Il y a 20 ans, ce film réécrivait les codes du cinéma d'action et de science-fiction
En 2006, Alfonso Cuarón sort de HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D'AZKABAN et, pour se dégourdir les jambes, rien de tel qu'un film post-apocalyptique qui révolutionnera un genre. 20 ans après, LES FILS DE L'HOMME est toujours une claque cinématographique, à (re)découvrir sur CANAL+.
L'histoire s'écrit en plan-séquence
Petite remise en contexte, LES FILS DE L'HOMME, que vous pouvez retrouver sur CANAL+, est un film d'Alfonso Cuarón, adapté d'un roman de P. D. James écrit en 1992. Au casting, on retrouve Clive Owen (MISTER SPADE) dans le rôle principal, accompagné par Julianne Moore (BOOGIE NIGHTS), Clare-Hope Ashitey ou encore Michael Caine (THE DARK KNIGHT).
Le film raconte un futur dystopique, en 2027, où le Royaume-Uni s'est transformé en état policier xénophobe après que l'humanité soit devenue stérile face aux pandémies, guerres ou terrorisme. L'homme le plus jeune du monde vient de décéder à l'âge de 18 ans. Dans ce contexte, Theo Faron, un ancien activiste, se voit contraint de protéger une femme enceinte, la toute première depuis vingt ans.
L'une des séquences les plus impressionnantes de LES FILS DE L'HOMME est peut-être celle qui a construit sa réputation. Un faux plan-séquence de 7 minutes qui sert de climax du film, qui a nécessité, pour le réalisateur et son chef opérateur Emmanuel Lubezki, 14 jours de préparation pour 2 jours de tournage. On peut y voir Theo traverser un camp de réfugiés, puis un champ de bataille avant de terminer dans un bâtiment en ruines. Une approche réaliste, presque documentaire, qui immerge le spectateur au cœur du récit. L'exemple même de la technique qui sert la narration.
Ce ne sera pas le seul plan-séquence signé par Alfonso Cuarón qui va construire l'identité de son œuvre autour de cette technique de mise en scène, notamment lorsqu'il y a de l'action, afin d'y apporter une touche de chaos. On est au plus près de son héros, presque en vue subjective, et on ne voit pas les choses, on les ressent. Nous sommes témoins, nous sommes acteurs de l'histoire.
LES FILS DE L'HOMME a eu un avant et un après
Le plan-séquence a ensuite été l'une des signatures du cinéaste, qui l'aura reproduit dans l'espace avec GRAVITY quelques années plus tard. Hollywood se l'est également réapproprié et il n'est plus rare aujourd'hui d'en voir un ou deux par films majeurs, souvent malheureusement en trompe-l’œil, comme si la leçon de LES FILS DE L'HOMME n'avait pas été comprise.
Mais le long-métrage est resté dans la postérité pour sa science-fiction âpre, où le réalisme est privilégié aux effets spéciaux. On est dans du cinéma d'anticipation où la saleté fait partie de l'histoire. Une image que l'on retrouve dans des séries comme TRUE DETECTIVE, THE LAST OF US. Finalement, on peut parler d'un film de science-fiction anti-science-fiction où ce que l'on raconte n'est pas un futur avec des vaisseaux, des aliens ou des monstres, « simplement » un monde où la société s'est effondrée et où le plus grand danger pour les fils est l'homme.
