Tourné à plus de 2 000 mètres d'altitude, ce film a poussé son équipe dans ses retranchements
Présenté à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes en 2025, L'ENGLOUTIE avait marqué les esprits par son atmosphère envoûtante et ses paysages enneigés. Derrière ces images d'une beauté saisissante, l’hypnotique premier long métrage de Louise Hémon a demandé des conditions de tournage assez particulières…
Un village coupé du monde comme décor
Direction les Hautes-Alpes, à la toute fin du XIXe siècle. L'ENGLOUTIE raconte l'histoire d'Aimée Lazare, une jeune institutrice républicaine incarnée par Galatéa Bellugi (CHIEN DE LA CASSE). Envoyée dans un hameau isolé recouvert de neige, elle entend transmettre le savoir et combattre les superstitions locales. Mais au contact de cette communauté vivant au rythme des légendes, des avalanches et des croyances ancestrales, ses certitudes commencent peu à peu à vaciller. À ses côtés, Enoch et Pépin, deux figures essentielles de ce microcosme montagnard, que campent respectivement Matthieu Lucci et Samuel Kircher.
Pour raconter cette confrontation entre raison et mystère, Louise Hémon a choisi de tourner dans de véritables villages d'altitude situés près de Briançon, dans les vallées de la Clarée et de la Vallouise. Réalisatrice venue du documentaire et du théâtre, elle signe ici son premier long métrage de fiction après plusieurs œuvres remarquées et encensées dans le circuit des festivals. Son ambition : faire de la montagne un personnage à part entière, capable de faire naître autant le désir que la peur.
Un tournage pas comme les autres
Si les paysages de L'ENGLOUTIE semblent presque irréels, c'est parce qu'ils ont été filmés dans des conditions très proches de celles vécues par les personnages. Face au manque de neige sur certains sites initialement envisagés, l'équipe a dû s'installer à plus de 2 000 mètres d'altitude dans un village extrêmement difficile d'accès, dépourvu d'électricité. Chaque jour, acteurs, actrices, tout comme l’équipe technique, rejoignaient le plateau à bord d'une dameuse, affrontant le verglas, les températures négatives et les longues journées en montagne.
Cette quête de réalisme ne s'est pas arrêtée là. De nombreuses scènes nocturnes de L'ENGLOUTIE ont été tournées sans éclairage artificiel, uniquement à la lumière du feu, des lanternes ou de la lune. Un choix esthétique radical qui participe à l'atmosphère unique du film et renforce l'impression d'immersion dans ce monde coupé du reste de la société. Parfait à découvrir en ces jours de canicule, L’ENGLOUTIE de la prometteuse Louise Hémon est disponible sur CANAL+.
