, et, par la même occasion, de distribuer une médaille de bronze. Mais sa tenue offre aussi un match à enjeu, dans un stade et une ville qui n’a pas la chance d’organiser une finale.
Ses invités en profitent surtout pour prolonger la fête, quand une demi-finale représente déjà une petite victoire. La France, surprise du Mondial 1958, avait terminé sur une belle note en battant l’Allemagne de l’Ouest (6-3), championne en titre. Le Portugal en 1966, la Suède en 1994, la Croatie de 1998 et la Turquie quatre ans plus tard en sont d’autres réussites.

Pour les déçus, cette rencontre est souvent pénible avec des joueurs encore étourdis. Les Bleus avaient la tête à Séville en 1982 (2-3 face à la Pologne), mais se sont rattrapés quatre ans plus tard (4-2 contre la Belgique). Le Brésil ne s’était pas remis du cauchemar allemand de la demi-finale (1-7) et n’avait pas sauvé les honneurs en terminant au pied du podium (0-3 face aux Pays-Bas).
Kylian Mbappé sur les traces de Just Fontaine ?
Si l’UEFA a décidé de mettre fin à ces petites finales depuis le championnat d’Europe 1980, la FIFA persiste. Cela offre des matches souvent débridés, bien aidés par des effectifs remaniés, en témoignent les 10 dernières éditions : 27 buts ont été inscrits en finale, contre 38 dans les matches pour la troisième place.

Et, bien que disputées dans l’ombre, ces petites finales ont largement impacté l’histoire de la Coupe du monde. À six reprises, le meilleur buteur de la compétition a augmenté son total dans un match pour la troisième place. Davor Suker s’est offert le Soulier d’Or 1998 grâce à ce match, tout comme Salvatore Schillaci (1990) et Leônidas (1938). Le plus marquant d’entre eux est probablement Just Fontaine, en 1958. Déjà meilleur buteur de la compétition, le Français a inscrit un quadruplé dans cette petite finale, portant son total à 13 buts… l’un des records les plus mythiques de la Coupe du monde. Kylian Mbappé pourrait s'en inspirer pour soigner ses statistiques personnelles dans une rencontre débridée (8 buts pour le moment).
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