Cannes 2025 : la maladie, thème récurrent au cœur de 6 films de la Sélection
Le Festival de Cannes 2025 met en lumière plusieurs films abordant la maladie sous divers angles, reflétant une tendance persistante du cinéma à explorer les vulnérabilités humaines. Parmi les œuvres présentées cette année, certaines se distinguent par leur approche de cette thématique.
Après le Covid, la maladie au cœur du cinéma est souvent abordée sous un angle plus intime et existentiel qu’auparavant, mettant en lumière la fragilité humaine, l’isolement, et les effets psychologiques durables. Le cinéma post-pandémique tend aussi à questionner les systèmes de soin, la solitude face à la mort, et le besoin de lien, tout en adoptant des formes plus introspectives, parfois minimalistes, pour explorer ces thèmes.
Les films cannois 2025 ayant la maladie en toile de fond
ALPHA de Julia Ducournau
Après sa Palme d’or en 2021 pour TITANE, Julia Ducournau revient avec ALPHA, un drame se déroulant dans les années 1980 au Havre. Le film suit une adolescente de 13 ans, stigmatisée par ses camarades en raison d'une rumeur selon laquelle elle serait atteinte d'une nouvelle maladie. Cette œuvre explore les thèmes de la marginalisation et de la transformation corporelle, caractéristiques du style de Ducournau.
RENOIR de Chie Hayakawa
La réalisatrice japonaise Chie Hayakawa présente RENOIR, un drame situé à Tokyo en 1987. Le film raconte l'histoire de Fuki, une fillette de 11 ans, confrontée à la maladie en phase terminale de son père. À travers cette épreuve, le film aborde la résilience et le pouvoir de l'imagination face à la perte imminente.
QUI BRILLE AU COMBAT de Joséphine Japy
Inspiré de l'histoire personnelle de la réalisatrice, ce film suit une famille sur la Côte d'Azur confrontée au handicap sévère de leur fille cadette, Bertille. La sœur aînée, Marion, cherche refuge dans une relation amoureuse, illustrant les répercussions du handicap sur l'entourage familial.
L’INTERET D’ADAM de Laura Wandel
Sélectionné à la Semaine de la critique, ce drame franco-belge suit Adam, un enfant de 4 ans hospitalisé pour malnutrition. L'infirmière Lucie autorise la mère d'Adam à rester auprès de lui, malgré les restrictions judiciaires, mettant en lumière les dilemmes éthiques et émotionnels liés aux soins pédiatriques.
DIE, MY LOVE de Lynne Ramsay
Adapté du roman éponyme d’Ariana Harwicz, le film explore la maladie mentale à travers le regard d'une femme en proie à une profonde dépression post-partum, oscillant entre lucidité et pulsions destructrices.
EDDINGTON de Ari Aster
Le film s'inscrit clairement dans un contexte de maladie, puisqu'il se déroule en mai 2020, en pleine pandémie de COVID-19, dans la ville fictive d'Eddington au Nouveau-Mexique. Le récit met en scène un affrontement entre le shérif Joe Cross (interprété par Joaquin Phoenix) et le maire Ted Garcia (Pedro Pascal), sur fond de tensions sociales exacerbées par la crise sanitaire et des manifestations liées à un meurtre local.
Dix films à avoir vu ayant la maladie pour thème central
On peut en effet dire qu’il y a un concentré à Cannes cette année mais une petite piqûre de rappel s’impose car le cinéma a souvent exploré la maladie comme miroir des fragilités humaines. Voici quelques œuvres marquantes :
PHILADELPHIA (1993) : Ce film de Jonathan Demme met en scène Tom Hanks dans le rôle d'un avocat atteint du sida, abordant les thèmes de la discrimination et de la dignité humaine.
AMOUR (2012) : Réalisé par Michael Haneke, ce drame suit un couple âgé confronté à la dégradation physique et mentale de l'un d'eux, explorant l'amour et la fin de vie.
STILL ALICE (2014) : Julianne Moore incarne une professeure de linguistique diagnostiquée avec la maladie d'Alzheimer, offrant une perspective intime sur la perte progressive de la mémoire.
THE FATHER (2020) : Anthony Hopkins interprète un homme souffrant de démence, avec une narration immersive reflétant la confusion mentale du personnage.
UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE DU TEMPS (2014) : Ce biopic retrace la vie du physicien Stephen Hawking, atteint de la maladie de Charcot, mettant en lumière sa résilience face à la dégénérescence physique.
DALLAS BUYERS CLUB (2014) : Dans les années 1980, un cow-boy texan séropositif se bat contre le système médical pour obtenir des traitements alternatifs. Il crée un réseau illégal de distribution de médicaments pour aider d'autres malades.
LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON (2007) : Après un AVC, le rédacteur en chef de Elle se retrouve totalement paralysé, ne pouvant bouger qu’une paupière. Il parvient pourtant à dicter un livre bouleversant sur sa condition.
LA GUERRE EST DECLAREE (2011) : Un jeune couple affronte le cancer de leur enfant avec énergie et amour. Inspiré d’une histoire vraie, le film mêle gravité et vitalité.
LES NUITS FAUVES (1992) : Un homme bisexuel et séropositif vit une passion destructrice avec une jeune femme. Autobiographique, le film explore le désir, la maladie et l’urgence de vivre.
SOUND OF METAL (2021) : Un batteur de métal perd soudainement l’ouïe et doit réinventer sa vie. Confronté au silence, il découvre une nouvelle forme d’écoute et d’acceptation.
VIVRE, MOURIR, RENAITRE (2024), le très beau film de Gaël Morel avait été présenté à Cannes Première. Ce film retrace l'histoire d'un trio amoureux bouleversé par l'irruption du VIH dans les années 1990. Le réalisateur explorait les effets de la maladie et les possibilités de réinvention pour les survivants, offrant une perspective intime sur l'amour et la résilience face à l'épidémie de sida. (Bientôt sur CANAL+)
Ces films, parmi d'autres - car ils sont bien plus nombreux et tout aussi réussis - illustrent la manière dont le cinéma aborde la maladie, non seulement comme une épreuve individuelle, mais aussi comme un vecteur de réflexion sur la condition humaine, les relations interpersonnelles et la société. Le Festival de Cannes 2025 confirme quant à lui, l'engagement du cinéma à traiter des sujets profonds et universels, offrant au public des œuvres qui interrogent, émeuvent et inspirent.






